Depuis les frappes américaines ayant visé des installations nucléaires iraniennes dans la nuit de samedi à dimanche, l’Afrique se trouve confrontée à une équation complexe mêlant prudence diplomatique, solidarité religieuse et impératifs économiques. Cela explique les réactions modérées de certains pays, qui ont pris position avec retenue.
Pendant ce temps, un silence assourdissant règne du côté de nos institutions. Tandis que les organisations internationales appellent à la désescalade, l’Union africaine se distingue par son absence de réaction. Pourtant, si ce foyer de tension venait à s’embraser, le continent africain serait parmi les premiers touchés, notamment par une inflation généralisée sur de nombreux produits. La guerre russo-ukrainienne en offre un précédent édifiant.
Il convient de souligner que de nombreux pays africains adoptent la politique de l’autruche, par crainte de représailles.
Il faut dire que pendant plusieurs années, le pays de l’Oncle Sam a financé des projets en Afrique par le biais de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), dans le but de stimuler la croissance, de réduire la pauvreté et d’améliorer les conditions de vie. Ces programmes couvrent divers secteurs comme la santé, l’agriculture, l’éducation, la bonne gouvernance, entre autres.
Peu après son élection, Donald Trump a suspendu plusieurs programmes d’aide, ce qui s’est fait ressentir dans de nombreux pays, notamment en Afrique du Sud, pourtant première puissance économique du continent. Dans ce contexte, il devient plus compréhensible que certains dirigeants africains évitent de contrarier les États-Unis. Il ne faut pas non plus oublier l’AGOA, censé prendre fin en septembre. Cet accord commercial, adopté en 2000, offre aux pays d’Afrique subsaharienne un accès préférentiel au marché américain pour divers produits, afin de stimuler leur économie. Or, le locataire actuel de la Maison Blanche a déjà menacé de ne pas le renouveler.
Cela démontre, une fois de plus, que l’Afrique peine à tirer les leçons de ses erreurs. Il est temps que l’unité africaine cesse d’être un simple slogan pour devenir une réalité concrète. Depuis des années, on nous répète que l’avenir du monde passe par l’Afrique. Mais de quelle Afrique parle-t-on ? De celle qui s’enorgueillit, de manière exceptionnelle, lorsqu’elle parvient à parler d’une seule voix sur la scène internationale ? Ou de celle qui dépend encore largement de l’aide occidentale pour survivre ?
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