Chronique CADENCE
Sabrina El Faiz Publié le 23/10/26 à 10:58
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Erreur de jeunesse ou de casting ?

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48 heures top chrono. C’est le temps exact qu’aura duré le mandat ministériel de Madiha Khayr, nommée un vendredi 16 octobre et poliment priée de remballer son dossier dès le dimanche 18 octobre.

En même temps, quelle idée d’entrer au gouvernement quand les réseaux sociaux ont un meilleur service d’archives que les ministères ! En quelques heures à peine, les internautes nous ont ressorti tout le catalogue : d’un côté, d’anciennes procédures judiciaires de 2004 pour escroquerie et chèques sans provision chez des bijoutiers. De l’autre, cerise sur le gâteau du voyeurisme en ligne, des documents médicaux psychiatriques confidentiels balancés sans aucun filtre sur la place publique. Bref, un savant mélange entre droit à l’information et cyber lynchage en règle avec violation du secret médical à la clef.

Evidemment le comique ne serait pas au rendez-vous si le screening préalable avait été fait dans les règles. Dites-moi, à quoi servent les bergagas des partis et les services de vérification ? Ils font leurs enquêtes de moralité en s’arrêtant à la première page de Google ? Comment une simple campagne en ligne lancée par des internautes a-t-elle pu faire sauter une ministre en 48 heures, alors que le régiment du Parti de l’Istiqlal et l’administration avaient validé sa candidature les yeux fermés ? C’est tout le charme de nos tractations politiques. Nous ne serions pas Marocains sinon.

Et comme toujours quand on traine sur les réseaux, on court voir les commentaires. Certains pensent sérieusement qu’elle va toucher son chèque et sa retraite dorée pour un weekend de travail ! Eh bien non, désolé de briser la rumeur ! Le Dahir de 1975 est très clair : pas d’installation physique au bureau, pas de salaire. Pas d’exercice effectif de la fonction, pas d’indemnité de fin de mission. Et évidemment, zéro pension de retraite.

Morale de l’histoire : la prochaine fois qu’un gouvernement cherche à former un cabinet, plutôt que d’attendre les arbitrages, qu’il sorte les noms sur les réseaux sociaux 48 heures avant. Ça évitera de devoir sortir l’article 47 de la Constitution en urgence un dimanche soir !

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