Prix des carburants au Maroc
Retrouvez ici les prix de l’essence et du gasoil en vigueur au Maroc, actualisés à chaque révision bimensuelle. Depuis la libéralisation du marché des carburants en décembre 2015, les tarifs ne sont plus administrés. Ils fluctuent librement, indexés sur les cours internationaux du pétrole brut et soumis aux variations du taux de change du dirham face au dollar.
Les révisions interviennent deux fois par mois. Elles traduisent, avec un léger décalage, les tensions ou les détentes qui s’opèrent sur les marchés pétroliers mondiaux et, in fine, ce que paie le consommateur marocain à la pompe.
Les prix présentés ci-dessous sont des prix moyens relevés sur la route d’El Jadida, entre Casablanca et la côte. Ils sont indicatifs : des écarts persistent d’une station à l’autre, et d’une ville à l’autre.
Mis à jour le 16/04/2026 · Prochaine révision : 01/05/2026
Source : Moyenne des prix relevés sur les stations de la route d'El Jadida à Casablanca · Révisions bimensuelles (1er et 16 de chaque mois)
Gasoil vs essence : le marché des carburants en questions
Avec un parc automobile fortement dieselisé, le gasoil règne largement sur le marché des carburants. Dans un pays où le transport de marchandises repose presque entièrement sur la route, où les taxis collectifs irriguent des zones que le rail ne fait qu’effleurer, le « mazot » s’impose presque par défaut. Il représente, selon les estimations, entre 75 et 80% de la consommation. L’essence sans plomb reste en retrait (entre 15 et 18%), portée surtout par les usages urbains et les véhicules les plus récents. L’écart de prix à la pompe, parfois supérieur à 2 DH par litre, joue évidemment. Mais il n’explique pas tout. Le volume compte pour beaucoup. Le parc automobile pèse lourd : utilitaires, camions, taxis, bus… autant de véhicules pour lesquels le gasoil n’est pas une option, mais une évidence. Quant aux véhicules électrifiés (hybrides, hybrides rechargeables et électriques) représentent moins de 2% du parc automobile. Au-delà des chiffres, ce marché dit quelque chose de plus profond : une transition énergétique encore timide dans les transports, et une dépendance persistante à une ressource que le pays ne produit pas et qu’il doit payer en devises.
Organisation et logistique du marché des carburants
Depuis l’arrêt de la raffinerie Samir en 2015, le royaume ne transforme plus de pétrole brut sur son sol. C’est un basculement important, même s’il passe souvent inaperçu. Au lieu d’acheter du brut pour le raffiner localement, le Maroc achète directement de l’essence et du gasoil prêts à l’emploi, aux prix du marché international (marges incluses). Dans les faits, le Maroc ne s’approvisionne pas directement auprès des pays producteurs. Les raffineries européennes restent les principaux fournisseurs du royaume à travers des traders. L’Espagne arrive en tête, suivie par les Pays-Bas. La Russie, qui occupait une place non négligeable, a reculé. D’autres circuits se sont mis en place. L’Inde, notamment, s’est positionnée en intermédiaire. Elle importe du brut russe, le raffine, puis réexporte une partie des produits vers des pays comme le Maroc. Les pays du Golfe interviennent aussi, mais de façon plus opportuniste, selon les conditions du moment. Une fois arrivés, ces carburants transitent principalement par quelques grands points d’entrée. Mohammedia concentre l’essentiel des volumes, logiquement, compte tenu de sa proximité avec Casablanca. Plus au Sud, Jorf Lasfar prend de l’importance. À l’Est, Nador alimente le Nord et l’Oriental, tandis qu’Agadir reste en retrait, avec un rôle plus régional. Derrière, il faut stocker. Le pays s’appuie pour cela sur un réseau de dépôts répartis sur le territoire, exploités à la fois par les grandes compagnies présentes au Maroc et par d’autres opérateurs. La réglementation impose un niveau minimal de stocks, censé couvrir 60 jours de consommation. Au fond, cette organisation met en lumière une réalité assez simple : la dépendance énergétique du Maroc n’a pas disparu avec la libéralisation de 2015. Elle est simplement devenue plus visible, plus directe et, par moments, plus coûteuse.