Maroc 2026-2035 : la Banque mondiale dévoile son plan d’action

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Banque mondiale - Maroc : une feuille de route sur dix ans pour accélérer la création d’emploisIllustration © DR

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La Banque mondiale a dévoilé son nouveau Cadre de partenariat avec le Royaume du Maroc (Country Partnership Framework – CPF) pour la période 2026-2035, un document stratégique qui définit les priorités de son action au cours de la prochaine décennie. Ce programme, élaboré en coordination avec la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), place la création d’emplois au cœur de son intervention afin d’accompagner le Royaume dans sa transition vers un modèle de croissance davantage porté par le secteur privé.

Selon la Banque mondiale, le Maroc a réalisé d’importants progrès économiques et sociaux au cours des vingt dernières années grâce à un modèle de croissance soutenu par l’investissement public. Les infrastructures se sont modernisées, la résilience macroéconomique s’est renforcée et plusieurs réformes majeures ont été engagées dans les domaines de la santé, de la protection sociale, de l’éducation et du climat des affaires.

Malgré ces avancées, plusieurs défis continuent de freiner le développement économique. La croissance reste insuffisamment créatrice d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes. Le taux de chômage des jeunes atteignait 37% en 2024, tandis que le taux de participation des femmes au marché du travail demeure parmi les plus faibles au monde, à seulement 19%. La Banque mondiale estime que le secteur privé n’a pas encore pleinement joué son rôle de moteur de création d’emplois à grande échelle.

Le nouveau Cadre de partenariat s’inscrit dans la continuité du Nouveau modèle de développement (NMD) du Maroc et ambitionne d’accompagner la transition vers une économie plus productive, plus compétitive et plus inclusive.

Trois axes stratégiques jusqu’en 2035

Le CPF repose sur trois résultats majeurs qui se renforcent mutuellement. Le premier consiste à améliorer la productivité et la compétitivité des entreprises afin de favoriser la création d’emplois. Le deuxième vise à développer des territoires plus inclusifs, mieux connectés et plus résilients face aux chocs climatiques et économiques. Enfin, le troisième porte sur le renforcement du capital humain, considéré comme une condition indispensable à une croissance durable.

Pour atteindre ces objectifs, la Banque mondiale prévoit de combiner réformes publiques, investissements privés, production de connaissances et assistance technique, tout en mettant l’accent sur le renforcement de la gouvernance, des institutions et des systèmes de données. La Banque mondiale estime que la transformation de l’économie marocaine passe avant tout par un secteur privé plus dynamique.

Lire aussi : Maroc–Banque mondiale : ce qu’il faut retenir du nouveau partenariat 2026-2035

Le rapport souligne que les entreprises marocaines continuent de faire face à plusieurs obstacles : concurrence insuffisante, lourdeurs réglementaires, difficultés d’accès au financement, faibles capacités d’innovation et forte domination de quelques grandes entreprises. Les petites et moyennes entreprises rencontrent également des difficultés pour accéder aux marchés et développer leur productivité.

Le CPF prévoit ainsi d’accompagner des réformes destinées à simplifier les procédures administratives, améliorer la transparence réglementaire, renforcer les mécanismes de concurrence et faciliter les investissements privés.

Une attention particulière sera accordée au financement des PME ainsi qu’aux entreprises dirigées par des femmes. Le programme prévoit également un soutien accru aux secteurs considérés comme fortement créateurs d’emplois, notamment les énergies, les infrastructures, le tourisme, l’agro-industrie, l’industrie manufacturière et la santé.

L’IFC et la MIGA seront mobilisées afin de faciliter les investissements privés, notamment grâce à des garanties destinées à réduire les risques pour les investisseurs.

Réduire les disparités territoriales

Le document insiste également sur l’importance de réduire les inégalités entre les différentes régions du Royaume. Si les grandes métropoles bénéficient d’une forte dynamique économique, de nombreuses villes secondaires et zones rurales disposent encore d’un accès limité aux infrastructures, aux services publics et aux opportunités économiques. Ces écarts sont accentués par les effets du changement climatique, en particulier la sécheresse et la raréfaction des ressources en eau.

Selon la Banque mondiale, les effets du réchauffement climatique pourraient entraîner la migration de près de 1,9 million de personnes des zones rurales vers les villes d’ici 2050 si aucune mesure d’adaptation n’est prise.

Pour répondre à ces défis, le CPF prévoit des investissements dans la gestion de l’eau, l’agriculture résiliente, les infrastructures, les transports, les services publics, les énergies renouvelables ainsi que les réseaux numériques. L’objectif est de renforcer la connectivité entre les territoires, de faciliter la mobilité des travailleurs et d’améliorer l’accès des entreprises aux marchés.

Lire aussi : Économie mondiale : la Banque mondiale alerte sur un ralentissement généralisé

Le programme soutiendra également le développement de l’économie sociale et solidaire, les coopératives et les initiatives locales susceptibles de créer des emplois dans les territoires.

Miser sur le capital humain

La Banque mondiale considère que le développement du capital humain constitue un levier essentiel pour améliorer la compétitivité du Maroc. Bien que la scolarisation soit aujourd’hui largement généralisée, le rapport relève plusieurs difficultés persistantes : baisse des performances scolaires, décrochage au secondaire, inadéquation entre les compétences acquises et les besoins du marché du travail, ainsi qu’un chômage élevé des jeunes diplômés.

Le CPF prévoit donc de poursuivre les réformes de l’éducation en renforçant les apprentissages fondamentaux, en modernisant les programmes et en développant davantage la formation professionnelle, notamment dans les métiers du numérique, de la transition écologique et des compétences techniques intermédiaires.

Dans le domaine de la santé, la Banque mondiale souhaite accompagner le Maroc dans la consolidation de la couverture sanitaire universelle en mettant davantage l’accent sur la prévention, les soins de proximité, la nutrition et l’amélioration de l’efficacité des dépenses publiques.

Le développement des services liés à la prise en charge des personnes âgées et des besoins de long terme constitue également un axe stratégique, à la fois pour améliorer le système de santé et créer de nouveaux emplois, notamment dans les zones rurales.

Pour mettre en œuvre cette stratégie, le groupe de la Banque mondiale prévoit une enveloppe indicative d’environ 15 milliards de dollars sur la période 2026-2035. Cette intervention sera complétée par les investissements de l’IFC et les garanties proposées par la MIGA afin d’attirer davantage de capitaux privés dans les projets stratégiques.

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