Économie mondiale : la Banque mondiale alerte sur un ralentissement généralisé

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Économie mondiale : la Banque mondiale alerte sur un ralentissement généraliséPhoto illustration © DR

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La croissance mondiale devrait ralentir sensiblement en 2026 sous l’effet des tensions géopolitiques, de la hausse des prix de l’énergie et du retour des pressions inflationnistes. Dans son rapport, la Banque mondiale prévoit une croissance mondiale de seulement 2,5%, contre 2,9% en 2025, soit le rythme le plus faible observé depuis la pandémie de Covid-19 en dehors d’une récession.

Le rapport Global Economic Prospects souligne que le conflit au Moyen-Orient a provoqué une forte hausse des prix des matières premières, notamment du pétrole, tout en accentuant les incertitudes économiques. Malgré ce contexte difficile, certaines régions continuent d’afficher une résilience relative, tandis que d’autres subissent de plein fouet les effets du choc énergétique.

L’Asie reste le principal moteur de la croissance mondiale

Selon la Banque mondiale, l’Asie demeure la région la plus dynamique de l’économie mondiale. L’Asie de l’Est et le Pacifique devraient enregistrer une croissance de 4,2% en 2026, même si ce rythme marque un ralentissement par rapport aux années précédentes. La Chine, deuxième économie mondiale, verrait sa croissance s’établir à 4,2%, contre 5% en 2025. Ce tassement s’explique notamment par une demande intérieure plus modérée et par les répercussions des perturbations du commerce mondial.

L’Asie du Sud conserve néanmoins des performances remarquables. La région devrait afficher une croissance de 6,3% en 2026. L’Inde continuerait d’être l’une des économies les plus dynamiques au monde avec une progression du PIB de 6,6%. Pour la Banque mondiale, cette région bénéficie encore d’une forte demande intérieure, d’investissements soutenus et d’un marché du travail dynamique. Toutefois, l’institution avertit que les pays asiatiques restent exposés à l’évolution des prix énergétiques et aux tensions commerciales internationales.

L’Europe confrontée à un environnement économique plus difficile

En Europe et en Asie centrale, la croissance devrait ralentir à 2,1% en 2026. Cette région figure parmi les plus touchées par la hausse des coûts énergétiques, notamment en raison de sa dépendance aux importations de pétrole et de gaz.

La Banque mondiale prévoit une croissance de seulement 0,8% pour la Russie, tandis que la Turquie devrait enregistrer une progression de 2,8%. La Pologne, l’une des économies les plus solides de la région, afficherait une croissance de 3,1%.

Lire aussi : Conjoncture : l’économie mondiale et marocaine face aux incertitudes

Dans la zone euro, la croissance devrait atteindre seulement 0,8%, contre 1,4% en 2025. La hausse des prix de l’énergie et le maintien de conditions financières relativement strictes continuent de peser sur l’investissement et la consommation.

Malgré ces difficultés, la Banque mondiale estime qu’un assouplissement progressif des politiques monétaires pourrait soutenir une reprise modérée à partir de 2027.

Les Amériques entre résilience et faible dynamisme

Le continent américain présente des perspectives contrastées. Aux États-Unis, la croissance devrait atteindre 2,2% en 2026, un niveau relativement solide dans le contexte mondial actuel. La Banque mondiale souligne que l’économie américaine bénéficie encore de l’investissement lié aux technologies d’intelligence artificielle et de mesures budgétaires favorables.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, la croissance resterait modeste à 2,2%. Le Brésil enregistrerait une croissance de 1,9%, tandis que le Mexique atteindrait 1,3%. L’Argentine poursuivrait sa reprise avec une croissance estimée à 3,6% après plusieurs années de difficultés économiques.

La Banque mondiale note cependant que l’Amérique latine demeure confrontée à des défis structurels persistants, notamment une faible productivité, des investissements insuffisants et une forte vulnérabilité aux fluctuations des marchés internationaux.

Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord pénalisés par les tensions régionales

Le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Afghanistan et le Pakistan constituent la région la plus durement affectée par les événements géopolitiques récents. La Banque mondiale prévoit un net ralentissement de la croissance régionale à 1,6% en 2026 contre 4% en 2025. Les perturbations des exportations énergétiques, les tensions sécuritaires et les incertitudes liées au conflit régional expliquent cette dégradation.

Lire aussi : Croissance mondiale : quelles perspectives pour 2026 ?

L’Arabie saoudite devrait enregistrer une croissance de 3,1%, tandis que les Émirats arabes unis verraient leur expansion ralentir à 2,4%. L’Égypte ferait figure d’exception avec une croissance attendue de 4,6%.

Selon la Banque mondiale, cette région reste particulièrement sensible à l’évolution des marchés pétroliers. Le prix moyen du baril de Brent devrait atteindre 94 dollars en 2026, soit une hausse de 36% par rapport à 2025. L’institution met également en garde contre les risques liés à l’insécurité alimentaire et à l’aggravation des tensions budgétaires dans plusieurs pays importateurs d’énergie.

L’Afrique subsaharienne affiche une croissance robuste mais fragile

L’Afrique subsaharienne devrait enregistrer une croissance de 4% en 2026, légèrement inférieure aux prévisions précédentes mais supérieure à la moyenne mondiale. Le Nigeria, première économie du continent, devrait croître de 4,1%, tandis que l’Afrique du Sud resterait en retrait avec une croissance limitée à 1%. L’Éthiopie poursuivrait sa forte expansion économique avec une progression estimée à 8%.

La Banque mondiale souligne toutefois que la région demeure confrontée à des défis majeurs : endettement élevé, inflation persistante, accès limité aux financements internationaux et vulnérabilité aux chocs climatiques. L’institution note également que plusieurs économies africaines peinent à mobiliser les investissements nécessaires dans les infrastructures énergétiques et numériques, ce qui pourrait limiter leur potentiel de croissance à long terme.

Au-delà des perspectives régionales, la Banque mondiale estime que de nombreuses économies en développement risquent de vivre une « décennie perdue » en matière de rattrapage économique. L’institution souligne qu’en dehors de la Chine et de l’Inde, les pays émergents ne devraient retrouver leur niveau de convergence des revenus avec les économies avancées qu’après 2028.

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