Maroc–Banque mondiale : ce qu’il faut retenir du nouveau partenariat 2026-2035

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Maroc-Banque mondiale : ce qu’il faut retenir d’un partenariat sur 10 ansBanque mondiale (BM) © DR

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Le Maroc et le groupe de la Banque mondiale ouvrent une nouvelle page de leur coopération. Les deux parties ont adopté un nouveau Cadre de partenariat-pays (CPF) couvrant la période 2026-2035, qui prévoit une enveloppe indicative de 15 milliards de dollars destinée à soutenir les grandes priorités de développement du Royaume.

Au-delà du financement, ce partenariat de dix ans ambitionne d’accélérer la création d’emplois, de renforcer le secteur privé, de réduire les disparités territoriales et de consolider le capital humain, tout en accompagnant la mise en œuvre du Nouveau modèle de développement.

Le nouveau Cadre de partenariat-pays marque une évolution importante dans les relations entre le Maroc et le groupe de la Banque mondiale. Contrairement aux précédents programmes, souvent structurés autour de cycles de projets relativement courts, cette nouvelle feuille de route s’inscrit dans un horizon de dix ans afin d’accompagner les réformes structurelles engagées par le Royaume.

L’objectif affiché est de soutenir une croissance plus inclusive, plus compétitive et davantage portée par le secteur privé. Le programme est centré sur un enjeu considéré comme prioritaire : la création d’emplois de qualité, notamment pour les jeunes et les femmes.

Selon la Banque mondiale, cette approche permettra d’aligner les financements, les réformes et l’expertise technique autour d’une vision commune du développement économique et social du Maroc.

Trois axes stratégiques pour soutenir la croissance

Le partenariat repose sur trois piliers majeurs. Le premier vise à améliorer la compétitivité des entreprises marocaines. Il s’agit notamment de réduire les obstacles réglementaires, de renforcer la concurrence sur les marchés et de faciliter l’accès au financement, en particulier pour les petites et moyennes entreprises (PME), afin de stimuler l’investissement privé et la création d’emplois.

Le deuxième axe concerne le développement de territoires plus inclusifs et mieux connectés. La Banque mondiale souhaite accompagner les efforts visant à réduire les disparités entre les différentes régions du Royaume, en améliorant l’accès aux infrastructures, aux marchés et aux services aussi bien dans les zones urbaines que rurales.

Lire aussi : Emploi féminin : la Banque mondiale alerte sur le recul de la participation des Marocaines

Enfin, le troisième pilier est consacré au renforcement du capital humain. Celui-ci prévoit un soutien aux réformes de l’éducation, au développement de la couverture sanitaire universelle ainsi qu’à l’extension du système de protection sociale, considérés comme des leviers essentiels pour améliorer la productivité et renforcer la résilience économique.

Une enveloppe indicative de 15 milliards de dollars

Sur le plan financier, le Cadre de partenariat prévoit une enveloppe indicative de près de 15 milliards de dollars mobilisée par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) sur la période 2026-2035.

Cette intervention sera complétée par les actions de la Société financière internationale (SFI/IFC) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), qui auront pour mission d’attirer davantage de capitaux privés grâce à des mécanismes de garantie et de couverture des risques politiques.

L’objectif est de favoriser les investissements dans les secteurs les plus créateurs d’emplois et d’encourager une participation accrue du secteur privé dans le financement du développement.

La Banque mondiale souligne également que les projets feront l’objet d’un suivi rigoureux à travers des indicateurs mesurables, portant notamment sur le nombre d’emplois créés, les investissements privés mobilisés, l’amélioration de l’accès aux soins de santé et à une éducation de qualité, ainsi que le renforcement de la résilience face au changement climatique.

L’emploi des femmes érigé en priorité

L’une des nouveautés majeures de ce partenariat réside dans l’importance accordée à l’inclusion économique des femmes. La Banque mondiale considère désormais la participation féminine au marché du travail comme un levier essentiel de croissance. Malgré les progrès réalisés dans les domaines de l’éducation et de la santé, seules 19% des Marocaines en âge de travailler participent actuellement au marché de l’emploi, contre près de 70% des hommes.

Pour l’institution financière internationale, cette situation constitue un important manque à gagner pour l’économie nationale, d’autant plus que les femmes représentent une part croissante des diplômés de l’enseignement supérieur.

Lire aussi : Dessalement : la Banque mondiale appelle le Maroc à ne pas miser sur cette seule solution

Le document souligne que plusieurs obstacles continuent de freiner leur insertion professionnelle, notamment le manque de structures de garde d’enfants, les difficultés de mobilité, l’accès limité au financement et au foncier, ainsi que le poids des normes sociales. Le mariage et la maternité demeurent également des facteurs qui limitent la participation économique des femmes.

Le partenariat prévoit ainsi de soutenir le développement des services de garde d’enfants, d’améliorer l’accès des femmes au financement, de renforcer l’entrepreneuriat féminin et d’intégrer davantage la dimension du genre dans les politiques publiques.

Des responsables confiants dans les perspectives du partenariat

Dans le communiqué annonçant l’adoption du nouveau cadre, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a qualifié cette initiative d’« étape décisive » pour le Royaume.

Selon elle, la création d’emplois pour les jeunes, les femmes ainsi que les populations vivant aussi bien dans les villes que dans les territoires ruraux constitue le cœur de cette ambition commune entre le Maroc et le groupe de la Banque mondiale.

De son côté, Ousmane Dione, vice-président de la Banque mondiale pour la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan, a salué les progrès accomplis par le Maroc au cours des dernières décennies. Il estime que ce partenariat de dix ans permettra de dépasser la logique des cycles de projets pour accompagner une transformation structurelle durable.

Le vice-président d’IFC pour l’Afrique, Ethiopis Tafara, a également mis en avant le dynamisme de l’économie marocaine, estimant que cette nouvelle coopération contribuera à mobiliser davantage de capitaux privés en faveur des entreprises créatrices d’emplois. Enfin, la MIGA entend utiliser ses mécanismes de garantie afin de réduire les risques liés aux investissements privés et favoriser une croissance plus résiliente.

À travers ce nouveau Cadre de partenariat-pays, le groupe de la Banque mondiale affiche sa volonté d’accompagner durablement les ambitions du Maroc. En combinant financements publics, investissements privés, expertise technique et réformes structurelles, ce partenariat entend soutenir une économie plus compétitive, plus inclusive et davantage créatrice d’emplois.

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