Dialogue sociale : la grogne du secteur de la Santé et l'espoir des professionnels de l'Enseignement

Temps de lecture : 7 minutes


Le gouvernement réussira-t-il à relancer le dialogue social ?

Temps de lecture : 7 minutes

Catégorie Politique , Gros plan

Temps de lecture : 7 minutes

Cinq syndicats de la Santé ont organisé mardi 16 novembre un sit-in devant les différentes délégations régionales de la Santé du Royaume. Les syndicats dénoncent l’absence d’un dialogue social sectoriel et de concertation avec les représentations du secteur sur l’élaboration du projet de loi relatif à la réforme du service public. Le même jour, Chakib Benmoussa, ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, a reçu les syndicats les plus représentatifs du secteur de l’enseignement et leur a proposé la mise en place d’une feuille de route commune, une action saluée par les syndicats de l’enseignement.

Temps de lecture : 7 minutes

Cinq syndicats de la Santé publique, affiliés à la Confédération démocratique du Travail (CDT), à l’Union marocaine du Travail (UMT), à l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), à la Fédération démocratique du Travail (FDT) et à l’Union nationale du Travail au Maroc (UNTM), ont organisé un sit-in d’une heure mardi 16 novembre devant les différentes délégations régionales de la santé du Royaume. Ces sit-in ont été annoncés la semaine dernière et interviennent après les récents propos de Fouzi Lekjaa, ministre délégué en charge du Budget, sur la valorisation des ressources humaines et la réforme de la Santé. Des déclarations qui, selon docteur Mustapha Chennaoui, secrétaire général de la CDT et du Syndicat national de la Santé publique (SNS), «révèlent la logique comptable et l’approche purement financière» du département de Lekjaa.




Lire aussi : Les médecins du public en grogne contre Fouzi Lekjaa




De plus, les syndicats de la Santé publique reprochent à l’exécutif la mise en place d’un projet de loi sur la réforme du système de Santé sans aucune approche participative. Ainsi, ils critiquent Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé et de la Protection sociales, pour son manque de communication et l’absence de tout débat et dialogue social autour de cette législation. Le gouvernement «n’a pas le droit de passer le projet de loi au Parlement sans qu’il y ait concertation et débat sur le texte avec les représentants du personnel médical», nous a déclaré Dr Chennaoui.




Lire aussi : Refonte du système sanitaire : besoin urgent de médecins




 



Les précisions de Dr Alaoui



Pour Dr Mountadar Alaoui, secrétaire général du Syndicat indépendant des médecins du public (SIMP), dont le mouvement syndical n’a pas participé au sit-in du mardi, «les représentations syndicales du secteur appellent principalement à l’adoption d’une approche participative pour les inclure dans la négociation des textes de loi concernant les professionnels de la santé». Il a expliqué à notre rédaction que le cahier revendicatif des cinq syndicats protestataires concerne aussi le maintien de la stabilité des salariés du secteur médical public et la prise en considération des particularités des métiers de la santé.



«Bien que nous ne soyons pas concernés par ces sit-in et manifestations, on ne peut qu’appeler à la révision du statut des médecins, qui, malgré leur titre de “docteur”, ne reçoivent que les indemnités et revenus équivalent à un niveau master. Malheureusement, un doctorat en santé au Maroc n’est toujours pas au même niveau des autres doctorats, en dépit des longues années de formations et d’études ainsi que des horaires de travaux intenses», nous confie Dr Alaoui.



Notre intervenant indique aussi que les syndicats de la santé réclament la résolution des dossiers et des problèmes de toutes les catégories du secteur (médecin, infirmier, technicien, personnel administratif…). Ils exigent entre autres, une révision et une redéfinition des compétences et des métiers de la santé, la mise en place d’un Ordre spécial des infirmiers et des techniciens de la Santé et l’augmentation des indemnités de risque prévues pour les professionnels de la santé. Et tant que leurs doléances resteront sans réponses, les représentations syndicales de la santé menacent de poursuivre leur programme de manifestations et sit-in à l’échelle nationale. Pour calmer ces tensions, Khalid Aït Taleb aurait contacté les syndicats les plus représentatifs du secteur pour une réunion ce vendredi 19 novembre, selon nos informations. Sera-t-il cette fois-ci plus attentif à des revendications jugées légitimes par les syndicats et va-t-il changer d’attitude en ouvrant la voie à un véritable dialogue social ? 




Lire aussi : Les syndicats de la santé haussent le ton contre le gouvernement




 



Relance du dialogue avec les syndicats de l’enseignement



Alors que les tensions s’intensifient du côté de la santé, les professionnels de l’enseignement, eux, semblent (enfin) entrevoir une lueur d’espoir. En effet, Chakib Benmoussa, ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, a reçu mardi 16 novembre les syndicats de l’enseignement les plus représentatifs. Il s’agit notamment de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE-UMT), le syndicat national de l’enseignement (SNE-CDT), la Fédération libre de l’éducation (FLE-UGTM) et la Fédération nationale de l’enseignement et le Syndicat national de l’enseignement (FDT).




Lire aussi : Enseignement : Benmoussa relance le dialogue social




Lors de cette réunion, le ministre a proposé de travailler avec ces syndicats pour élaborer une feuille de route commune visant à examiner les dossiers revendicatifs du personnel du secteur. Cette nouvelle méthodologie de travail conjoint reposera sur «un mécanisme de travail fixé dans le cadre de rencontres régulières jetant la lumière sur les mesures conjointes à entreprendre à court et moyen termes», explique le département de Chakib Benmoussa dans un communiqué de presse. Cette démarche servira à concilier l’école marocaine avec son environnement socio-pédagogique afin d’améliorer son attractivité, de renforcer ses compétences et de mettre à niveau son efficacité, conformément au nouveau modèle de développement, souligne la même source.




Lire aussi : Enseignants contractuels : Chakib Benmoussa relance le dialogue social




Selon Benmoussa, l’élément humain est très important pour le développement du système éducatif. Pour le ministre, il est impératif d’améliorer la situation professionnelle et sociale du personnel de l’éducation, dans le cadre d’un dialogue social participatif. Une approche qui a été très bien accueillie par les représentants des syndicats du secteur, qui estiment que cette initiative permettra «d’améliorer l’attractivité de l’école au sein du tissu social et de mettre en valeur son élément humain». Et d’ajouter qu’ils sont «disposés à travailler de concert avec le ministère pour la mise en œuvre de cette feuille de route qui permettra d’instaurer un dialogue sectoriel fructueux et positif basé sur l’écoute, la confiance et la compréhension mutuelle».




Lire aussi : Enseignants contractuels : des grèves sont prévues en octobre et novembre




Enfin, selon un communiqué de presse publié ce 16 novembre par la FNE, cette rencontre avec Chakib Benmoussa est la première d’une série de réunions entre les représentations syndicales du secteur et le département de l’Éducation nationale. D’ailleurs, un deuxième meeting est prévu le mardi 23 novembre afin de poursuivre le dialogue.



Recommandé pour vous

Consulats à Laâyoune et Dakhla : la stratégie payante de Bourita

Temps de lecture : 5 minutes

«Une trentaine de pays ont ouvert des consulats dans les provinces du Sud, marquant ainsi leur…

ONU : les avancées du Maroc lors de sa participation à la 77e AG

Temps de lecture : 6 minutes

Étalé sur 14 jours, du 13 au 26 septembre courant, la 77ᵉ session de l’Assemblée générale de l…

Le gouvernement face au nouveau défi de la couverture sociale des agriculteurs

Temps de lecture : 5 minutes

L’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’Offi…

Libération de Brahim Saadoun : une médiation saoudienne et un suivi personnel du Roi

Temps de lecture : 4 minutes

La bonne nouvelle a été annoncée par le ministère saoudien des Affaires étrangères. Un communi…

Visas Schengen : une indignation sans fin !

Temps de lecture : 5 minutes

Pour des raisons migratoires, la France avait décidé, fin 2021, de réduire le nombre de visas …

ONU : Akhannouch présente le projet de réforme du système éducatif

Temps de lecture : 4 minutes

Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a présenté, ce lundi, le grand projet de réforme du …

Dialogue social : ce qu’il faut retenir de la réunion du lancement du 2ᵉ round

Temps de lecture : 4 minutes

Le dialogue social, lancé ce 14 septembre, a porté sur la révision du régime de l’impôt sur le…

Sahara : Staffan de Mistura boucle sa deuxième tournée régionale

Temps de lecture : 4 minutes

Avec une feuille de route bien précise conforme à la résolution 2602, Staffan De Mistura, envo…

Université d’été du RNI : Akhannouch expose le bilan des réalisations de son parti

Temps de lecture : 5 minutes

« Le renforcement des piliers de l’État social : contraintes d’activation et engagement ferme …

Maroc-Royaume-Uni : décès d’Elizabeth II, sa visite au Royaume et les relations bilatérales

Temps de lecture : 6 minutes

Le décès d’Elizabeth II, reine d’Angleterre dans sa résidence d’été de Balmoral en Écosse, a é…

Tournée de Staffan de Mistura : Alger noie le poisson

Temps de lecture : 4 minutes

 »Circulez, il n’y a rien à voir ». C’est ainsi qu’on pourrait résumer l’étape algérienne de l…

Sahara : Staffan de Mistura poursuit sa 2e tournée régionale

Temps de lecture : 5 minutes

Le diplomate italo-suédois, Staffan de Mistura, est arrivé samedi à Tindouf pour rencontrer le…