Démarrage du 2e sommet de Berlin sur la Libye

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Libye : cinq arrestations après des attaques de dronesDrapeau de la Libye © DR

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Invité par le président américain, Joe Biden, le Maroc pourrait participer ce mercredi 23 juin au deuxième sommet de Berlin sur la Libye, alors que l’Espagne en a été exclue pour la deuxième fois. Cette réunion vise à échanger sur la situation dans le pays nord-africain, qui fait face à de graves crises socio-économique et politique, ainsi qu’à assurer la tenue de ses élections présidentielles en décembre 2021. Le retrait des forces étrangères et la fin de l’ingérence internationale dans le conflit libyen sont également à l’ordre du jour.

Le deuxième sommet de Berlin sur la Libye démarre ce mercredi 23 juin, et cette fois avec leMaroc a été invité. En effet, le Royaume a été convié cette année par Joe Biden, le président américain, himself.Cette invitation «expresse» vise à compenser l’exclusion controversée du pays des négociations de Berlin de l’année dernière et à briser la glace quant au litige actuel entre le Maroc et l’Allemagne. De plus, l’Espagne a été exclue pour la deuxième année consécutive de ce rendez-vous. Toutefois, la participation du Royaume à cette rencontre n’a toujours pas été confirmée.

Lire aussi :Maroc-Allemagne : vers un rétablissement des liens diplomatiques ?

Lors de cette conférence, lastabilité de la Libye et les perspectives d’avenir pour le gouvernement de transition du pays seront abordées. Le premier sommet de 2020 n’a pas répondu aux attentes de la plupart des Libyens. Néanmoins, la médiation et l’initiative de renforcement de la confiance du gouvernement allemand représentent une étape essentielle vers la formation d’un consensus international suffisamment fort pour faire respecter les termes du processus politique mené par les Nations Unies (ONU). Un processus qui cherche àmettre fin au cauchemar post-Kadhafi qui dure depuis dix ans en Libye et à établir une stratégie pour améliorer la situation du pays.

Le Maroc, quant à lui, a été l’un des principaux partisans d’un dialogue politique intra-libyen. L’envoyé spécial pour la Libye et chef de la mission d’appui de l’ONU en Libye (UNSMIL), Jan Kubis, a précédemment salué les efforts du Royaume pour résoudre la crise libyenne. D’ailleurs, au début du mois, laministre des Affaires étrangères du gouvernement de transition libyen s’est rendu à Rabat pour discuter de la situation de son pays avec le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita. Ce dernier en a profit pour réitérer le soutien de Rabat à la Libye,affirmant quele gouvernement marocain «apporte un soutien inconditionnel et illimité à tout ce qui est susceptible de rendre service à la Libye et aux Libyens».

Lire aussi :Libye : Bourita s’est entretenu avec le chef de la MANUL

Les promesses non tenues de certains pays

La conférence de Berlin II sur la Libye verra la participation de hauts représentants gouvernementaux d’Algérie, de Chine, de Russie et de la République démocratique du Congo, mais aussi d’Égypte, de France, d’Allemagne, d’Italie, des Pays-Bas, de la Suisse, de la Tunisie, de la Turquie, des Émirats arabes unis, du Royaume-Uni et des États-Unis. Il y aura également des représentants de l’ONU, de l’Union africaine, de l’Union européenne et de la Ligue arabe. Lors de ce sommet, ces responsables tenteront d’instaurer une paix durable en Libye en veillant à assurerque son gouvernement de transitionreste fermement engagé quant à la tenue des élections générales du 24 décembre.

Avant les pourparlers, le ministre allemand des Affaires étrangères, hôte de la conférence, Heiko Maas, a rappelé aux participants les promesses faites en 2020 concernant la fin de l’ingérence internationale et le retrait des militants ou des troupes étrangères. «Ceux qui ont promis la dernière fois à Berlin de se retirer n’ont pas tenu parole», a regrettéMaas. «Mais pour que les Libyens puissent à nouveau déterminer le destin de leur pays, les forces étrangères doivent partir. Le gouvernement de transition l’a également fait savoir», a-t-il souligné.

L’ONU estime que 20.000 combattants et mercenaires étrangers se trouvent encore sur le territoire libyen. Et cette présence est considérée comme une menace pour la transition soutenue par l’ONU et qui doit mener à des élections à la fin de cette année.

Lire aussi :Le Maroc absent au sommet de Berlin sur la Libye

Mercenaires russes à l’Est, troupes turques à l’Ouest

Il faut mentionner que ce pays nord-africain riche en pétrole a sombré dans le chaos après que le dictateur Mouammar Kadhafi a été renversé et tué lors du soulèvement soutenu par l’OTAN en 2011, et qui a conduit à l’apparition de multiples forces se disputant le pouvoir. Ces dernières années, la Libye a été divisée entre deux administrations rivales soutenues par des forces étrangères et d’innombrables milices.

En octobre, après que les forces du gouvernement d’entente nationale (GNA) basées à Tripoli et soutenues par la Turquie ont mis en déroute celles de l’homme fort de l’Est du pays, Khalifa Haftar, les deux camps ont convenu d’un cessez-le-feu à Genève.De son côté, l’ONU a sélectionné 75 Libyens de l’Est et de l’Ouest pour mener des discussions politiques portant sur une feuille de route prédéfinie. Les deux parties ont fini par accepter de remplacer les deux administrations rivales par un gouvernement intérimaire chargé de superviser la préparation des élections prévues pour le 24 décembre. Entre temps, ils ont choisi un conseil présidentiel de trois membres dirigé par Mohammed Al-Menfi, avec Abdulhamid Dbeibeh comme Premier ministre, dans le cadre d’un processus soutenu publiquement par toutes les parties prenantes internationales. La situation sécuritaire en Libye s’est lentement améliorée depuis.

Toutefois, l’ONUa récemment signalé que les progrès étaient au point mort, principalement en raison de la présence de soldats étrangers dans le pays. Bien que les dirigeants occidentaux aient maintes fois demandé le départ de ces derniers,les mercenaires russes qui soutiennent le camp de Haftar dans l’Est du pays sont toujours en place. Et la Turquie, qui dispose de troupes à Tripoli, a quant à elle expliqué que ces forces armées ont été envoyées dans le cadre d’un accord bilatéral avec le gouvernement, ce qui signifie qu’elles ne sont pas concernées par ladite demande de départ.

Lire aussi :Libye : des élections prévues d’ici 18 mois

Le retrait des forces étrangères n’est pas une mince affaire

«Tout retrait est un acte d’équilibre délicat», a indiqué le ministre allemand des Affaires étrangères. «Les forces étrangères doivent quitter le pays de manière progressive et uniforme, afin qu’il n’y ait pas de déséquilibre militaire soudain qui pourrait être utilisé par une partie pour une offensive soudaine», aprécisé Maas.

Enfin, un diplomate a souligné à l’AFP le caractère sensible de la situation libyenne, notant que sa résolution ne pourra pas se faire du jour au lendemain. Cependant, il s’est dit optimiste quant aux progrès qui pourraient être réalisés ce mercredi, car il n’est dans l’intérêt de personne que le conflit éclate à nouveau. Pour sa part, Jalel Harchaoui, expert de la question libyenne, a estimé que les discussions du deuxième sommet de Berlin pourraient apporter une aide tangible aux prochaines élections.

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