Dessalement : la Banque mondiale appelle le Maroc à ne pas miser sur cette seule solution
La Banque mondiale © DR
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Le Maroc prépare une hausse sans précédent de ses capacités de dessalement, mais la Banque mondiale prévient que cette réponse technologique ne suffira pas, à elle seule, à résoudre les pertes des réseaux, la surexploitation des nappes phréatiques ni les retards réglementaires qui freinent l’alimentation des usines en énergies renouvelables. Selon un rapport de l’institution consulté par Barlamane.com, la viabilité du programme suppose une meilleure maîtrise de la demande, une réutilisation accrue des eaux usées et des mécanismes financiers capables de contenir le coût supporté par les usagers comme par les finances publiques.
Une montée en puissance spectaculaire, mais insuffisante isolément
Le document, préparé par une équipe dirigée par le spécialiste de l’eau Floris Dalemans, indique que le Maroc prévoit de faire passer sa production annuelle d’eau dessalée de 377 millions de mètres cubes en 2025 à près de 1,7 milliard à l’horizon 2050. Cette ambition s’inscrit dans le contexte de six années de sécheresse consécutives entre 2018 et 2024, durant lesquelles les précipitations n’ont représenté que 54 à 84% des moyennes habituelles.
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La Banque mondiale estime toutefois que ces nouvelles installations ne pourront compenser une consommation mal maîtrisée ni des réseaux déficients, et recommande d’intégrer le dessalement dans une stratégie hydrique plus large, associant réduction des pertes, gestion de la demande, assainissement et protection des nappes.
Des contraintes électriques et réglementaires à lever
L’institution pointe également les limites du réseau électrique et de l’organisation du marché, qui entravent encore l’alimentation directe des usines par les énergies renouvelables, malgré un cadre légal évolutif. Elle cite l’exemple d’une usine prévue à Casablanca-Settat, d’une capacité de 822 000 mètres cubes par jour, dont l’alimentation par un parc éolien nécessitera près de 100 mégawatts supplémentaires puisés sur le réseau national. Le rapport évoque aussi le Souss-Massa, où un mécanisme de quotas protège depuis 2017 la nappe surexploitée de Chtouka, ainsi que le recours aux ultraviolets à Safi pour limiter l’usage de produits chimiques.
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À l’échelle régionale, la Banque mondiale rappelle que le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord concentrent près de la moitié des capacités mondiales de dessalement, une expansion appelée à se poursuivre, tout en insistant sur la nécessité d’une approche de précaution face aux rejets de saumure et à la facture énergétique de ces installations.
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