Emploi féminin : la Banque mondiale alerte sur le recul de la participation des Marocaines
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Le groupe de la Banque mondiale alerte sur la poursuite du recul de la participation des femmes marocaines au marché du travail. Dans son nouveau Cadre de partenariat avec le Maroc pour la période 2026-2035, l’institution estime que cette situation constitue l’un des principaux freins à une croissance économique plus forte et plus inclusive.
Selon la Banque mondiale, seulement 19% des Marocaines participaient au marché du travail en 2025. Cette proportion est en diminution constante depuis plus de deux décennies : elle est passée de 30,4% en 1999 à 19,8% en 2022, avant de reculer à 19,1% en 2024, puis à 19% en 2025.
L’institution souligne que cette tendance intervient malgré les progrès importants réalisés par les femmes en matière d’éducation et de santé. Ce décalage met en évidence une difficulté persistante à transformer ces acquis en opportunités d’emploi.
Un marché du travail peu favorable à l’emploi des femmes
Présentées dans une annexe du Cadre de partenariat 2026-2035, les conclusions de la Banque mondiale désignent l’inclusion économique des femmes comme une priorité stratégique pour le développement du Maroc au cours de la prochaine décennie.
Le rapport estime que le marché du travail présente des obstacles aussi bien du côté de l’offre que de la demande. Le pays ne crée pas suffisamment d’emplois de qualité, en particulier dans les secteurs à forte valeur ajoutée susceptibles d’employer des femmes qualifiées.
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À cela s’ajoutent plusieurs contraintes structurelles, notamment le manque de services de garde d’enfants, l’insuffisance et l’insécurité des transports publics, la répartition inégale des tâches domestiques non rémunérées ainsi que les difficultés d’accès au financement.
La Banque mondiale met également en avant l’influence des normes sociales, qui continuent de peser sur les décisions des ménages et les comportements sur le marché du travail. Ces facteurs compliquent l’accès des femmes à un emploi rémunéré, mais aussi leur maintien dans l’activité professionnelle.
Le rapport relève par ailleurs que de nombreuses femmes auparavant actives dans des activités agricoles informelles ou non rémunérées ont quitté le marché du travail au lieu de se réorienter vers d’autres secteurs.
Les diplômées également touchées
L’étude souligne que le chômage demeure particulièrement élevé chez les femmes diplômées. Pour la Banque mondiale, cette situation montre que les investissements réalisés dans l’éducation ne débouchent pas suffisamment sur des perspectives professionnelles.
L’institution rappelle qu’elle avait déjà alerté, dans plusieurs publications précédentes, sur le recul continu de l’activité féminine au Maroc, faisant du Royaume l’un des pays affichant les plus faibles taux de participation des femmes au marché du travail à l’échelle mondiale.
Le rapport met également en évidence les disparités selon la situation familiale. Les femmes mariées sont moins susceptibles de participer au marché du travail que les femmes célibataires, tandis que la présence d’enfants en bas âge constitue un obstacle supplémentaire au maintien dans l’emploi.
Afin d’inverser cette tendance, la Banque mondiale et le nouveau cadre de partenariat avec le Maroc prévoient d’agir autour de trois axes majeurs : stimuler la création d’emplois, améliorer les infrastructures et les transports, et développer les services de garde d’enfants ainsi que d’autres dispositifs permettant aux femmes de concilier plus facilement vie familiale et activité professionnelle.
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