Législatives 2026 : qui donne le ton au début de la campagne ?

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Législatives 2026 : qui donne le ton au début de la campagne ?Début de campagne électorale des législatives 2026 © Ayoub Jouadi / LeBrief

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La campagne officielle des élections législatives du 23 septembre 2026 s’ouvre ce 10 septembre. Les principales formations politiques présentent leurs programmes et leurs priorités, avec des propositions portant notamment sur l’emploi, le pouvoir d’achat, les services publics et la politique économique.

Le coup d’envoi officiel de la campagne électorale pour les législatives du 23 septembre marque le début de la confrontation sur le terrain pour le renouvellement des 395 sièges de la Chambre des représentants. Les listes de candidatures étant désormais arrêtées, les partis disposent de cette période pour présenter leurs candidats, défendre leurs programmes et mobiliser les électeurs.

Cette échéance intervient alors que les questions économiques et sociales occupent une place importante dans les discours des différentes formations. Pouvoir d’achat, emploi, santé, éducation, retraites, fiscalité et régulation économique figurent parmi les principaux thèmes abordés.

Lire aussi : Législatives 2026 : qui se présente où ?

Les six formations examinées ici (RNI, PAM, Istiqlal, USFP, PJD et PPS) ne proposent pas les mêmes réponses. Certaines mettent l’accent sur la poursuite des réformes engagées, d’autres sur des changements de politique économique ou sociale. L’enjeu des prochains jours sera notamment de confronter ces propositions à leur financement et à leurs conditions de mise en œuvre.

RNI : poursuivre les réformes engagées

Le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui dirige la coalition gouvernementale sortante, place la poursuite des réformes sociales et économiques au centre de sa campagne.

Le parti met notamment en avant l’indexation automatique des aides sociales directes sur l’inflation, la revalorisation du SMIG et du SMAG ainsi que la création d’un compte d’épargne simplifié destiné aux travailleurs du secteur informel, avec une contribution publique.

@partirniأكد محمد شوكي، رئيس حزب التجمع الوطني للأحرار، خلال الندوة الصحفية لاستعراض البرنامج الانتخابي للحزب، أن رفع الحد الأدنى للأجر إلى 5000 درهم يشكل أحد أبرز التزامات الأحرار للمرحلة المقبلة، في إطار درع تحسين الأجور وتعزيز حماية القدرة الشرائية للمواطنين. وأوضح شوكي أن هذا الالتزام يأتي امتدادا للتراكم المحقق خلال الولاية الحالية، مؤكدا أن الحزب يطمح إلى تحقيق تراكم أكبر في المرحلة المقبلة، بما يساهم في الارتقاء بالمستوى المعيشي للأجراء.♬ original sound – حزب التجمع الوطني للأحرار

Le RNI défend également la poursuite de plusieurs chantiers engagés durant la législature, notamment dans les domaines de la couverture médicale, des infrastructures hydriques et de l’investissement public.

Cette orientation implique pour le parti de présenter le bilan de la majorité sortante et de répondre aux critiques concernant notamment le pouvoir d’achat, les prix et l’emploi.

PAM : plusieurs mesures fiscales et sociales

Également membre de la coalition gouvernementale, le Parti authenticité et modernité (PAM) présente un programme articulé autour de cinq pactes, auxquels il associe une enveloppe de 350 milliards de dirhams sur cinq ans.

Parmi ses propositions figurent la création d’un million d’emplois nets, la gratuité des factures d’électricité lorsque leur montant mensuel est inférieur à 100 dirhams, l’exonération de l’impôt sur le revenu pour les salaires bruts inférieurs à 15.000 dirhams et l’instauration d’une pension minimale de 3.000 dirhams.

@pam_officiel1منذ البداية عبرنا عن رغبتنا فالنقاش، وكل فكرة جيدة كننوهوا بها، بعيداً عن المزايدات، لأن الهدف هو بناء مغرب صاعد.♬ son original – pam_officiel

Le parti accorde également une place importante à la question des circuits de distribution et à la modernisation des marchés de gros, en lien avec les préoccupations relatives aux prix des produits de consommation.

Le PAM devra, comme les autres composantes de la majorité, présenter ses propositions tout en tenant compte de sa participation à l’action gouvernementale durant la législature qui s’achève.

Istiqlal : souveraineté et politiques sociales

L’Istiqlal présente son programme sous le titre « Watani Moustaqbali ». Ses propositions portent notamment sur la souveraineté alimentaire, énergétique, hydrique et numérique.

Le parti met également l’accent sur les politiques destinées aux familles et aux jeunes. Il propose notamment une aide au premier logement ainsi que des subventions destinées aux jeunes en instance de mariage.

@istiqlalyouthacad حزب الإستقلال هو الحزب الوحيد الذي خصص محور بأكمله للأسرة والقيم، بهدف الحفاظ على قيمنا، ومساعدة الشباب على بناء الأسرة، ومواكبة الأسر حتى تبقى متماسكة (الوساطة الأسرية والتكوين والتتبع…)، وحمايتها من الضغوط التي تهدد استقرارها (الاقتصادية والمعيشية خصوصاً). يمكنكم الإطلاع على برنامج الحزب لمعرفة تفاصيل أكثر. #وطني_مستقبلي #حنا_معاك ♬ son original – istiqlalyouthacademy

Sur le plan institutionnel, l’Istiqlal propose un renforcement des mécanismes de lutte contre la corruption, les conflits d’intérêts et l’enrichissement illicite. Le parti prévoit également, en cas de situation de monopole, la possibilité de porter l’impôt sur les sociétés à 40%.

Membre de la majorité gouvernementale, l’Istiqlal défend ainsi des mesures relevant à la fois des politiques sociales, économiques et institutionnelles.

USFP : santé, éducation et emploi industriel

L’Union socialiste des forces populaires (USFP) place les services publics et la redistribution parmi les principaux axes de son programme. Ses vingt engagements accordent une place importante à la santé, à l’éducation et à la protection des salariés.

Le parti propose notamment une réduction de 20% des dépenses de santé supportées directement par les ménages. Il prévoit également un renforcement des effectifs dans plusieurs secteurs publics.

@usfpmaroc إدريس لشكر: الاستقالة لا تمحو الحصيلة ولا تُسقط المسؤولية السياسية، مشدداً على أن الغضب الشعبي يفرض محاسبة واضحة عن خمس سنوات من التدبير. فالمرحلة السابقة لانتخابات 23 شتنبر كان ينبغي أن تكون زمناً للمساءلة والنقاش العمومي الجاد حول حصيلة الحكومة، لا فرصة للهروب من المسؤولية وإخماد صوت الاحتجاج. #الاتحاد_الاشتراكي #القوات_الشعبية #إدريس_لشكر #المحاسبة #انتخابات_2026 ♬ sonido original – حزب الاتحاد الاشتراكي

En matière d’emploi, l’USFP avance l’objectif de créer 250.000 emplois industriels, notamment en lien avec les retombées économiques attendues des grands événements et du Mondial 2030.

La formation socialiste défend par ailleurs une fiscalité davantage redistributive, avec notamment une taxation des super-profits.

Ces propositions s’inscrivent dans une approche mettant l’accent sur le rôle des services publics et de l’intervention de l’État dans la redistribution.

PJD : emploi, prix et régulation économique

Le Parti de la justice et du développement (PJD), qui évolue dans l’opposition, axe son discours de campagne sur la « dignité du citoyen ».

Le parti met en avant plusieurs préoccupations économiques et sociales, notamment le chômage des jeunes, l’évolution des prix des produits de première nécessité et les situations de rente.

@pjdmarocكلمة ذ. عبد الإله ابن كيران خلال اللقاء التواصلي مع ساكنة فجيج♬ original sound – pjd

Sur le plan économique, le PJD propose notamment un encadrement plus strict des monopoles, une révision du fonctionnement des marchés de gros et un conditionnement des aides publiques à la création d’emplois locaux et pérennes.

La formation critique par ailleurs la gestion de la majorité sortante. Elle doit également présenter aux électeurs son bilan des deux périodes durant lesquelles elle a dirigé le gouvernement, entre 2012 et 2021.

PPS : santé, éducation et production nationale

Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) présente pour sa part plusieurs objectifs chiffrés dans les domaines social et économique.

Le parti propose notamment de doubler les effectifs hospitaliers, d’augmenter les recrutements dans le secteur de l’éducation et de porter la pension minimale à 3.000 dirhams. Il fixe également un objectif de création d’un million d’emplois nets.

@pps_officielهل الدولة الاجتماعية، هي تفقير المستشفى العمومي؟♬ original sound – حزب التقدم والاشتراكية

Sur le plan économique, le PPS critique certaines pratiques qu’il associe au capitalisme de connivence et propose une révision des accords de libre-échange qu’il considère comme défavorables à la production nationale.

Son programme accorde ainsi une place importante au renforcement des services publics, à la protection sociale et au développement de la production nationale.

Des propositions différentes autour des mêmes préoccupations

Malgré leurs différences de programmes et de positionnement politique, les six formations placent plusieurs préoccupations communes au centre de leurs campagnes. L’emploi, le pouvoir d’achat, les prix, la santé, l’éducation et les retraites figurent parmi les principaux sujets abordés.

Les réponses proposées divergent toutefois. Le RNI met en avant la poursuite des réformes engagées par la majorité sortante. Le PAM présente plusieurs mesures fiscales, sociales et économiques. L’Istiqlal insiste notamment sur les questions de souveraineté et de cohésion sociale. L’USFP accorde une place importante aux services publics et à la redistribution. Le PJD concentre une partie de son discours sur la régulation économique et la critique du bilan gouvernemental. Le PPS met l’accent sur les services publics, l’emploi et la production nationale.

La campagne devra désormais permettre aux électeurs de comparer ces propositions, mais aussi leurs modalités de financement et leurs conditions d’application.

À treize jours du scrutin, la confrontation porte donc autant sur les programmes que sur la capacité des formations à expliquer concrètement leurs engagements. Les prochains jours permettront également de voir quels thèmes s’imposeront dans les meetings et dans le débat public jusqu’au vote du 23 septembre.

Législatives 2026 : les programmes passés au crible

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