Les partis préparent-ils vraiment l’après-2026 ?
Eléction législative 2026 © Image générer par IA
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Blocage d’enquête, nominations au sein de plusieurs ministères et institutions, tensions autour de projets de loi, stratégies partisanes et course aux candidats… A quelques semaines du scrutin, la bataille politique semble déjà bien engagée. Mais derrière ces tensions et ces manœuvres, une question essentielle reste en suspens : au-delà de la conquête du pouvoir, les partis se préparent-ils réellement à gouverner ?
Tout aurait commencé avec le départ de Aziz Akhannouch, sur fond d’éventuels désaccords avec ses alliés. L’Istiqlal et le PAM ont, de leur côté, dénoncé la gestion des subventions publiques, estimant que leur mauvaise distribution pouvait fragiliser politiquement la coalition auprès de l’opinion publique.
A cela s’ajoutent des nominations et des recrutements qui auraient été engagés dans certains ministères avant des départs. Lorsqu’il s’agit de postes sensibles, ces décisions alimentent inévitablement les interrogations sur l’égalité des chances et le favoritisme politique.
A l’approche du scrutin, les partis se livrent également à une véritable course aux candidats. Certains cherchent à attirer de nouvelles personnalités, d’autres à convaincre des figures issues parfois même du camp « allié ». La pré-campagne prend ainsi progressivement des allures de bataille politique.
La communication du parti
Mais dans cette agitation, le fond risque de passer au second plan. Une fois les affiches retirées, les programmes présentés et les résultats annoncés, qui sera réellement en mesure de répondre aux attentes des Marocains ?
La question de la gouvernance n’est pourtant pas nouvelle. La Constitution de 2011 place notamment la bonne gouvernance, la participation citoyenne et la corrélation entre responsabilité et reddition des comptes au cœur de l’organisation des pouvoirs publics.
Cela suppose évidemment des responsables capables d’assumer les fonctions qui leur sont confiées. Or, une interrogation mérite d’être posée : les futurs cadres politiques et gouvernementaux sont-ils suffisamment préparés à leurs responsabilités ?
Les partis multiplient les summer schools, conférences, débats, formations, ateliers pratiques et tables rondes. Mais la quantité de programmes suffit-elle à garantir leur efficacité ? Les futurs responsables sont-ils réellement confrontés à des situations concrètes, à des prises de décision complexes ou encore aux conséquences de leurs choix ?
Le Programme des Nations unies pour le développement rappelle d’ailleurs que le renforcement des capacités institutionnelles constitue l’un des piliers du développement durable et de la qualité de la gouvernance. La performance des institutions dépend aussi de la qualité des mécanismes de formation, de coordination et d’évaluation.
Cette question concerne également les programmes électoraux. Pour l’électeur, comparer les propositions des différents partis reste souvent difficile. Les engagements sont nombreux, les formulations parfois complexes et leur mise en œuvre fait rarement l’objet d’un suivi suffisamment lisible.
Le problème est alors simple : comment voter en connaissance de cause lorsque les programmes sont difficiles à comparer et que leur réalisation peut, par la suite, être compliquée à mesurer ?
Le citoyen n’est pourtant pas totalement passif. Il vote, choisit, soutient un projet et peut même rejoindre un parti lorsqu’il croit dans ses propositions. Mais une fois les élections passées, la formation du gouvernement et des coalitions, puis l’ouverture de la législature, la réalité politique peut rapidement s’éloigner des attentes initiales.
Les électeurs disposent ensuite de marges de correction limitées jusqu’au scrutin suivant. Le choix initial prend donc une importance particulière : pendant plusieurs années, il engage la relation entre citoyens et responsables politiques.
C’est finalement là que se situe l’enjeu de ces élections. Il ne s’agit pas uniquement de savoir quel parti remportera le scrutin, qui attirera le meilleur candidat ou qui construira la coalition la plus solide. Il s’agit aussi de savoir quels responsables seront capables de transformer leurs promesses en politiques publiques concrètes et évaluables.
A quelques semaines du Jour J, la bataille électorale est déjà lancée. Reste maintenant à savoir si, derrière la conquête des voix, les partis préparent aussi sérieusement la conquête du résultat.
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