Législatives 2026 : qui se présente où ?

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Législatives 2026 : qui peut encore être candidat ?Législatives 2026 au Maroc © LeBrief

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À l’approche des législatives, la bataille pour les 395 sièges de la Chambre des représentants s’annonce serrée. Entre forces gouvernementales, opposition et nouveaux visages, 27 partis se disputent les suffrages à travers 702 listes de candidatures.

Le cadre de cette échéance électorale repose sur le renouvellement de la Chambre des représentants, qui compte un total de 395 sièges. Pour qu’une formation politique ou une coalition puisse prétendre former le prochain gouvernement, elle doit atteindre la majorité absolue fixée à 198 sièges.

L’architecture du vote obéit à un double mécanisme :

305 sièges sont pourvus au niveau des circonscriptions locales, favorisant la proximité et l’ancrage territorial direct dans les différentes provinces.

90 sièges sont attribués à l’échelle des circonscriptions régionales, répartis à travers les 12 régions du Royaume.

Ce mode de scrutin proportionnel de liste, adossé à l’application du quotient électoral, s’adresse à un corps électoral de plus de 15,8 millions d’inscrits. Il vise à refléter la pluralité politique tout en posant les bases de la future gouvernance institutionnelle du pays.

Lire aussi : Législatives 2026 : combien coûte réellement une campagne électorale au Maroc ?

Partis et candidats : panorama des forces en présence

Sur les 34 partis politiques légalement reconnus au Maroc, 27 formations participent activement au scrutin. Les services compétents du ministère de l’Intérieur ont validé l’enregistrement de 702 listes de candidatures via la plateforme électronique dédiée.

La configuration de la compétition se divise schématiquement en trois ensembles :

La coalition gouvernementale sortante : composée du RNI (piloté par Mohamed Chouki), du PAM (Parti authenticité et modernité) et de l’Istiqlal (conduit par Nizar Baraka), qui présentent des bilans soumis à l’évaluation des électeurs.

L’opposition parlementaire : rassemblant l’USFP, le Mouvement populaire (MP), le PPS (Parti du progrès et du socialisme), le PJD (Parti de la justice et du développement) et l’Union constitutionnelle (UC), qui articulent leurs campagnes autour de propositions alternatives.

La gauche et les formations plurielles : des alliances telles que la FGD et le PSU, ainsi que d’autres formations, qui cherchent à élargir leur assise électorale locale.

Circonscriptions : cartographie d’une bataille électorale

Les circonscriptions clés et la géographie des duels électoraux

La cartographie des investitures fait apparaître des confrontations particulièrement observées dans plusieurs grandes agglomérations :

Rabat-Océan : la circonscription réunit plusieurs figures institutionnelles et politiques, parmi lesquelles Mehdi Bensaïd (PAM), Mustapha El Khalfi (PJD), Abdelkrim Benatiq (USFP), Abdelilah Bouzidi (Istiqlal), Taha Joumani (RNI), ainsi que des représentants de la gauche et d’autres sensibilités comme Omar Benjelloun (FGD) et Rachid Sassi (PPS).

Larache : un terrain marqué par la confrontation entre le secrétaire général de l’Istiqlal, Nizar Baraka, et des recompositions locales incluant Abdelhakim Al Ahmadi (RNI) et Zineb Simou (PAM).

Casablanca : les arrondissements clés voient s’affronter des figures de divers horizons, à l’instar de Najwa Koukous (PAM) et Latifa Chérif (USFP) à Anfa, Nabila Mounib et Fatima Tamni face à Adel Bitar (PAM) à Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi ou encore Amina Maelainine (PJD/PPS) et Abdelhak Chafik (PAM) à Aïn Chock.

Les pôles régionaux : des dynamiques similaires s’observent à Fès-Sud (Aziz Lebbar / PAM), Meknès (Anas Ansari et Abdellah Bouanou PAM / PJD), Marrakech-Médina (Fatima Ezzahra El Mansouri / PAM) et Taroudant-Sud (Abdessamad Kayouh / Istiqlal).

Législatives 2026 : pouvoir d’achat, la bataille des promesses

La représentation féminine

Le dispositif institutionnel encadrant la participation des femmes s’appuie sur un mécanisme à double détente :

Le niveau régional : les 90 sièges régionaux sont exclusivement réservés aux femmes, assurant un plancher réglementaire de 22,8% de représentativité au sein du Parlement. Ce segment est encadré par des têtes de liste désignées par les partis, telles que Leila Bilgha (Rabat-Salé-Kénitra), Malika Mzour (Casablanca-Settat), Nadia El Idrissi Slitine (Marrakech-Safi) ou Salma Ablhassine (Tanger-Tétouan-Al Hoceïma).

Le niveau local : les circonscriptions de proximité comptent une proportion plus restreinte de femmes positionnées en tête de liste directe (environ une quarantaine au total), portées principalement par le PAM et les formations de gauche (comme Najwa Koukous à Anfa, Nabila Mounib et Fatima Tamni à Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi, Latifa Chérif ou Amina Maelainine à Aïn Chock), qui font face aux dynamiques concurrentielles de terrain.

La jeunesse : incitations financières et renouvellement générationnel

L’implication des jeunes générations a fait l’objet de dispositions spécifiques visant à encourager leur présence sur les listes électorales. L’abaissement à 35 ans de l’âge limite pour l’éligibilité aux dispositifs d’encouragement, combiné à une revalorisation des subventions publiques allouées aux partis en fonction des sièges remportés par cette catégorie d’âge, a incité les états-majors à positionner de nouveaux profils.

Parmi les figures illustrant cette relève figurent des candidats engagés dans différentes régions, tels que Taha Joumani (RNI à Rabat-Océan), Othmane Ouchen (PPS à Driouch), Hamza Nadiri (PPS à Khénifra) ou Aymane Bayazid (PPS à El Jadida).

Élections 2026 : qui aura vraiment droit au micro ?

Personnalités et gestion des campagnes

Au-delà des candidats en lice dans les circonscriptions, la visibilité de la campagne est portée par les dirigeants nationaux des différents partis politiques. Parallèlement, des choix organisationnels notables marquent l’actualité de ce scrutin, à l’instar de la décision de Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du PAM, de se retirer d’une candidature directe dans sa circonscription de Berkane afin de se consacrer à la coordination générale de la campagne et à l’appui logistique des candidats de sa formation sur le plan national.

Les législatives du 23 septembre 2026 s’annoncent comme un tournant politique, marqué par la descente dans l’arène électorale des plus grandes figures de l’État, des chefs de partis et des leaders historiques de l’opposition. Ce scrutin voit s’affronter des personnalités à la notoriété nationale incontournable, à commencer par les membres clés du gouvernement sortant qui jouent leur va-tout sur le terrain.

Parmi eux, Nizar Baraka, actuel ministre de l’Équipement et de l’Eau et secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, mène la bataille avec le poids de son héritage politique pour conforter l’ancrage territorial de sa formation. À ses côtés, une figure féminine, Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice nationale du Parti authenticité et modernité (PAM), ministre de l’Habitat et maire emblématique de Marrakech, jette tout son poids politique dans la ville ocre, où sa popularité est immense. Le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, porte également les couleurs du PAM dans un duel qui cristallise toutes les attentions à l’échelle nationale. L’ex-secrétaire général du PAM et actuel ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, mène campagne dans la circonscription de Taroudant-Nord.

Pour l’Istiqlal, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, est candidat à Benslimane, Omar Hejira, secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur et cadre historique de l’Oriental, se présente à Oujda-Angad et Abdessamad Kayouh, ministre du Transport et de la Logistique, mène la liste de la balance à Taroudant-Sud

Le théâtre le plus spectaculaire de cette confrontation se joue incontestablement dans la circonscription de Rabat-Océan, désormais surnommée la « circonscription de la mort ». Ce territoire ultra-médiatique concentre à lui seul un face-à-face d’une rare intensité entre le ministre sortant Mohamed Mehdi Bensaid, le tribun et ancien ministre Abdelkrim Benatiq sous la bannière de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), et l’expérimenté Mustapha El Khalfi, ancien ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, qui porte les espoirs de reconquête du Parti de la justice et du développement (PJD).

Du côté de l’opposition de gauche, la figure de proue incontestée reste Nabila Mounib, candidate pour l’Alliance de la gauche démocratique, qui livre une bataille dans la circonscription stratégique de Casablanca-Anfa.

En parallèle, Mohamed Chaouki, président de la commission nationale des élections du Rassemblement national des indépendants (RNI), se déploie dans leur fief de Boulemane pour consolider la machine électorale du parti au pouvoir.

Entre le poids des notables locaux, le retour des caciques et le pari d’une nouvelle génération politique, ces leaders ultra-médiatiques incarnent les forces vives d’une campagne électorale sous haute tension où chaque siège à la Chambre des représentants sera disputé centimètre par centimètre.

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