Législatives 2026 : quelles circonscriptions à enjeu ?

Avatar de Ilyasse Rhamir

Temps de lecture :

Législatives 2026 : quelles circonscriptions à enjeu ?Bataille des circonscriptions en vue des législatives 2026 © LeBrief

A
A
A
A
A

À quelques jours du scrutin du 23 septembre, les circonscriptions à enjeu se lisent à travers plusieurs paramètres : résultats de 2021, candidats, implantation locale, précédents électoraux et alliances territoriales.

À l’approche des élections législatives du 23 septembre 2026, la compétition pour les 395 sièges de la Chambre des représentants se joue dans des configurations territoriales très différentes. Avec 1.850 listes déposées et 7.288 candidatures à l’échelle nationale, le scrutin présente une offre électorale particulièrement large. Les circonscriptions locales concentrent 1.615 listes et 5.505 candidats, tandis que les 12 circonscriptions régionales comptent 235 listes et 1.783 candidates.

Pour identifier les territoires à enjeu, un seul indicateur ne suffit pas. Les résultats des législatives de 2021 constituent un premier point de comparaison, mais doivent être mis en regard de la configuration actuelle des circonscriptions, des candidats investis, de leur implantation, des résultats obtenus lors des précédentes échéances et des alliances nouées localement.

Lire aussi : Législatives 2026 : les outsiders peuvent-ils décrocher des sièges ?

Cette lecture permet de distinguer les territoires où la compétition attire particulièrement l’attention, sans transformer ces données en pronostic électoral. Les rapports de force de 2021 ont changé, certains candidats ont changé d’étiquette ou de territoire et de nouvelles figures ont intégré la bataille. À l’inverse, plusieurs formations conservent des réseaux locaux construits au fil des scrutins.

2021 : le point de départ pour identifier les circonscriptions à enjeu

Les législatives de 2021 constituent la principale base de comparaison du scrutin actuel. Le RNI était arrivé en tête avec 102 sièges, devant le PAM avec 87 et l’Istiqlal avec 81. L’USFP avait obtenu 34 sièges et le Mouvement populaire 28, tandis que le PJD avait connu un recul spectaculaire.

Ces résultats permettent de situer le poids national des principales formations, mais leur lecture doit être territorialisée. Une circonscription où un parti disposait d’une implantation forte en 2021 peut avoir connu depuis une recomposition de ses réseaux, un changement de candidat ou une évolution des alliances locales.

Le scrutin de 2026 intervient donc cinq ans après une recomposition majeure du paysage parlementaire. Le RNI, le PAM et l’Istiqlal, désormais réunis au sein de la coalition gouvernementale sortante, présentent leur bilan dans des territoires où ils doivent composer avec les forces d’opposition et avec des candidatures nouvelles.

Circonscriptions et candidats : où se concentrent les duels ?

Certaines circonscriptions concentrent plusieurs personnalités politiques de premier plan. Rabat-Océan en constitue l’un des exemples les plus visibles. La compétition y réunit notamment Mohamed Mehdi Bensaid pour le PAM, Mustapha El Khalfi pour le PJD, Abdelkrim Benatiq pour l’USFP, Abdelilah Bouzidi pour l’Istiqlal et Taha Joumani pour le RNI.

La présence de plusieurs profils connus donne à cette circonscription une visibilité nationale. Elle ne permet cependant pas, à elle seule, de déterminer l’issue du scrutin. L’intérêt réside dans le croisement entre les profils des candidats et l’histoire électorale du territoire.

À Casablanca, plusieurs circonscriptions présentent également des configurations suivies. À Anfa, Najwa Koukous figure parmi les candidates investies, face notamment à Latifa Chérif pour l’USFP. À Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi, Nabila Mounib et Fatima Tamni sont également engagées dans la compétition. À Aïn Chock, plusieurs sensibilités partisanes se retrouvent également en concurrence.

D’autres pôles retiennent l’attention, notamment Fès-Sud avec Aziz Lebbar, Meknès avec Anas Ansari et Abdellah Bouanou, Marrakech-Médina avec Fatima Ezzahra El Mansouri ou encore Taroudant-Sud avec Abdessamad Kayouh.

Législatives 2026 : qui donne le ton au début de la campagne ?

Implantation locale : le poids des réseaux et des ancrages

L’étiquette partisane ne suffit pas à comprendre une circonscription à enjeu. L’implantation du candidat et de sa formation sur le terrain constitue un autre élément à prendre en compte.

Les réseaux construits à travers les collectivités territoriales, les mandats électifs précédents, l’activité associative ou professionnelle et les relations avec les acteurs locaux peuvent contribuer à structurer durablement une présence politique.

Cette dimension est particulièrement importante dans les circonscriptions où plusieurs partis disposent d’un poids électoral comparable. Le candidat bénéficiant d’un ancrage territorial ancien peut alors s’appuyer sur des réseaux différents de ceux mobilisés par une personnalité principalement connue au niveau national.

La géographie électorale de 2026 est également marquée par des changements de candidatures. Certains élus locaux se présentent sous une nouvelle étiquette par rapport à 2021, phénomène déjà observé dans plusieurs territoires.

Le cas de Laâyoune illustre, à une autre échelle, l’importance de cette lecture territoriale. La circonscription dispose de trois sièges et concentre des enjeux locaux liés notamment à l’emploi, à l’investissement et aux infrastructures. Les engagements formulés en 2021 constituent un élément de comparaison avec les dossiers mis en avant en 2026.

Résultats précédents : les territoires qui ont changé depuis 2021

Comparer uniquement les résultats nationaux de 2021 avec les candidatures de 2026 serait insuffisant. Les résultats obtenus dans les différentes échéances électorales permettent également d’observer les évolutions d’un territoire.

Les élections communales, régionales et législatives ont produit des configurations parfois différentes. Une formation peut disposer d’un poids limité au niveau national tout en bénéficiant d’une implantation solide dans une commune ou une province donnée.

Cette différence entre poids national et implantation territoriale explique pourquoi certaines circonscriptions sont particulièrement suivies. Les résultats précédents permettent de mesurer la continuité d’un ancrage, mais aussi les déplacements d’électorat et les changements d’équilibre entre formations.

Rabat-Océan fournit encore une illustration de cette nécessité de comparaison. Les résultats de 2016 et de 2021 montrent déjà des évolutions dans les rapports de force entre formations, alors que les candidatures de 2026 introduisent de nouveaux profils dans la compétition.

Législatives 2026 : qui se présente où ?

Alliances locales : les équilibres au-delà des étiquettes partisanes

Les rapports de force ne se résument pas toujours aux relations entre directions nationales des partis. Dans plusieurs territoires, les équilibres locaux reposent également sur des alliances, des rapprochements et des réseaux construits autour des collectivités territoriales.

Ces configurations peuvent être différentes de celles observées au niveau national. Des candidats appartenant à des formations concurrentes sur le plan gouvernemental peuvent partager certains relais locaux, tandis que des partis alliés au niveau national peuvent se retrouver directement en compétition dans une même circonscription.

La question des alliances est également liée à la fragmentation de l’offre électorale. Avec 7.288 candidatures pour 395 sièges, chaque circonscription rassemble plusieurs listes et sensibilités.

Pour les formations disposant d’une implantation plus limitée, la concentration des efforts sur certains territoires et la capacité à nouer des coordinations locales constituent ainsi des éléments de campagne importants. Il s’agit moins de mesurer leur poids national que d’observer où leurs réseaux peuvent réellement s’exprimer.

Une carte des enjeux, pas une projection du scrutin

La concentration de personnalités nationales à Rabat-Océan, Casablanca, Fès, Meknès, Marrakech, Larache ou Taroudant explique l’attention portée à ces territoires. Mais chacune de ces circonscriptions doit être replacée dans son propre contexte électoral.

Les résultats de 2021 donnent une photographie de départ. Les candidats de 2026 permettent ensuite de mesurer les changements de profils. L’implantation locale renseigne sur les réseaux disponibles, tandis que les résultats précédents permettent d’identifier les évolutions territoriales. Les alliances locales complètent enfin cette lecture en révélant des équilibres qui ne correspondent pas nécessairement aux rapports de force nationaux.

Cette méthode permet de parler de circonscriptions à enjeu sans transformer l’analyse en prédiction. Elle met en évidence les territoires où plusieurs paramètres se superposent : poids historique d’un parti, candidature d’une personnalité connue, implantation locale, évolution des résultats et configuration des alliances.

À quelques jours du vote, la carte électorale de 2026 apparaît ainsi comme une addition de situations locales. Le scrutin national se jouera à travers 395 sièges, mais les rapports de force devront être observés circonscription par circonscription. C’est dans ce croisement entre héritage électoral et configuration actuelle que se trouvent les principaux enjeux du rendez-vous du 23 septembre.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Le million d’emplois, encore ! Quand la promesse se moque de l’arithmétique

5% de croissance pendant cinq ans… Cette promesse a un goût prononcé de déjà-vu : le gouvernement sortant n’avait-il pas aussi promis un million d’emplois ?

Rédaction LeBrief - 15 septembre 2026
Terra nullius : quand le récit est à prendre

Deux événements ont marqué l’actualité au Maghreb. Parmi eux, la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et les Émirats arabes unis.

Hafid Boutaleb - 15 septembre 2026
Nasser Bourita reçoit quatre nouveaux ambassadeurs à Rabat

Nasser Bourita accueille à Rabat quatre nouveaux ambassadeurs représentant la Palestine, la Slovénie, São Tomé-et-Príncipe et la Malaisie.

Ilyasse Rhamir - 15 septembre 2026
La princesse Lalla Asmaa accueille Rachel Ruto au Maroc

La princesse Lalla Asmaa a accueilli à Salé Rachel Ruto, première dame du Kenya, arrivée au Maroc pour une visite de travail dans le Royaume.

Ilyasse Rhamir - 14 septembre 2026
Téléphone d’Ouzzine surveillé ? Une enquête est ouverte

La BNPJ enquête sur les allégations d’espionnage de téléphones avancées par Mohammed Ouzzine, secrétaire général du Mouvement populaire. Ce qu’il faut retenir de cette affaire.

Rédaction LeBrief - 14 septembre 2026
Législatives 2026 : les femmes face au défi des circonscriptions locales

Avec 33 femmes sur 305 circonscriptions, les législatives 2026 révèlent encore un fort déséquilibre entre hommes et femmes.

Mouna Aghlal - 14 septembre 2026
Voir plus
Enseignement supérieur : le gouvernement fait le point sur l’avancement de la réforme

Politique - Le gouvernement fait le point sur la réforme de l'enseignement supérieur et son impact sur la recherche scientifique.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Conseil de gouvernement : adoption de deux décrets sur la pêche continentale et les OPCVM

Politique - Le Conseil de gouvernement approuve des décrets sur la pêche continentale et les OPCVM pour une meilleure organisation sectorielle.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Le CCG salue le soutien du Roi Mohammed VI et réaffirme son appui à la marocanité du Sahara

Politique - Le CCG réaffirme son appui à la marocanité du Sahara lors de la 8e réunion ministérielle conjointe.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
La médecine à distance, pour qui ? pour quoi ? combien ?

Politique – Comment la télémédecine transforme l’accès aux soins, notamment dans les zones rurales ou enclavées ?

Sabrina El Faiz - 12 mars 2026
Le roi Mohammed VI salué par le CCG pour son engagement envers la ville sainte

Politique - Le CCG salue l'engagement du roi Mohammed VI lors de la réunion ministérielle conjointe. Un moment fort pour le Maroc et la région.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Khénifra : Nizar Baraka lance plusieurs projets pour renforcer le réseau routier

Politique - Le ministre lance des projets pour renforcer la connectivité à Khénifra et améliorer les infrastructures routières locales.

Mouna Aghlal - 10 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire