Cover chronique METRONOME
Hafid El Jaï Publié le 08/06/26 à 10:45
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« PAM ! PAM ! »

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Le masque a glissé. Non par accident mais par calcul. Et c’est précisément ce calcul qui révèle, mieux que n’importe quel discours, l’état réel de la majorité gouvernementale sortante. Nador, samedi soir, le président de la jeunesse du PAM, monte à la tribune de l’initiative « Ana Kayn ». Il parle de « murū’a », cette vertu arabe qui désigne la dignité virile du comportement. L’adresse cible évidemment le RNI. Elle mérite qu’on s’y arrête.

Ce n’est pas un meeting ordinaire. C’est une mise en garde habillée en éloge de soi. Le PAM se présente comme le parti qui n’a pas fui pendant les manifestations de la GenZ. Le responsable PAMiste le souligne avec soin : ces jeunes ont parlé de santé et d’éducation, secteurs qui ne sont pas gérés par le parti du tracteur. Le deuxième parti de la coalition au pouvoir a critiqué son allié en se dérobant de toute responsabilité. Exercice classique, exécuté avec une certaine maîtrise.

Mais il y a eu une autre accusation, celle d’un repli sur soi dès que la chaleur monte. Une diatribe à peine voilée contre le nouveau patron du parti de la colombe, dont les sorties récentes ont irrité les « alliés ». Voilà le paradoxe des alliances électorales à géométrie variable. Elles exigent la solidarité en temps ordinaire et interdisent toute solidarité en temps de crise, précisément quand chaque acteur commence à calculer sa propre sortie. Trois ans après sa formation, la tripartite RNI-PAM-PI entre dans cette phase. Le parti de la balance, de son côté, a condamné, pour la énième fois, la gestion du soutien aux ovins.

On objectera que les frictions intra-coalition sont normales. C’est exact. Ce qui l’est moins, c’est leur calendrier. Septembre 2026 n’est plus une abstraction. C’est une échéance. Et dans ce contexte, chaque sortie partisane, chaque discours, devient une opération de repositionnement. Les mots sonnent juste. La majorité avait été bâtie sur une arithmétique simple : trois partis, une discipline, un bilan à défendre. La discipline commence à se fissurer. Le bilan reste à plaider. Et les trois partis ont désormais des intérêts électoraux qui ne se recoupent plus tout à fait.

C’est ainsi que les alliances meurent, du reste. Non pas dans un éclat mais dans une succession de discours sur la vertu. Qu’en restera-t-il après le scrutin du 23 septembre ? L’onomatopée « PAM PAM ! » devrait retentir dans la tête des RNIstes. Qu’il s’agisse de deux coups de feu successifs, de poings qui s’abattent lors d’une bagarre générale ou de quelqu’un qui martèle vigoureusement une porte close, ce double impact sonore insufflera de la tension au cœur des négociations pour les prochaines alliances politiques.

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