Bon. On aura essayé. C’est peut-être la phrase qui résume le mieux cette génération des Lions de l’Atlas. Elle nous aura fait croire que cette fois, c’était la bonne. Et ça, c’est franchement encore plus frustrant.
Le Mondial 2022 nous a rendus addicts à l’impossible. Une demi-finale historique et, d’un coup, la barre n’était plus de « faire un beau parcours », mais de gagner. TOUT gagner. La CAN, la Coupe du monde, des U17 aux plus âgés. Tant qu’à faire, pourquoi pas la Ligue des champions aussi ?
On a oublié qu’une épopée reste… une épopée. Par définition, ça n’arrive pas tous les quatre matins.
A présent, et aujourd’hui en particulier, chaque contre-performance devient un drame national. C’était un match propre mais pas fou. Le Paraguay a au moins le mérite de les avoir embêtés. Bon passons la relation toxique qu’on a avec notre équipe et rappelons-nous que le problème vient surtout de nous. C’est nous qui courons après les souvenirs du Qatar.
Soyons honnêtes, cette équipe n’a pas seulement gagné des matchs, elle nous a offert quelque chose de beaucoup plus rare. Elle nous a donné le luxe d’être déçus ! Si, si ! Parce qu’avant, on espérait un exploit. Aujourd’hui, on considère presque une demi-finale comme le service minimum. C’est dire le chemin parcouru.
Alors bon, on n’est pas allés jusqu’au bout, cette fameuse étoile ne viendra pas tout de suite. Peut-être même qu’on se racontera encore, dans vingt ans, « tu te souviens de la génération Bounou ? ».
Mais au fond, ce serait injuste de résumer leur histoire à un trophée qui manque dans une vitrine. Ils auront changé notre regard sur le football marocain. Ils nous auront fait lever de nos canapés, oublier nos différences, envahir les rues, croire qu’un pays de 36 millions d’entraîneurs pouvait aussi devenir une nation de rêveurs.
Alors oui… on aura essayé.
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