Cover chronique METRONOME
Hafid El Jaï Publié le 07/09/26 à 10:40
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Multipartisme de façade

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Des partis alignés par ordre alphabétique, sans aucun classement affiché. Celui qui n’a qu’un siège côtoie tranquillement celui qui en a 102. Une neutralité de pure forme, parce que le scrutin du 23 septembre, lui, ne connaît pas la symétrie. Au-delà des huits plus grandes formations politiques marocaines qui disposent depuis 2021 d’un groupe ou groupement à la Chambre des représentants, l’échelle s’effondre.

Le Mouvement démocratique et social (MDS) dispose de cinq sièges, une formation de centre populaire née en 1996 et qui s’est alliée avec l’Union constitutionnelle (UC) pour former un groupe à la chambre basse. Le Front des forces démocratiques (FFD) en a trois, à gauche, fondé en 1997. La Fédération de la gauche démocratique (FGD) et le Parti socialiste unifié (PSU) n’en ont qu’un chacun. Et après ?

Tous les autres partis n’ont obtenu aucun élu en 2021. Une quinzaine. Le Parti de l’action, dont l’orientation oscille entre centre et gauche. Le Parti de l’environnement et du développement durable, écologiste, créé en 2009. Le Parti de la gauche verte, écologiste de gauche, né en 2010. Le Parti de la réforme et du développement, proche de l’Istiqlal. Le Parti de la société démocratique, dont la fiche officielle ne veut presque rien dire au-delà du nom.

Le Parti des forces citoyennes, libéral. Le Parti des néo-démocrates, fondé par un politologue spécialiste des mouvements islamistes. Les Verts marocains, encore un parti écolo. Le Parti du centre social. Le Parti du renouveau et de l’équité, tout aussi peu documenté. Le Parti marocain libéral, libéral en économie et conservateur sur les questions de société. Le Parti national des verts pour le développement, membre de la Fédération des Verts africains depuis 1992. Le Parti socialiste, d’origine ittihadie.

L’Union marocaine pour la démocratie, dont aucune documentation solide ne précise vraiment la ligne. Et l’Union nationale des forces populaires, gauche historique et tiers-mondiste fondée en 1959, parti dont la scission a créé l’USFP. Le parti démocratique de l’indépendance (Choura et Istiqlal), formation nationaliste née en 1946. Ces « petits » partis qui existent juridiquement sans exister électoralement. Leur poids ne se compte pas en sièges. Il se mesure en signatures déposées, en logos imprimés, en droit de tribune que la loi sur les partis leur accorde.

Mais la vraie inconnue de ce scrutin ne se trouve toujours pas dans les étiquettes. Elle se trouve dans l’abstention. Le corps électoral a perdu 1,7 million d’inscrits depuis 2021. Chez les 18-24 ans, le taux d’inscription plafonne à 12%. Depuis 2021, trois partis gouvernent. Huit qui pèsent encore un peu. Une quinzaine existent sur le papier. Le 23 septembre ne bouleversera pas cette proportion. Il la confirmera…

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