Chronique CADENCE
Sabrina El Faiz Publié le 04/09/26 à 10:26
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Argent, drogue et politique

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Le parquet de Kénitra ayant décidé de mettre son nez dans cette affaire de poudre électorale, notre envoyé spécial, le plus imaginaire possible, a réussi à glisser son micro sous la table d’un café bien connu de la ville pour cuisiner notre candidat anonyme.

Verre de thé, silence suspect et révélations fracassantes.

L’interview exclusive (et totalement imaginaire) du candidat qui parlait trop !

-Le journaliste : Cher candidat mystère, bonjour. Vous avez jeté un froid polaire, ou plutôt une sacrée surchauffe sur les réseaux sociaux en affirmant en plein meeting qu’une « importante quantité de drogues » servait carrément à influencer les opérations électorales. C’est cela, votre fameux plan de relance locale ?

-Le candidat : Mais pas du tout, mon ami ! C’est juste du pragmatisme économique. Tout le monde parle de soutenir le pouvoir d’achat ou d’enclencher des plans sociaux mirobolants. Moi, je propose un circuit court, de la terre au bulletin de vote. Pourquoi s’embêter avec des intermédiaires financiers quand on a des ressources naturelles si lucratives sous la main ?

-Le journaliste : Mais la cour d’appel de Kénitra n’a pas vraiment l’air d’apprécier la plaisanterie. Une enquête judiciaire immédiate a été ordonnée pour faire la lumière sur vos déclarations et préserver « l’intégrité du processus électoral ». Vous ne craignez pas de finir votre campagne derrière les barreaux plutôt qu’au Parlement ?

-Le candidat : Ah, la justice… Si on ne peut même plus rigoler ! Elle veut faire son travail et « veiller au bon déroulement du scrutin », c’est très bien, je respecte. Mais enfin, si on doit ouvrir une enquête à chaque fois qu’un candidat dit la vérité en public, on va devoir installer des tentes dans la cour du tribunal pour accueillir tout le monde ! On nous rabâche partout qu’avant de promettre, il faut « rendre des comptes », eh bien, je les ai rendus les comptes ! J’ai juste été un peu trop précis sur la provenance.

-Le journaliste : Justement, certains éditorialistes écrivent que « les élections se jouent dans les poches des citoyens ». Vous, vous avez décidé d’aller directement vous servir dans des poches… beaucoup plus profondes et nettement plus suspectes ?

-Le candidat : Ecoutez, soyons sérieux deux minutes. Quand tout le monde se mobilise pour « garantir la transparence du scrutin », on ne peut qu’applaudir. Mais la transparence, c’est aussi arrêter de faire semblant. Est-ce ma faute si, par les temps qui courent, le cours de la résine est plus stable et attractif que celui de nos promesses politiques ?

-Le journaliste : Un dernier mot pour les électeurs de Kénitra qui attendent de voir si la loi va s’appliquer avec toute la rigueur promise ?

-Le candidat : Je leur dis de rester calmes. La justice enquête, l’affaire suit son cours. Et si jamais la patrouille me rattrape avant le jour du vote, au moins j’aurai offert à Kénitra la campagne électorale la plus planante de l’année 2026. A défaut d’être propre, elle aura eu le mérite de ne pas manquer d’audace !

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