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Hafid El Jaï Publié le 01/06/26 à 10:49
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L’aigle et le miroir

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Le numéro 1 du PJD ne sera pas candidat dans son fief historique de Salé-Médina le 23 septembre. L’âge, la fatigue, la volonté de passer la main ? Peut-être bien. On peut aussi lire autre chose dans ce retrait décidé par le secrétariat général du parti qui a choisi le secrétaire provincial du parti comme tête de liste dans cette circonscription. L’échec cuisant du parti de la lampe en 2021 a laissé des cicatrices que cinq années d’opposition n’ont pas effacées.

Le parti cherche encore son centre de gravité, entre une base militante qui lui reste fidèle et un électorat qui a glissé ailleurs… Une présence sans exposition du numéro 1 du parti assure plus de sérénité pour la réussite de la campagne électorale. On préfère avoir une autorité sans mandat, une main sur l’épaule du parti sans avoir à porter le résultat des urnes. Stratégie ou lucidité ? Les deux, probablement. Mais enfin.

Le vrai duel du 23 septembre se joue entre le PJD et le RNI. Ce dernier veut confirmer ce qu’il a construit depuis 2021. Pour ce faire, le chef du gouvernement a produit une vidéo. Il y défend son bilan. Avec des chiffres, des projets lancés, des routes ouvertes, des branchements électriques, des taux de croissance, etc. On croyait l’ancien patron des indépendants en retrait de la scène politique. Mais le voilà qu’il s’adresse aux citoyens pour les assommer avec des chiffres qui ne signifient pas grand-chose pour eux, qui plus est juste avant la célébration de l’Aïd El Kébir, qualifié à juste titre de fête la plus chère de l’histoire.

Le problème n’est pas dans ce qui est dit dans cette vidéo. Le problème est dans ce que les Marocains dissèquent quand ils rentrent chez eux le soir. Le coût de la vie, la facture d’électricité, le prix du mouton… Ces réalités-là ne rentrent pas dans une vidéo de campagne, mais elles rentrent dans les esprits au moment du vote.

Le chef de l’exécutif en fin de mandat a gouverné dans une séquence difficile (post-Covid, sécheresse, séisme, inflation mondiale). Il se justifie comme il peut. Mais la politique a cette cruauté : elle juge les résultats, pas les circonstances. Une vidéo ne clôt pas un débat. Elle l’ouvre. Et sachez-le, les urnes ont une mémoire plus longue que les plateformes.

A l’heure actuelle, deux personnages du paysage politique marocain font jaser. L’un se retire de la course électorale mais plane encore au-dessus du jeu tel un aigle à l’affût. Le second braque la caméra sur un miroir qui ne montre que ce qu’on veut bien y refléter.

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