Chronique CADENCE
Sabrina El Faiz Publié le 14/08/26 à 10:54
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A côté de la bouteille

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Il paraît qu’il ne faut surtout pas regarder l’éclipse sans lunettes. Certains, visiblement, ont trouvé une autre technique, comme mettre des lunettes de soleil, monter dans une très belle voiture, allumer la climatisation… et continuer à regarder le Maroc depuis très loin.

La vidéo d’un présentateur connu, (nul besoin de le nommer, on n’en a pas des 1.000 et des 100), sur les bouteilles d’eau à 20 dirhams aurait pu faire l’unanimité. Qui aime payer 20 dirhams une petite bouteille d’eau ? Personne. Même celui qui a les moyens de la payer sans regarder son compte bancaire.

Le problème, c’est que cette critique, aussi vraie soit-elle, ne passe pas dans la bouche de n’importe qui. Les Marocains n’ont pas apprécié ! Parce qu’il y a quelque chose d’assez savoureux dans le fait de s’arrêter devant un café, dans une voiture qui vaut probablement quelques centaines de milliers de dirhams, lunettes noires sur le nez, climatisation à fond, pour expliquer au Marocain moyen que, voyez-vous, une bouteille d’eau devrait coûter 4 dirhams. Ah bin non Monsieur, pas 4 dirhams.

On peut trouver 20 dirhams excessifs. On peut même dire que certains cafés abusent, mais enfin, on n’est pas chez l’épicier. On est dans un café, sur un grand boulevard de Marrakech. Il y a un loyer, des serveurs, des tables, de la climatisation, du personnel, des charges, un emplacement… Et oui, le prix d’un produit vendu dans un établissement de restauration n’est pas celui affiché dans une supérette.

Quant aux fameux 4 dirhams, présentés comme le prix naturel de la bouteille, bin non, la petite bouteille ne se vend pas à ce prix-là ! Il faut peut-être se mettre au diapason de la réalité marocaine avant de parler. Bref, même la bouteille censée servir de référence est venue compliquer toute l’affaire !

Prenons le côté amusant de l’histoire, cette manie qu’ont certaines célébrités de se découvrir soudain une âme de consommateur lambda. On ne parle pas ici d’un père de famille qui compte ses pièces avant de commander cinq bouteilles pour ses enfants. On parle d’un homme qui a réussi, qui gagne très bien sa vie, qui roule dans une belle voiture et qui vient nous expliquer, le plus sérieusement du monde, ce que devrait être le prix « normal » d’une bouteille.

C’est comme si Trump nous apprenait à monter une entreprise avec un tout petit million d’investissement de base !

Et attention, être bien loti n’interdit absolument pas de trouver un prix abusif. Heureusement, ce serait ridicule. Mais lorsqu’on veut dénoncer le coût de la vie au nom des autres, il faut peut-être se souvenir qu’on ne vit pas tout à fait avec les mêmes contraintes qu’eux.

Les Marocains n’ont pas attendu cette vidéo pour découvrir que Marrakech peut coûter cher. Ils le savent.
Et puis avant de parler du prix de l’eau dans certains établissements privés, il y a tant à dire sur le prix du reste… Encore faut-il faire les courses pour le savoir…

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