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Hafid El Jaï Publié le 28/09/26 à 10:58
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Le choix du chef

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L’encre indélébile, mauve au début puis devenue marron quelques heures après le vote de mercredi, commence déjà à s’effacer des ongles des quelque six millions de Marocains (sur 15,8 millions d’inscrits) qui se sont déplacés aux urnes, avec une prédominance des électeurs du monde rural. Les votants ont sanctionné le RNI, propulsé le PAM en tête, et permis au PJD comme à l’Alliance de la gauche de quadrupler purement et simplement leur nombre de sièges. Le classement des partis selon les voix obtenues donne à réfléchir : 2.109.152 voix pour le PAM, 1.505.616 voix pour le PI, 1.426.346 voix pour le PJD et 1.359.098 voix pour le RNI. Le quotient électoral calculé sur la base des inscrits et non des votants a produit cette anomalie arithmétique. Le parti de la colombe, 4e en nombre de voix est classé 2e en nombre de sièges. Il a raflé 12 sièges de plus par rapport au parti de la lampe, 3e en nombre de voix.

Mais au-delà des scores, les législatives de 2026 ne se laissent pas résumer à un simple classement des partis. L’abstention, la défiance, la colère et le vote-sanction pèsent lourd dans le résultat. Le score du PAM ou celui du PJD ne signifient pas automatiquement une adhésion enthousiaste à leurs bilans ou à leurs programmes. A force de slogans, de com’ bien huilée et de réseaux sociaux, le débat de fond a parfois eu du mal à exister. L’Alliance de la gauche tout comme le PJD, ont pris position sur certains sujets, ce qui a séduit une partie de l’électorat. Et puis il y a les irrégularités ayant entaché le processus électoral dans deux bureaux de vote dans la circonscription de Tanger-Assilah. Une enquête est en cours pour déterminer si les irrégularités commises ont été de nature à altérer la sincérité du scrutin.

Tout le monde attend maintenant la nomination par le Roi du prochain chef de l’exécutif appartenant au PAM. Homme ou femme, cette personnalité va devoir tenir compte de plusieurs réalités pour bâtir sa coalition. D’abord, la majorité sortante a perdu 42 sièges. Ce n’est pas un détail. Les Marocains ont clairement demandé du changement. Ensuite, les tensions très visibles qui ont marqué la dernière année de la mandature précédente obligent à réfléchir à deux fois avant de reconstruire les alliances. Enfin, une opposition musclée se profile déjà : le PJD et l’Alliance de la gauche ont d’ores et déjà fermé la porte à toute participation au gouvernement. Ils n’ont clairement pas l’intention de faire de la figuration au sein de la nouvelle chambre.

Gouverner, c’est se rectifier. Une vieille pensée chinoise dont le ou la chef de gouvernement ferait bien de s’inspirer. Il faudra d’abord rééquilibrer le gouvernement en y intégrant des formations qui ont une vraie légitimité historique (PI, PPS, MP, USFP). Il faudra aussi éviter les cafouillages de la précédente équipe, où trop de ministres manquaient clairement de savoir-faire. Un mélange de poids lourds politiques, de rajeunissement et de féminisation serait clairement un plus. Une architecture solide rassurerait beaucoup de monde.

Reconduire purement et simplement le même trio de la majorité sortante serait une erreur politique grave. Mathématiquement, c’est la solution la plus simple : 228 sièges, on gouverne tranquillement. Mais politiquement, ce serait dire aux électeurs que leur vote n’a servi à rien. On reprend les mêmes et on recommence, juste en redistribuant les postes. Le 23 septembre, le RNI a perdu un tiers de ses sièges. Logiquement, lui qui était aux commandes de la majorité sortante ne devrait pas faire partie du nouvel exécutif. Sinon, le camp des abstentionnistes risque de grossir encore, et la claque de l’abstention au prochain scrutin pourrait être encore plus sévère.

Une autre piste circule : un attelage plus large réunissant PAM, PI, MP, UC et MDS. Total : 216 élus. La marge est plus fine, mais l’ensemble tiendrait peut-être mieux sur le plan du positionnement (centre/droite). A suivre…

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2 commentaires

  1. Jeter de l’eau sur du sable en plein canicule.
    Trop de bla bla ,de calculs et trop d’encre et de paperasses gaspillés pour rien .
    Sur les millions d’inscrits la majorité ne le savent pas et a part la fête،la bouffe ils ignorent à quoi ça sert les élections ,le gouvernement ou le parlement.
    Malheureusement une grande partie de la population vit encore dans l’antiquité et les fraquchias les manipulent à leur guise.
    Logiquement à la suite des scandales soulevés dans certains bureaux de votes et les magouilles de certains responsables ces votes devraient être revus et même annulés
    Eh non notre ministère de l’intérieur a fait la sourde oreille et validé les chiffres comme si de rien n’était.
    Et rebelote avec les mêmes têtes dans des fonctions différentes.
    2021/2026 va passer dans les oubliettes avec toutes les misères vécues et on va tout passer dans le lave linge.
    Objectif : la coupe du monde 2030
    En attendant la nomination du nouveau chef de gouvernement

  2. ‘’Porte fermée à toute participation au gouvernement’’ :
    Je le savais car au temps d’Abdallah ibn al-mouqaffaε, quand les animaux parlaient et apprenaient à la junte humaine la sagesse et les règles de bienséance, les chacals avaient du mal à atteindre les grappes de raisin d’automne. Les plus basses ont été déjà cueillies par les primates à stature droite et au QI douteux. Après de multiples tentatives infructueuses pour attraper le fruit très sucré de fin de saison, les chacals se résignaient et hurlaient à l’unisson : ces raisins ne sont pas mûrs ; ils sont aigres et immangeables !

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