El Otmani contre la dépénalisation de l’avortement

Avatar de Nora Jaafar

Temps de lecture :

Saad Dine El Otmani

A
A
A
A
A

Le chef du gouvernement marocain Saad Dine El Otmani a critiqué les organisations qui militent pour la dépénalisation de l’avortement et d’autres libertés individuelles que la loi islamique considère « haram » ou interdits. Lors d’une réunion à Marrakech le samedi 16 novembre, il a déclaré que l’augmentation de la participation des femmes à la vie politique ne se traduira pas nécessairement « par l’abandon des préceptes religieux, la banalisation du « halal » et l’autorisation du « haram » ».

La réunion du samedi dernier a lancé le plan « Tamkin » de l’organisation des femmes du Parti de la justice et du développement (PJD). Ce programme vise une meilleure représentation des femmes au sein du parti. El Otmania profité de cette occasion pour s’adresser aux organisations qui réclament que les rapports sexuels consensuels entre adultes et l’avortement — actes criminels en vertu du Code pénal marocain — deviennent légaux. « S’écarter des préceptes religieux est une ligne rouge », affirme le chef du gouvernement.

Dans une interview accordée cet été à Jeune Afrique, El Otmania expliqué que « le PJD n’est pas un parti islamiste, mais un parti à référentiel islamique ». Puis ce samedi, il a souligné que les principes islamiques guident le gouvernement marocain. Selon lui, il existe toutefois une marge pour comprendre ou interpréter les principes dans un cadre plus moderne et plus novateur. « Nous comprenons le référentiel islamique selon une approche qui concilie religion, modernité et démocratie », a déclaré El Otmanià Jeune Afrique. Et d’ajouter : « La société marocaine traverse actuellement une phase difficile de transition entre tradition et modernité…… Le problème, c’est que les valeurs traditionnelles s’effritent».

Appelle à la décriminalisation

Les propos d’El Otmanià Marrakech font suite à plusieurs manifestations appelant à la dépénalisation des rapports sexuels consensuels entre adultes ainsi qu’à l’avortement. Les protestations ont commencé lors du procès très médiatisé de la journaliste Hajar Raissouni, qui a été condamnée à une peine de prison pour avoir présumément subi un avortement. La police avait arrêté Raissouni, son fiancé et son médecin alors qu’elle quittait une clinique de gynécologie. Les procureurs ont accusé le couple d’avoir eu des relations sexuelles hors mariage et d’avoir procédé à un avortement. Quelques semaines après sa condamnation, le roi a gracié la journaliste, son fiancé et l’ensemble de l’équipe médicale impliqué dans cette affaire.

Pour rappel, en 2018, la police marocaine a arrêté 14 503 personnes pour avoir eu des rapports sexuels hors mariage. Elle a également interpelé 3 048 personnes pour adultère, mais n’a arrêté que 73 accusés qui ont subi ou pratiqué un avortement.

Pour El Otmani, la solution aux questions de moralité et de criminalité consiste à renforcer « les valeurs nécessaires à une transition réussie vers la modernité dans le respect des traditions et cultures » marocaines.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Aïd al-Adha en France : le fêter entre deux agendas

Société - Chaque année, quand le croissant de lune annonce Aïd al-Adha, des milliers de familles installées en France vivent la fête en deux temps : celui du calendrier, et celui du souvenir.

Wissal Bendardka - 16 mai 2026
70 ans de la DGSN : nouvelles infrastructures sécuritaires à Tinghir et Casablanca

Société - La DGSN inaugure de nouvelles structures sécuritaires à Tinghir et Casablanca pour renforcer la proximité et la rapidité d’intervention policière.

Rédaction LeBrief - 16 mai 2026
Deux extrémistes liés à Daech arrêtés au Maroc

Société - Deux jeunes individus soupçonnés de liens avec une organisation terroriste ont été arrêtés lors d’une opération sécuritaire coordonnée. Ils projetaient des actions violentes visant des cibles sensibles et l’ordre public.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Aïd Al-Adha : à Casablanca, le mouton reste hors de portée pour de nombreuses familles

Société - Les prix des moutons de l’Aïd suscitent l’inquiétude des consommateurs, qui dénoncent des tarifs jugés excessifs.

El Mehdi El Azhary - 15 mai 2026
UM6SS : un congrès pour repenser les soins infirmiers en Afrique

Société - L’UM6SS organise à Casablanca, du 14 au 16 mai 2026, la 2e édition du CASIPS sur les pratiques avancées en sciences infirmières en Afrique.

El Mehdi El Azhary - 15 mai 2026
Réfugiés et migrants : le HCR pointe les failles du système d’accompagnement au Maroc

Société - Un rapport du HCR souligne d’importantes inégalités d’accès aux aides pour les migrants.

El Mehdi El Azhary - 15 mai 2026
Voir plus
Aïd Al-Fitr 1447 pourrait tomber le samedi 21 mars

Société - Selon les calculs astronomiques, Aïd al-Fitr 2026 pourrait tomber le samedi 21 mars au Maroc. La visibilité du croissant lunaire est prévue vendredi soir, mais la date officielle sera confirmée par le ministère des Habous.

Ilyasse Rhamir - 9 mars 2026
Ramadan : horaires spéciaux du tramway de Casablanca

Société - Le réseau CASA Tramway adopte des horaires spéciaux durant le mois de Ramadan.

Mouna Aghlal - 17 février 2026
Ramadan 2026 : la Zakat Al Fitr fixée à 25 dirhams

Société - Le Conseil supérieur des oulémas annonce la valeur de la Zakat Al Fitr pour 2026 à 25 dirhams pour l'année 1447 de l'Hégire.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
8 mars : 8 Marocaines qui bousculent les lignes

Société-A l’occasion du 8 mars, LeBrief rend hommage à 8 femmes que nous avons rencontrées et interviewées ces derniers mois.

Sabrina El Faiz - 8 mars 2026
Manifestations de la « GenZ 212 » : 60 personnalités marocaines exhortent le Roi à engager des réformes profondes

Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.

Hajar Toufik - 8 octobre 2025
Travaux : les Casablancais n’en peuvent plus !

Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.

Sabrina El Faiz - 12 avril 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire