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Libertés individuelles: Les «hors-la-loi» rassemblent 12000 signatures

Le manifeste lancé par la cinéaste Sonia Terrab et l’écrivaine maroco-française Leila Slimani, s’est transformé en un mouvement dénonçant les lois « liberticides » du royaume. Les fondatrices ont rassemblé à ce jour 12 000 signatures et visent atteindre les 25 000 nécessaires pour déposer une motion auprès du gouvernement.

Par Nora Jaafar, Publié le 16/10/2019 à 16:33, mis à jour le 30/12/2019 à 20:25
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Suite à l’arrestation de Hajar Raissouni, Sonia Terrab et Leila Slimani ont co-rédigés un manifeste pour condamner la législature qui a traduit la jeune journaliste, son fiancé et son médecin (et son équipe) devant la justice. Ces derniers ont été accusés d’avortement illégal, tandis que Raissouni et son fiancé ont été poursuivis en plus pour relation sexuelle hors mariage.

 

Le collectif des « hors-la-loi » a pris sur lui la responsabilité de lancer un débat avec les députés, la société civile, des artistes et intellectuels… « pour sortir du virtuel, passer dans le réel et rentrer dans le foyer des gens, des gens du monde rural, des gens qui n’ont pas accès à nos réseaux. C’est comme ça qu’on va transformer le débat », explique Terrab lors d’une rencontre qui a eu lieu le lundi 14 octobre au siège de la Fédération de la gauche démocratique.

 

En outre le mouvement réclame également la suspension de l’application des lois considérées liberticides, notamment l’article 490 du Code pénal qui criminalise les relations sexuelles hors mariage. Mais aussi la suspension des poursuites actuelles en vertu de ces lois, rapporte l’Économiste dans son édition du 16 octobre. « Il y a un large chantier de réformes judiciaires, dont la réforme du Code pénal, dans lequel nous amenons notre grain à moudre pour dire la dépénalisation du lien social qui n’a rien à faire dans les bureaux du procureur et du juge d’instruction », selon Omar Benjelloun, militant et avocat des droits de l’homme et membre du collectif.

 

Aujourd’hui, l’objectif des « hors-la-loi » est de convaincre le parlement d’ouvrir le débat sur les libertés individuelles, notamment les relations sexuelles hors mariage et l’avortement. Pour ce faire, le collectif a besoin de rassembler 25 000 signatures pour déposer une motion auprès des législateurs. « Notre collectif est en train de se transformer en mouvement, un mouvement de la jeunesse, un mouvement citoyen porté par des voix féminines et masculines, celles qui feront le Maroc de demain... Ce que nous avons voulu montrer, c’est qu’il y a d’autres moyens de se mobiliser. Les sit-in ne marchent pas et ça n’a jamais marché. Si nous sortons dans la rue et que nous ne sommes que 100 ou 200 personnes, ça n’en vaut pas la peine. S’il n’y a pas des milliers de personnes dans la rue, je préfère continuer de mobiliser sur les réseaux sociaux », affirme Sonia Terrab.

 

Par ailleurs, Mohamed Abdelwahab Rafiki, alias Abou Hafss, chercheur en études islamiques, indique que les institutions religieuses doivent participer au débat. « Il y a des solutions dans la religion pour faire une réconciliation entre la vie moderne et les textes religieux », a-t-il déclaré. Et il a ajouté : « je dis que l’État n’a pas le droit d’intervenir dans les choix des individus adultes et consentants. L’État n’a pas le droit de dire ça c’est halal et ça c’est Haram. Parce que l’État n’est pas Dieu. Ni l’état, ni la société, ni l’autre n’a le droit d’intervenir dans les choix des personnes, soit homosexuelles, soit ceux qui pratiquent les relations sexuelles hors mariage. L’individu a le choix de décider de ce qu’il veut faire ou pas. Mais l’État n’a pas le droit de suivre les gens. Ça ne la regarde pas », a-t-il souligné à nos confrères de Hespress FR. Pour éviter tout amalgame, Abou Hafs a également expliqué au média francophone qu’il ne défend « ni les relations sexuelles hors mariage ni l’homosexualité, ou autre ».

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