Taxes douanières : le Maroc peut-il se positionner ?

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Tensions commerciales Chine-USA : escalade tarifaire et rebond inattendu des marchésLe président Donald Trump présente les nouveaux tarifs douaniers appliqués par les États-Unis à différents pays du monde entier, le 2 avril 2025 à la Maison Blanche © Mark Schiefelbein, AP

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L’annonce de Donald Trump, une semaine plus tôt, d’instaurer de nouvelles taxes douanières sur une large gamme de produits importés, continue de faire réagir. Au Maroc, plusieurs économistes se demandent si ce revirement protectionniste américain constitue un risque ou une opportunité pour l’économie nationale.

USA : 10%, good or bad pour le Maroc ?

Mohamed Jadri, directeur de l’Observatoire de l’action gouvernementale, cité par RFI, voit dans cette décision une occasion à saisir. Il estime que le Maroc pourrait en sortir gagnant, en particulier face à la concurrence asiatique. En effet, avec une taxe plancher de 10%, le Royaume reste relativement épargné comparé à d’autres zones. «  Le Maroc va sortir gagnant de ces dernières décisions prises par le président Donald Trump », affirme-t-il. Il souligne également que les relations commerciales avec les États-Unis restent modestes — environ 7 milliards de dollars d’échanges en 2024 — et que l’accord de libre-échange signé en 2006 n’a jamais permis un véritable essor des exportations marocaines.

Pour lui, cette nouvelle configuration pourrait rendre les produits marocains, notamment dans le textile, plus attractifs que ceux en provenance d’Asie, devenus plus coûteux à l’import. De plus, les investisseurs étrangers pourraient être incités à installer des unités de production au Maroc afin de contourner les droits de douane américains tout en profitant d’une main-d’œuvre compétitive.

Mais cet optimisme n’est pas partagé par tous. Zaher Badr Alazrak, professeur d’économie à l’université Hassan II, alerte sur une autre lecture possible de la situation. Selon lui, la dépendance du Maroc à l’égard de l’Union européenne — son principal partenaire commercial — pourrait s’avérer problématique. Si l’UE subit les répercussions de cette nouvelle guerre commerciale, le Maroc pourrait en être indirectement victime. Une baisse de la demande européenne entraînerait une pression inflationniste au Maroc et une érosion de sa valeur ajoutée.

Il s’inquiète également pour les secteurs phares du pays comme l’automobile et l’aéronautique. Les nouvelles taxes américaines sur les véhicules produits hors États-Unis (désormais de 25%) pourraient bouleverser les chaînes de production et pousser certaines entreprises à délocaliser vers d’autres zones plus avantageuses vis-à-vis de Washington.

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