Africa economic symposium : Rabat accueille le débat sur les trajectoires économiques africaines
Karim El Aynaoui, président exécutif du PCNS, lors de la séance inaugurale de l'Africa economic symposium, le 13 juillet 2026 à Rabat © DR
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Réunissant économistes, décideurs publics et chercheurs venus d’une quarantaine de pays, la quatrième édition de l’Africa economic symposium (AES), organisée par le Policy center for the new south (PCNS) à Rabat, place au centre des débats la capacité du continent à transformer les grandes mutations en cours (climatique, numérique, énergétique et sociale) en véritables leviers de développement. Sous le thème « Transformer les transitions en croissance », l’Africa economic symposium, qui se tient les 13 et 14 juillet à Rabat, ambitionne d’identifier les politiques publiques et les mécanismes de financement capables d’accompagner une nouvelle trajectoire économique africaine.
Plus de 200 participants prennent part à ce rendez-vous consacré aux défis macroéconomiques et structurels auxquels l’Afrique est confrontée dans un environnement international marqué par les incertitudes géopolitiques, les tensions inflationnistes et la réduction des marges budgétaires des États.
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La recherche scientifique comme outil face aux défis communs
Lors de la séance inaugurale de l’Africa economic symposium, le président exécutif du PCNS, Karim El Aynaoui, a dressé un constat prudent sur la conjoncture actuelle. « L’année en cours s’annonce particulièrement difficile pour de nombreuses économies africaines », a-t-il souligné, évoquant notamment « le rétrécissement des marges de manœuvre budgétaires », les contraintes pesant sur les politiques monétaires ainsi que la nécessité de préserver la crédibilité des politiques économiques.
Selon lui, les gouvernements africains doivent désormais répondre à des attentes croissantes de leurs populations en matière de croissance, mais également de qualité des services publics, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Cette pression intervient dans un contexte international caractérisé par une fragmentation accrue et une multiplication des risques externes.
Face à ces défis, Karim El Aynaoui a insisté sur l’importance d’une approche fondée sur les données et la recherche scientifique pour orienter les choix publics. « L’attachement du PCNS repose sur une approche fondée sur les faits, les données et la recherche scientifique », a-t-il indiqué, rappelant le rôle des think-tanks dans l’accompagnement des décideurs.
Il a également mis en avant les initiatives de coopération destinées à renforcer les capacités africaines en matière d’élaboration des politiques publiques, citant notamment le projet African Think Tanks Platform (ATTP), soutenu par l’Union africaine et la Banque mondiale, qui rassemble plusieurs institutions africaines de recherche.
La ZLECAf au cœur de la transformation économique
Au-delà des enjeux macroéconomiques, l’intégration régionale s’est imposée comme un thème central des discussions lors de l’Africa economic symposium. Pour Wamkele Mene, secrétaire général du secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’unification progressive du marché africain constitue une condition majeure pour améliorer la compétitivité du continent.
« L’intégration du marché africain constitue un levier essentiel pour renforcer la compétitivité du continent », a-t-il affirmé, estimant que l’Afrique dispose désormais d’outils permettant d’accélérer sa transformation économique.
Selon lui, la réduction des barrières commerciales et l’amélioration des conditions d’investissement sont indispensables pour bâtir un espace économique continental plus intégré. Toutefois, plusieurs obstacles continuent de limiter cette ambition, notamment la fragmentation des chaînes de valeur, des politiques industrielles et des systèmes financiers.
Wamkele Mene a notamment relevé que l’Afrique compte 42 monnaies différentes, une situation qui engendrerait un coût annuel estimé à près de cinq milliards de dollars lié à la convertibilité des devises. Pour le responsable africain, les réformes macroéconomiques restent nécessaires, mais elles doivent être accompagnées par une transformation productive plus profonde.
« Les réformes macroéconomiques ne peuvent, à elles seules, assurer la transformation structurelle du continent », a-t-il expliqué, appelant à renforcer les capacités industrielles, améliorer la productivité et diversifier les marchés d’exportation.
Il a également cité plusieurs avancées dans la mise en œuvre de la ZLECAf, notamment le Système panafricain de paiement et de règlement en monnaies locales, ainsi que le Fonds d’ajustement de la ZLECAf, doté de plus d’un milliard de dollars grâce au soutien de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank).
Selon les projections du secrétariat de la ZLECAf, les échanges commerciaux intra-africains auraient atteint près de 220 milliards de dollars en 2024, enregistrant une progression de 12,4% sur un an.
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Infrastructures, confiance et innovation : les priorités africaines
Intervenant également lors de l’Africa economic symposium, le ministre marocain de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a insisté sur la nécessité de renforcer la confiance dans les capacités propres du continent.
« La confiance dans les capacités propres de l’Afrique, l’investissement dans les infrastructures et la continuité des politiques publiques constituent des conditions essentielles pour transformer le potentiel du continent en opportunités concrètes de développement », a-t-il déclaré.
Le ministre a rappelé que l’Afrique dispose d’importants atouts, notamment une population jeune, des ressources naturelles abondantes et un capital humain en développement. Mais il a également souligné plusieurs contraintes persistantes, parmi lesquelles l’accès limité à l’électricité, les défis éducatifs et les enjeux de stabilité.
S’appuyant sur l’expérience marocaine, Ryad Mezzour a expliqué que le Royaume avait fait le choix de l’ouverture économique et de la concurrence internationale, malgré les ajustements nécessaires qu’une telle orientation implique.
Il a également insisté sur le rôle déterminant des infrastructures publiques dans la construction d’un appareil productif compétitif. Les investissements réalisés dans les ports, les autoroutes et les plateformes logistiques ont notamment contribué, selon lui, à l’émergence de secteurs industriels performants, à l’image de l’automobile devenue le premier secteur exportateur du Maroc.
La transition numérique a également occupé une place importante dans les débats. Pour Ryad Mezzour, l’intelligence artificielle représente une opportunité majeure pour démocratiser l’accès au savoir et aux capacités technologiques. « L’intelligence artificielle offre aux petites entreprises et aux individus la possibilité d’accéder à des connaissances et à des capacités comparables à celles de grandes structures », a-t-il estimé.
Il a toutefois appelé à accompagner cette évolution par la formation et par le développement de solutions technologiques adaptées aux besoins des sociétés africaines.
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