Les futurs dentistes sont en grève
Dentiste (illustration) © DR
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Les étudiants en médecine dentaire de Casablanca ne relâchent pas leur pression. Trois semaines après le début de leur mouvement de grève, qui a paralysé les stages hospitaliers, ils ont décidé de maintenir leur mobilisation jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. En cause, des conditions de formation inadaptées, un matériel médical obsolète et une gestion administrative qui peine à répondre aux besoins urgents des étudiants et des patients.
Un matériel médical insuffisant
La situation au centre de soins dentaires de la Faculté de médecine dentaire de Casablanca ne fait que se détériorer, menaçant sérieusement la qualité de l’enseignement et des soins. Les étudiants dénoncent l’état des fauteuils dentaires, qui n’ont pas été renouvelés depuis l’ouverture du centre. Pourtant, plusieurs promesses ont été faites par l’administration du Centre hospitalier universitaire (CHU) Ibn Rochd de Casablanca, mais ces engagements n’ont jamais été suivis d’effets.
« Les fauteuils de soins dentaires sont vétustes et parfois hors d’usage. Cela nuit non seulement à la qualité de notre formation, mais également à celle des soins que nous pouvons dispenser aux patients. Les justifications administratives avancées sont insuffisantes et ne peuvent masquer l’inaction persistante », explique un représentant des étudiants. Malgré des réunions avec l’administration, aucune solution concrète n’a été apportée, et la frustration grandit parmi les futurs dentistes.
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Les étudiants ne se contentent pas de dénoncer le manque de renouvellement des équipements, mais pointent aussi du doigt un autre problème majeur : la pénurie de matériaux essentiels pour leur formation. Qu’il s’agisse de consommables dentaires ou d’outils spécialisés, ces matériaux sont souvent en rupture de stock ou périmés. Une situation qui compromet sérieusement leur apprentissage et qui met également en péril la prise en charge des patients, qui doivent se contenter de soins de moindre qualité.
Des coûts élevés à la charge des étudiants
Une autre source de mécontentement est la charge financière que les étudiants doivent supporter pour s’approvisionner en matériel médical. Alors qu’ils sont censés être formés dans un cadre universitaire et hospitalier bien équipé, les étudiants en médecine dentaire sont contraints d’acheter eux-mêmes une partie du matériel nécessaire à leurs stages et aux soins qu’ils prodiguent. Pour beaucoup d’entre eux, ces dépenses représentent un fardeau supplémentaire, dans un contexte où les coûts liés à leurs études sont déjà élevés.
« La formation en médecine dentaire coûte cher. Nous devrions bénéficier d’un soutien institutionnel pour couvrir les dépenses liées à notre apprentissage. Il n’est pas normal que nous soyons obligés de financer nos propres outils, en plus des frais de scolarité et des autres coûts liés à notre formation », souligne un autre étudiant.
Cette situation est d’autant plus problématique que de nombreux étudiants se retrouvent dans une impasse financière, certains devant jongler avec des prêts ou des petits boulots pour couvrir les frais liés à leur formation. « Nous avons l’impression d’être abandonnés par l’administration, qui semble plus préoccupée par des obstacles administratifs que par notre bien-être et celui des patients », déplorent-ils.
Quelles sont leurs revendications ?
Face à cette impasse, les étudiants ne comptent pas relâcher leur pression. Leur revendication principale demeure le renouvellement des fauteuils de soins dentaires. Ils exigent également un approvisionnement régulier en matériel médical et une amélioration générale des conditions de formation.
Plus précisément, ils demandent la modernisation des infrastructures, notamment au sein du service des urgences et de l’unité pluridisciplinaire. Ils appellent enfin à une révision du cadre administratif, afin que les engagements pris par l’administration soient effectivement honorés dans des délais raisonnables.
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Les étudiants en médecine dentaire de Casablanca ne sont pas les seuls à dénoncer les conditions de leur formation. Ce mouvement s’inscrit dans un contexte plus large de protestation au sein des facultés de médecine et de pharmacie du Royaume, où les étudiants dénoncent un manque de moyens et une gestion administrative défaillante. D’ailleurs, cette mobilisation des étudiants en médecine dentaire de Casablanca s’ajoute à celle des étudiants en médecine et en pharmacie, qui ont déjà exprimé leur mécontentement face à la situation du secteur de la santé au Maroc.
« Nous vivons la même situation que nos camarades en médecine et en pharmacie. Ce sont des années précieuses de formation qui sont perdues à cause de l’inefficacité de l’administration. Les autorités doivent prendre leurs responsabilités et nous fournir les conditions de formation adéquates. Nous ne demandons pas l’impossible, mais des mesures concrètes pour améliorer la situation », conclut un porte-parole des étudiants.
La mobilisation des étudiants en médecine dentaire de Casablanca semble donc loin de faiblir. Ils continuent de faire entendre leur voix, déterminés à obtenir un retour positif.
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