Législatives 2026 : les scénarios mathématiques pour atteindre 198 sièges
Législatives 2026 au Maroc © LeBrief
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À quelques jours du scrutin législatif du 23 septembre, une donnée domine les équations de l’après-élection : 198 sièges. La Chambre des représentants compte 395 membres, et la Constitution prévoit que le gouvernement doit obtenir la confiance de cette chambre à la majorité absolue des membres la composant.
Cette donnée permet de poser une équation simple : pour franchir le seuil de la majorité absolue, il faut réunir au moins 198 députés. Le résultat peut provenir d’une seule formation ou, plus vraisemblablement dans une chambre composée de plusieurs forces politiques, d’une addition de groupes parlementaires.
Lire aussi : Législatives 2026 : quelles circonscriptions à enjeu ?
L’objectif ici n’est pas de pronostiquer le nombre de sièges que pourrait obtenir tel ou tel parti. Il s’agit uniquement d’examiner les configurations mathématiques possibles à partir du seuil de 198 sièges.
Le système électoral marocain repose sur la représentation proportionnelle suivant la règle du plus fort reste. Les 395 membres de la Chambre sont élus au suffrage universel direct au scrutin de liste. Pour les élections de 2026, 395 sièges sont en jeu et 28 partis politiques sont officiellement recensés sur le portail national consacré au scrutin.
Une équation centrale : 198 sur 395
Le calcul de départ est immuable : 395 ÷ 2 = 197,5. La majorité absolue nécessite donc le nombre entier immédiatement supérieur, soit 198 sièges.
Un bloc disposant de 197 sièges reste sous le seuil. À 198, il l’atteint exactement. À 199, il dispose d’un siège supplémentaire. La différence entre ces situations est donc strictement arithmétique.
La marge au-dessus de 198 constitue également un indicateur intéressant. Une coalition de 198 sièges ne dispose d’aucune réserve numérique. Une coalition de 205 sièges possède une marge de sept sièges. Une coalition de 210 sièges dispose de 12 sièges. Ces écarts ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer la stabilité politique d’un gouvernement, mais ils donnent une indication de sa marge arithmétique.
Il faut également distinguer majorité absolue et majorité relative. Le seuil de 198 concerne précisément la majorité absolue exigée pour l’investiture du gouvernement. L’article 88 de la Constitution dispose que le programme gouvernemental est soumis à un vote à la Chambre des représentants et que le gouvernement est investi après avoir obtenu la confiance à la majorité absolue des membres composant cette chambre.
Scénario à deux formations : une équation 198 = A + B
Première configuration théorique : deux formations réunissent ensemble au moins 198 sièges.
L’équation est simple : A + B ≥ 198
Si les deux partis étaient parfaitement équilibrés, chacun devrait obtenir 99 sièges. Mais l’équilibre n’est pas nécessaire. Une répartition de 120 + 78 = 198 permettrait également d’atteindre le seuil. De même, 130 + 68 = 198 ou 110 + 90 = 200 répondraient à la contrainte arithmétique.
Cette configuration montre une première règle : il n’existe pas de nombre minimal de sièges à atteindre individuellement pour participer à une majorité, dès lors que l’addition atteint 198.
Une formation disposant de 120 sièges pourrait ainsi mathématiquement s’appuyer sur une autre en comptant 78. Une formation de 150 sièges aurait besoin de 48 sièges supplémentaires. À l’inverse, deux formations disposant chacune de 80 sièges n’atteindraient ensemble que 160 sièges et devraient chercher au moins 38 sièges supplémentaires.
Le modèle à deux formations ne constitue donc pas un pronostic, mais une simple famille de combinaisons possibles.
Trois formations : plusieurs répartitions possibles
Avec trois partis, l’équation devient :
A + B + C ≥ 198
Une répartition parfaitement équilibrée donnerait 66 sièges par formation, puisque 198 ÷ 3 = 66.
Mais, là encore, aucune obligation d’équilibre n’existe. Plusieurs combinaisons peuvent franchir le seuil. Par exemple :
100 + 50 + 48 = 198 ;
90 + 60 + 48 = 198 ;
80 + 70 + 50 = 200 ;
105 + 50 + 50 = 205.
La dernière configuration présente une marge de sept sièges par rapport au seuil. Mathématiquement, elle offre donc davantage de réserve qu’une coalition qui atteindrait exactement 198.
Cette distinction est importante : 198 est le seuil, pas une zone de confort arithmétique. Une coalition disposant de 198 sièges atteint la majorité absolue, mais toute diminution de son nombre de sièges disponibles la ferait passer sous le seuil. Avec 205 sièges, sept unités séparent encore le bloc de la majorité absolue.
Dans cette logique, le nombre de partenaires n’est pas le seul paramètre à prendre en compte. La répartition des sièges entre ces partenaires modifie également la marge disponible.
Quatre formations et plus : l’effet de la dilution
Une quatrième configuration repose sur une coalition plus large :
A + B + C + D ≥ 198
La moyenne nécessaire serait alors de 49,5 sièges par formation. Une répartition de 50 + 50 + 49 + 49 donne exactement 198 sièges.
D’autres combinaisons sont possibles comme 55 + 50 + 48 + 45 = 198 ou encore 60 + 55 + 45 + 45 = 205.
Ces exemples montrent que l’élargissement du nombre de partenaires réduit mécaniquement le nombre moyen de sièges que chacun doit apporter. En revanche, le total de 198 reste inchangé.
À cinq formations, la moyenne tombe à 39,6 sièges. Une combinaison telle que 45 + 42 + 40 + 36 + 35 = 198 atteint ainsi exactement la majorité absolue.
À six formations, la moyenne nécessaire n’est plus que de 33 sièges. Une répartition de 40 + 35 + 33 + 32 + 30 + 28 = 198 permettrait, là encore, de franchir le seuil.
Ces calculs ne disent rien de la faisabilité politique de telles coalitions. Ils montrent uniquement que plus le nombre de formations augmente, plus la contribution moyenne nécessaire de chacune diminue.
Le véritable enjeu arithmétique : la marge au-dessus de 198
La comparaison des configurations permet finalement de déplacer le regard : atteindre 198 n’est que la première étape du calcul.
Une coalition de 198 sièges dispose d’une marge de zéro. À 200 sièges, elle possède deux sièges d’avance. À 205, cinq de plus. À 210, 12.
Cette marge ne doit toutefois pas être confondue avec une garantie de stabilité politique. Le fonctionnement réel d’un groupe parlementaire dépend notamment des présences, des votes et des positions adoptées par ses composantes. Le calcul permet seulement de mesurer la distance séparant une configuration donnée du seuil constitutionnel.
Le même raisonnement vaut en cas de retrait d’une composante. Une coalition de quatre partis totalisant exactement 198 sièges perdrait automatiquement sa majorité arithmétique si l’un de ses partenaires apportait moins de sièges que prévu ou cessait de soutenir le bloc. Une coalition de 205 sièges dispose, dans le même exemple, d’une réserve de sept sièges.
L’enjeu est donc moins de savoir combien de partis pourraient théoriquement composer une majorité que de déterminer, une fois les résultats connus, quelle addition de sièges permet effectivement d’atteindre ou de dépasser 198.
À ce stade, aucune répartition issue du scrutin du 23 septembre ne peut être utilisée pour établir une telle combinaison. Le portail officiel des élections indique que l’annonce des résultats provisoires est prévue à partir du 24 septembre, avant la validation des résultats et la formation du nouveau gouvernement.
L’équation des législatives marocaines de 2026 repose donc sur un chiffre fixe : 198 sièges sur 395. Deux formations peuvent l’atteindre par addition, trois peuvent le faire avec des répartitions très différentes, tandis que quatre, cinq ou davantage de partenaires peuvent également constituer une majorité arithmétique.
Avant le scrutin, ces configurations restent des scénarios mathématiques et non des pronostics électoraux. Après la proclamation des résultats, l’équation deviendra concrète : il suffira alors d’additionner les sièges des différentes formations pour identifier les combinaisons atteignant le seuil de la majorité absolue.
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