Législatives : qui sont les partis en lice en 2026 ?
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À moins d’un mois des élections législatives du 23 septembre 2026, la compétition politique marocaine entre dans sa dernière ligne droite. Les électeurs seront appelés à renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants, dans un scrutin auquel 27 partis politiques ont officiellement été associés par les autorités dans le dispositif de campagne audiovisuelle. Le dépôt des candidatures est ouvert du 31 août au 8 septembre, avant le lancement officiel de la campagne le 10 septembre.
Dans ce paysage, les principaux partis représentés à la Chambre depuis 2021 ont déjà dévoilé une partie de leurs ambitions, de leurs programmes ou de leurs candidats. Le RNI, le PAM et l’Istiqlal, composantes de la majorité gouvernementale sortante, abordent le scrutin avec des stratégies distinctes, tandis que l’USFP, le PPS, le PJD, le MP, l’UC, le MDS et le FFD cherchent à renforcer ou reconquérir leur influence parlementaire. Le PSU et la Fédération de la gauche démocratique ont par ailleurs choisi de présenter des candidatures communes sous la bannière de l’Alliance de la gauche.
Voici, à ce stade, les principales formations dont la participation et la préparation électorale sont documentées. Cette liste a vocation à être complétée au fur et à mesure de la confirmation des autres partis.
Rassemblement national des indépendants (RNI)
Arrivé en tête des législatives de 2021 avec 102 sièges, le Rassemblement national des indépendants aborde le scrutin de 2026 avec l’objectif de conserver la direction du gouvernement. La formation a toutefois changé de président en cours de législature. En février 2026, Mohamed Chouki a succédé à Aziz Akhannouch à la tête du parti. Le changement de leadership n’a pas remis en cause la ligne gouvernementale portée par le parti. Au contraire, le RNI fait campagne en défendant le bilan de la coalition et en mettant en avant ses politiques économiques et sociales.
Son programme 2026-2031 s’articule autour de trois engagements déclinés en douze mesures, avec un accent particulier sur l’emploi, l’éducation, la justice territoriale et la « poursuite » du chantier de l’État social. Le parti a également commencé à dévoiler ses candidats. Le 5 juin, il a présenté une première liste de 89 candidats, dont plusieurs ministres en exercice, en revendiquant un renouvellement de plus de 36% des profils. Cette campagne intervient alors que le RNI reste confronté à l’épreuve de son bilan gouvernemental et à une compétition croissante avec ses deux alliés de majorité, le PAM et l’Istiqlal.
Parti authenticité et modernité (PAM)
Deuxième force parlementaire issue des législatives de 2021 avec 87 sièges, le Parti authenticité et modernité reste l’une des formations centrales de la bataille électorale de 2026. Le parti participe au scrutin dans la continuité de son engagement au sein de la majorité gouvernementale, mais cherche parallèlement à construire une identité électorale distincte de celle du RNI. Depuis 2024, le PAM fonctionne sous une direction collégiale, coordonnée par Fatima Ezzahra El Mansouri, aux côtés de Mehdi Bensaïd et Fatima Saadi. Ce mode de gouvernance reste en vigueur à l’approche du scrutin.
Sur le terrain, le parti a déjà procédé à plusieurs investitures. Dans Casablanca-Settat, ses instances ont notamment validé les têtes de liste des seize circonscriptions locales de la région. Le PAM a également enregistré plusieurs ralliements médiatisés au cours de la précampagne, dont celui de Fouzi Lekjaa, présenté comme un renfort important pour la formation. Sur le plan programmatique, la formation met notamment en avant la réduction des disparités territoriales, le renouvellement politique et la nécessité de renouer avec la jeunesse. Le scrutin de septembre doit ainsi permettre au PAM de mesurer sa capacité à transformer sa deuxième place de 2021 en véritable prétention à la première marche du podium.
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Parti de l’Istiqlal (PI)
Avec 81 sièges obtenus en 2021, l’Istiqlal s’était installé à la troisième place du classement national et avait rejoint, avec le RNI et le PAM, la coalition gouvernementale issue du scrutin. En 2026, le parti de la balance entend cependant aller plus loin et ne cache plus son ambition de peser directement sur la formation du prochain gouvernement. Sous la direction de Nizar Baraka, le parti a présenté un programme électoral pour la période 2026-2031, placé sous le slogan « Watani Moustaqbali » (Ma patrie, mon futur).
Son offre repose notamment sur cinq engagements : la défense du pouvoir d’achat, la protection de la famille et des valeurs nationales, le renforcement des services publics, la lutte contre la corruption et les conflits d’intérêts, ainsi que la consolidation de la souveraineté nationale.
L’Istiqlal veut également faire de sa capacité à gouverner un argument électoral, en rappelant son expérience historique et sa participation au gouvernement sortant. Cette ambition l’installe au cœur d’une compétition particulièrement serrée entre les trois composantes de la majorité. Plusieurs semaines avant le scrutin, les observateurs soulignent déjà que le rapport de force entre RNI, PAM et Istiqlal est plus ouvert qu’anticipé. Le parti aborde donc le scrutin avec une double perspective : défendre son bilan au sein de la majorité et convaincre qu’il peut prétendre à un rôle de premier plan dans le prochain exécutif.
Union socialiste des forces populaires (USFP)
L’Union socialiste des forces populaires a obtenu 34 sièges aux législatives de 2021 et demeure l’une des principales formations de l’opposition. Dirigée par Driss Lachgar, l’USFP tente en 2026 de réaffirmer son identité social-démocrate et sa capacité à proposer une alternative gouvernementale. Le parti a présenté son programme électoral le 27 août à Rabat autour du concept de « développement juste ». Son offre comprend vingt engagements et accorde une place centrale à l’emploi, à la croissance économique, à l’amélioration des conditions de vie, à la justice sociale et à la protection des droits et libertés.
L’USFP affiche notamment l’objectif de créer 500.000 emplois, dont 250.000 dans l’industrie, en s’appuyant sur la dynamique économique associée à la préparation de la Coupe du monde 2030. Le parti cherche également à repositionner son discours autour du rôle de l’État, de la régulation économique et d’une répartition plus équitable des richesses. En février, Driss Lachgar s’était par ailleurs déclaré favorable à une coordination électorale avec d’autres formations de gauche, signe que la question du rassemblement demeure au cœur de sa stratégie. Pour l’USFP, le scrutin constitue ainsi un test double ; préserver son implantation parlementaire tout en tentant de redevenir une force capable de concurrencer les partis de la majorité sur le terrain programmatique.
Mouvement populaire (MP)
Le Mouvement populaire, qui comptait 28 députés après les élections législatives de 2021, figure parmi les formations parlementaires ayant confirmé leur engagement dans le scrutin de septembre. Le parti est dirigé par Mohamed Ouzzine, qui en a fait l’un des axes de sa préparation électorale. En mai 2026, le MP a présenté un document baptisé « contrat social », structuré autour de onze axes et de 33 mesures. Le programme met notamment l’accent sur le pouvoir d’achat, l’emploi des jeunes, la santé, le monde rural et la lutte contre le changement climatique. Cette orientation vise à conforter l’ancrage historique du parti dans les territoires ruraux et à répondre aux préoccupations sociales des catégories qu’il entend représenter.
La formation a également commencé à rendre publiques ses candidatures. En août, elle a présenté ses candidats dans les onze circonscriptions de la région Fès-Meknès, donnant un aperçu de sa stratégie territoriale. Le recrutement de nouvelles figures constitue parallèlement l’un des traits marquants de sa campagne. L’ancien secrétaire général de l’Istiqlal Hamid Chabat et sa famille ont ainsi rejoint le MP à Fès, quelques semaines avant le scrutin. Hors de la majorité gouvernementale actuelle, le MP cherchera donc à préserver sa représentation et à transformer son implantation locale en gains supplémentaires à la Chambre des représentants.
Parti du progrès et du socialisme (PPS)
Le Parti du progrès et du socialisme disposait de 22 sièges au lendemain des législatives de 2021. Désormais dans l’opposition, la formation conduite par Nabil Benabdallah prépare le scrutin autour d’un discours fortement critique du bilan du gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch. Le comité central du parti a adopté en juillet un rapport politique qui doit servir de base à sa campagne, avec une mise en cause de plusieurs orientations économiques et sociales de la majorité. Le PPS défend notamment le renforcement des services publics, la moralisation de la vie publique, la consolidation démocratique et la protection du pouvoir d’achat.
Selon les principales orientations présentées en août, le parti promet notamment un million d’emplois, 165.000 recrutements supplémentaires dans l’éducation et la santé ainsi qu’une pension minimale de 3.000 dirhams. Le PPS avait également engagé des discussions avec d’autres composantes de la gauche afin de construire un front commun, mais ces démarches n’ont pas débouché sur une alliance électorale plus large. En parallèle, le parti a déjà procédé à la validation d’une première série de candidatures. 80 profils avaient été arrêtés dès juillet sur les 92 circonscriptions locales, avec plusieurs autres investitures restant à finaliser. Pour le PPS, l’enjeu de 2026 sera donc de consolider son statut d’opposition tout en transformant son discours social en progression électorale.
Parti de la justice et du développement (PJD)
Le Parti de la justice et du développement aborde les législatives de 2026 dans une situation radicalement différente de celle qui prévalait avant son effondrement électoral de 2021. Le parti était passé de 125 à 13 sièges lors du scrutin précédent, perdant ainsi plus de 90% de sa représentation à la Chambre. Désormais dirigé par Abdelilah Benkirane, le PJD cherche à reconstruire son implantation parlementaire depuis les bancs de l’opposition. Sa stratégie repose notamment sur la réactivation de figures expérimentées et sur le retour de cadres emblématiques dans les circonscriptions considérées comme favorables au parti.
Dès avril, la direction avait validé une première série de 40 têtes de liste pour les circonscriptions locales. Parmi elles figuraient Driss El Azami El Idrissi, Abdellah Bouanou et Amina Maelainine. Le PJD entend ainsi couvrir progressivement les 92 circonscriptions locales et les 12 listes régionales. Benkirane demeure le dirigeant du parti, mais sa présence personnelle dans la course électorale est distincte de celle de ses principaux candidats. La campagne de 2026 constitue donc pour le PJD un test existentiel puisqu’il s’agit moins de retrouver immédiatement sa domination passée que de démontrer que la formation dispose encore d’un socle électoral suffisamment important pour redevenir un acteur majeur de la Chambre des représentants.
Union constitutionnelle (UC)
L’Union constitutionnelle avait obtenu 18 sièges lors des législatives de 2021, se classant parmi les principales formations parlementaires du pays. Parti libéral fondé en 1983, l’UC est dirigée par Mohamed Joudar. Sa préparation du scrutin de 2026 est moins marquée, à ce stade, par la présentation d’un vaste programme national que par la consolidation de son appareil électoral et de ses implantations locales. La formation conserve néanmoins un poids parlementaire significatif à l’échelle des partis de taille intermédiaire et cherche à préserver son influence dans plusieurs circonscriptions.
À l’approche du scrutin, des candidats estampillés UC sont déjà identifiés dans plusieurs territoires, notamment à Tétouan, où la formation entend défendre le siège remporté en 2021. Le parti devra cependant faire face à la concurrence accrue des trois grandes formations de la majorité, mais aussi aux ambitions des forces d’opposition souhaitant récupérer une partie des sièges détenus par les partis intermédiaires. Pour l’Union constitutionnelle, l’enjeu principal de 2026 sera donc de maintenir son groupe d’élus et de démontrer que son implantation politique conserve une traduction électorale nationale.
Mouvement démocratique et social (MDS)
Le Mouvement démocratique et social disposait de cinq sièges à la Chambre des représentants après les législatives de 2021. Le parti, classé au centre droit, est dirigé par Abdessamad Archane et a choisi une stratégie de présence sélective pour le scrutin du 23 septembre. Selon son secrétaire général, le MDS entend présenter des candidats dans environ 60% des circonscriptions, en donnant une priorité particulière aux femmes et aux jeunes. Cette orientation vise à renouveler l’image du parti et à renforcer son attractivité auprès d’un électorat plus jeune.
Le MDS a parallèlement cherché à élargir son réservoir de candidats en recrutant plusieurs personnalités connues du public. Parmi elles figure l’ancien champion de kick-boxing Mustapha Lakhsem, annoncé comme candidat après son départ du Mouvement populaire. Le parti affiche désormais des ambitions nettement supérieures à son résultat de 2021. Sa direction évoque la constitution d’un groupe parlementaire d’au moins 20 députés, tout en considérant qu’une progression à 12 sièges constituerait déjà un succès. Le scrutin représente donc pour le MDS une occasion de transformer une présence parlementaire limitée en force intermédiaire plus importante, en capitalisant sur le renouvellement des candidatures, l’implantation locale et l’arrivée de nouveaux profils.
Front des forces démocratiques (FFD)
Le Front des forces démocratiques avait remporté trois sièges aux législatives de 2021. Sous la direction de Mustapha Benali, le parti est positionné à gauche. Le FFD entend présenter des candidats dans l’ensemble du territoire national et compte notamment mettre en avant plusieurs femmes et jeunes. Son programme repose sur des engagements chiffrés pour la législature 2026-2031 : croissance comprise entre 5,5% et 6%, chômage inférieur à 8%, sortie de 1,2 million de familles de la précarité et hausse de 25% du pouvoir d’achat de la classe moyenne.
Le parti souhaite également instaurer une représentation minimale de 33% des femmes et des jeunes dans certains programmes d’emploi et postes de décision. Le FFD remet par ailleurs au centre de son projet le « revenu de dignité », une proposition qu’il défend depuis plusieurs années. Sur le plan électoral, il ambitionne désormais d’atteindre le seuil nécessaire à la constitution d’un groupe parlementaire. Avec ses trois sièges de 2021 comme point de départ, la formation doit donc réaliser une progression substantielle pour transformer cette ambition en réalité institutionnelle.
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Parti socialiste unifié (PSU)
Le Parti socialiste unifié avait obtenu un siège lors des législatives de 2021. Dirigé par Jamal El Asri, le PSU se présente en 2026 dans une configuration nouvelle ; il a conclu avec la Fédération de la gauche démocratique une Alliance de la gauche destinée à présenter des candidatures communes au scrutin du 23 septembre. Les deux formations ont validé cette stratégie dès mai et ont engagé une coordination électorale et programmatique appelée à dépasser la seule échéance de 2026.
En juillet, le PSU avait déjà approuvé 29 investitures parmi les 40 circonscriptions locales qu’il visait initialement, avec notamment Nabila Mounib à Casablanca-Anfa. Dans le cadre de l’Alliance, les deux partis ont ensuite présenté des candidatures communes sur 63 circonscriptions locales et six circonscriptions régionales, sur les 92 circonscriptions locales que compte le Maroc. Cette union constitue un changement important par rapport à 2021, lorsque les composantes de la gauche démocratique avaient concouru séparément. L’enjeu du PSU est désormais de convertir cette stratégie de rassemblement en gain électoral et de renforcer une représentation qui reste limitée à un seul député depuis le précédent scrutin.
Fédération de la gauche démocratique (FGD)
La Fédération de la gauche démocratique est l’autre composante de l’Alliance de la gauche constituée avec le PSU pour les législatives de 2026. La formation est dirigée par Abdessalam El Aziz, son secrétaire général. Son projet électoral revendique un ancrage progressiste et met au centre la démocratie, la justice sociale, la lutte contre la corruption, la souveraineté et la réduction des inégalités. La FGD et le PSU ont officiellement annoncé leur participation commune au scrutin dès le mois de mai, avant de structurer leurs listes et leur programme sous une bannière unifiée.
Plusieurs candidatures ont déjà été rendues publiques, notamment celle de Houssine El Yamani à Mohammedia et celles de plusieurs figures engagées dans le mouvement social et associatif. La coalition entend également construire un programme commun autour de la démocratie, de la justice sociale et d’une critique de l’économie de rente. Pour la FGD, comme pour le PSU, l’enjeu du scrutin sera de mesurer la capacité d’un regroupement de la gauche à retrouver une visibilité électorale après plusieurs années de fragmentation.
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