Erdogan cible les villes frontalières syriennes et provoque un exode

Avatar de Nora Jaafar

Temps de lecture :

Erdogan cible les villes frontalières syriennes et provoque un exode (1)

A
A
A
A
A

Les forces turques et ses alliées se sont heurtées ce vendredi 11 octobre à une résistance kurde acharnée alors qu’elles se battaient pour s’emparer de villes frontalières clés.

Le président américain Donald Trump, dont l’ordre de retirer les troupes américaines de la frontière cette semaine a déclenché cette opération, a déclaré que Washington cherche à négocier une trêve. Cette troisième offensive turque, depuis le début de la guerre en Syrie, a fait l’objet d’une condamnation internationale féroce, notamment parmi les alliés de Trump, pour ce que beaucoup considèrent comme une trahison d’un fidèle allié. En effet, les forces kurdes étaient le principal partenaire terrestre de la coalition dirigée par les États-Unis pendant les années de lutte contre le groupe de l’État islamique et son « califat », désormais dissous.

Le risque que des milliers de djihadistes encore détenus puissent se libérer à la suite de l’attaque turque pourrait encore inciter la communauté internationale à agir. Mais deux jours après le début de l’opération « Printemps de la Paix », les Forces démocratiques syriennes (SDF) se défendent elles-mêmes, essayant de repousser de multiples attaques terrestres le long d’un segment d’environ 120 kilomètres (75 miles) de la frontière. « Les combats entre les SDF et les Turcs sont intenses sur différents fronts, principalement celui de Tal Abyad à Ras Al Ain», a déclaré l’Observatoire syrien des droits de l’homme. L’observateur de guerre basé en Grande-Bretagne a indiqué que les forces turques et leurs mandataires syriens — pour la plupart d’anciens rebelles arabes sunnites — déploient des attaques aériennes, des tirs d’artillerie lourde et de roquettes.

Exode

Les contre-attaques kurdes ont conduit à la reprise de deux des 11 villages qu’ils avaient perdus depuis le début de l’assaut lancé ce mercredi par les Turcs. Un correspondant de l’AFP dans la région de Ras Al Ain a affirmé que de nouvelles unités d’anciens rebelles syriens ont été mobilisées pour briser la résistance kurde. Selon le moniteur de guerre, au moins 10 civils et 29 combattants des SDF ont été tués depuis le lancement de l’offensive. Tandis que l’armée turque a annoncé son premier décès cevendredi.

Ras Al Ain, Tal Abyad et d’autres villes frontalières ont été presque vidées de leur population lors d’une énorme vague de déplacements. La plupart des 70 000 personnes, dont les Nations Unies ont confirmé qu’elles avaient été évacuées, se sont dirigées vers la ville de Hasakeh, qui n’a pas été prise pour cible par la Turquie.

Par ailleurs, Erdogan veut créer un tampon entre la frontière et le territoire contrôlé par les forces kurdes syriennes, qui ont des liens avec les séparatistes kurdes de Turquie. Il prévoit également d’utiliser cette zone,pour renvoyer en toute sécurité une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens qui vivent sur le sol de son pays. Cette région serait ainsi sous contrôle turc et gérée par des mandataires syriens et redessinerait durablement la carte ethnique de cette zone.

Un cessez-le-feu ?

Jeudi sur Twitter, Trump a déclaré qu’il espère « négocier un accord entre la Turquie et les Kurdes » — affirmant que les alternatives seraient d’envoyer « des milliers de soldatsou d’infliger des sanctions sévères à la Turquie ».Un responsable américain a ainsi expliqué que le président américain a demandé à des diplomates d’essayer de négocier un accord de cessez-le-feu et a souligné que des sanctions contre Téhéran ne sont pas justifiées à ce stade.

Interrogé sur les actions qui violeraient l’avertissement de Trump, le responsable américain a déclaré qu’elles incluraient le «nettoyage ethnique… des tirs d’artillerie, d’air et d’autres feux aveugles dirigés contre des populations civiles».

Le président russe Vladimir Poutine a de son côté soulevé qu’il doutait que la Turquie soit en mesure de garantir que les prisonniers de l’État Islamique restent derrière les barreaux. Selon l’administration kurde, quelque 12000 hommes sont incarcérés dans sept centres de détention situés dans des zones sous contrôle kurde.

Dernier articles
Les articles les plus lu
L’Union européenne appelle au respect du cessez-le-feu au Moyen-Orient

Monde - L'UE appelle à la stricte application du cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis pour une paix durable dans la région.

Mouna Aghlal - 10 avril 2026
Détroit d’Ormuz : Trump avertit l’Iran sur tout droit de passage

Monde-Trump avertit l’Iran contre tout péage dans le détroit d’Ormuz. Enjeux, contexte et impact potentiel sur le trafic pétrolier mondial.

Rédaction LeBrief - 10 avril 2026
Liban : les attaques israéliennes font plus de 300 morts

Monde-Au Liban, les attaques israéliennes ont fait plus de 300 morts et 1.150 blessés. Voici ce qu’il faut retenir de cette nouvelle escalade.

Rédaction LeBrief - 10 avril 2026
Espagne : un Marocain soupçonné de diriger un vaste réseau international de trafic de speed arrêté à Bilbao

Monde - A Bilbao, en Espagne, la police a arrêté un Marocain soupçonné de diriger un réseau international de trafic de « speed ».

El Mehdi El Azhary - 10 avril 2026
Beyrouth : Israël dit avoir tué un proche de Naïm Qassem

Beyrouth replonge dans la tension après l’annonce par Israël de la mort d’un proche de Naïm Qassem. Le point sur une nouvelle escalade.

Rédaction LeBrief - 9 avril 2026
Détroit d’Ormuz : l’Iran impose deux routes maritimes alternatives

Détroit d’Ormuz: l’Iran redirige les navires vers deux routes alternatives après des craintes de mines. Les enjeux à connaître.

Rédaction LeBrief - 9 avril 2026
Voir plus
Classement Forbes 2026 : 3.428 milliardaires et le Maroc y est bien présent

Monde - Richesse mondiale en forte hausse : le nombre de milliardaires atteint un record avec 3.428 fortunes cumulant plus de 20.100 milliards de dollars. Elon Musk domine largement le classement de Forbes, où figurent aussi plusieurs grandes fortunes marocaines.

Ilyasse Rhamir - 11 mars 2026
Israël-Iran : et si ce n’était que le début ?

Monde - Les frappes israéliennes ont endommagé certaines infrastructures, mais elles n’ont pas neutralisé le programme nucléaire iranien.

Sabrina El Faiz - 14 juin 2025
Guerre au Proche-Orient : l’Iran veut maintenir la pression sur le détroit d’Ormuz

Monde - L’escalade militaire au Proche-Orient se poursuit. L’Iran évoque le maintien de la pression sur le détroit d’Ormuz tandis que les frappes s’intensifient dans la région. La flambée du pétrole et les déplacements massifs de populations inquiètent la communauté internationale.

Ilyasse Rhamir - 12 mars 2026
L’Espagne met officiellement fin aux fonctions de son ambassadrice en Israël

Monde - L'Espagne a décidé de mettre un terme au mandat de son ambassadrice en Israël, rappelée depuis plusieurs mois dans un contexte de fortes tensions diplomatiques.

Ilyasse Rhamir - 11 mars 2026
Kabylie : proclamation officielle de l’indépendance de la République fédérale à Paris

Monde-Réunis à Paris, les responsables du MAK ont proclamé officiellement l’indépendance de la Kabylie.

Rédaction LeBrief - 14 décembre 2025
Les États-Unis autorisent temporairement la vente de pétrole russe

Monde - Face à l’envolée des prix du brut provoquée par la guerre en Iran et les perturbations dans le détroit d’Ormuz, Washington autorise pendant un mois la vente de cargaisons de pétrole russe déjà chargées en mer afin de stabiliser l’offre mondiale.

Ilyasse Rhamir - 13 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire