Chronique CADENCE
Sabrina El Faiz Publié le 11/09/26 à 10:40
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Bienvenue chez les fous

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Je dois vous avouer quelque chose, je ne sais pas exactement à quel moment cette campagne électorale a dérapé, mais je crois qu’on a tous raté un épisode.

La définition d’une campagne électorale ne semble pas être comprise chez nous. Pour un premier jour de campagne, on a surtout parlé de football. Si, si, il a osé ! Mettre en avant la finale de la Coupe du monde 2030, qui ne nous est pas du tout attribuée en pleine campagne électorale. Le lendemain sort une autre info sur un stade, et ce, que le PAM l’emporte ou pas !

Il ne reste plus qu’à prévenir la FIFA, elle n’a pas l’air au courant de tout ça.

Et puis il y a notre Aziz Akhannouch national qui est venu apporter sa petite contribution. Au lieu de répondre au programme du PAM, le chef du gouvernement a répondu à Lekjaa sur la finale, en expliquant en substance, et pour la faire courte, que beaucoup de choses avaient déjà été promises et que, pour l’instant, on n’avait encore rien vu.

J’imagine la scène.

– « La finale sera au Maroc ».

– « On verra ».

Voilà, nous sommes officiellement en campagne électorale.

C’est plus une campagne, c’est une Botola. Depuis plusieurs semaines, le RNI et le PAM se disputent leurs élus comme deux clubs qui se disputeraient leurs meilleurs joueurs. Le RNI accuse le PAM de débauchage, le PAM lui rappelle qu’il avait fait la même chose en 2021, et plusieurs élus ont effectivement changé de maillot.

Et puis il y a eu l’histoire du mouton. Parce qu’évidemment, impossible de faire une campagne électorale marocaine sans lui !

Akhannouch défend les 500 dirhams accordés pour les moutons importés et reproche au PAM son manque de loyauté. Lekjaa répond en parlant des « vrais terroristes » pour désigner ceux qui, selon lui, ont transformé Aïd Al Adha en source d’angoisse pour les familles.

On part d’une polémique sur le prix du mouton, on arrive au terrorisme. C’est fou comme les conversations politiques peuvent voyager chez nous.

Pendant ce temps, 7.288 candidats se présentent pour 395 sièges et attendent qu’on leur donne enfin l’occasion de parler de leurs programmes. Alors taisez-vous un peu Messieurs on veut écouter les autres !

Parce que, finalement, quoi qu’il se passe, le 23 septembre on va devoir aller voter. On a donc peut-être le droit de savoir ce que nos futurs députés comptent faire.

Mais apparemment, pour l’instant, la priorité est ailleurs. Le mercato est ouvert, la finale est déjà attribuée et le mouton n’a toujours pas fini de faire parler de lui.

Bienvenue chez les fous. Et ce ne sont que les premiers jours.

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Un commentaire

  1. Bravo pour un article léger et lourd de sens et de portée politiques en même temps, de fun et cynisme bien dosés et pour le bon ton aux gros pontes de la politique qui a qlq semaines des élections continuent de monopoliser la parole au lieu de laisser les candidats parler…

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