Un roman saharien entre mémoire et quête identitaire

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Un roman saharien entre mémoire et quête identitaireLe roman Attalh la yokhti qibla © DR

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Publié en septembre 2021, « Attalh la yokhti qibla » s’impose comme une œuvre singulière dans le paysage littéraire marocain. Signé par Laghla Bouzid, inspecteur de l’enseignement basé à Tarfaya, ce roman de 320 pages dépasse largement le cadre d’une simple fiction. Il propose un récit hybride, mêlant introspection, chronique sociale et fragments autobiographiques.

L’intrigue se déroule entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, une période marquée par les tensions liées au Sahara. L’auteur choisit cependant une approche intimiste, racontant ces bouleversements à travers le regard de Ziyad, un enfant du désert. Élevé dans un environnement rude mais solidaire, il grandit au rythme des traditions locales, entre troupeaux, oueds et transmission orale.

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Une dérive idéologique puis un retour aux sources

Le récit prend un tournant décisif lorsque Ziyad quitte son village pour Guelmim. Sous l’influence d’un proche, il s’engage progressivement dans un courant idéologique. Commence alors une longue phase d’adhésion à un discours rigide, qui finit par révéler ses limites. Le jeune homme se heurte à un décalage grandissant entre les promesses idéologiques et la réalité vécue.

Peu à peu, un sentiment d’aliénation s’installe. Ziyad amorce alors un retour vers ses racines, abandonnant les signes d’une posture ostentatoire pour renouer avec les codes culturels sahariens. Ce cheminement marque une réconciliation intérieure, loin de toute nostalgie.

Le titre du roman prend ici tout son sens. L’acacia, symbole central, incarne une orientation instinctive et fidèle. À l’image de cet arbre, Ziyad finit par retrouver sa propre direction.

Porté par une écriture sobre et précise, le roman évite toute démonstration appuyée. Il interroge, en filigrane, les dérives idéologiques et la quête d’équilibre entre foi, identité et liberté. Une œuvre dense et profondément humaine.

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3 commentaires

  1. J’ai lu et apprécié le texte en arabe. Rédigé dans un style sobre, parfois avec un vrai sens de l’humour. Bravo Bouzid pour ce roman bien réussi !

  2. Un très beau roman sur le Sahara. Docteur Laghla est un éminent spécialiste du patrimoine de la région Guelmim Oued Noun.

  3. L’auteur restitue avec une rare précision ethnographique la vie des Maures ( les gestes ordinaires, les habitudes collectives, les rapports familiaux) rarement évoquée dans le paysage littéraire saharien.
    Et peut-être est-ce là la singularité du roman : sa capacité à faire du détail quotidien une matière littéraire à part entière. Loin des représentations folkloriques, « Attalh la yokhti qibla » nous fait plonger dans un univers humain complexe, traversé de contradictions, de fragilités mais aussi d’une forme de sagesse proverbiale propre aux hommes bleus.

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