Discours du Trône 2026 : vers une architecture proactive de l’action publique
Tribune
Ibtissam El RhaliDocteur en droit public et sciences politiques, Chercheur en développement humain et ingénierie sociale.
Le management public ne se limite plus à la gestion du présent. Il s’inscrit désormais dans une logique d’anticipation des transformations, de renforcement des capacités institutionnelles et de création durable de valeur publique. Cette conception trouve un écho significatif dans le Discours du Trône du 29 juillet 2026, qui place la gouvernance proactive, la performance, l’apprentissage et l’amélioration continue au cœur de l’action publique.
A cet égard, les hautes orientations du roi Mohammed VI, que Dieu le glorifie, posent les fondements d’un management public davantage orienté vers l’anticipation, la responsabilité, la performance et l’amélioration continue : « Le résultat de notre action ne tient pas du hasard : il est bel et bien la conséquence d’une vision stratégique claire et d’une doctrine de pouvoir dont les maîtres-mots sont la prise d’initiative, le suivi rigoureux, l’autocritique constructive et la réelle volonté d’aborder l’avenir avec détermination et positivité ». Cette affirmation met en lumière une gouvernance fondée sur l’anticipation, la responsabilité, le pilotage et l’amélioration continue. A ce titre, la cohérence stratégique prévaut sur l’improvisation, l’anticipation remplace l’attentisme, le pilotage renforce l’efficacité de l’action publique et l’apprentissage institutionnel devient un levier permanent d’adaptation face aux mutations contemporaines.
Dans cette perspective, le Discours Royal conduit à conceptualiser une Architecture proactive de l’action publique. Celle-ci renvoie à un écosystème de gouvernance dans lequel les orientations stratégiques, les capacités institutionnelles, les dynamiques territoriales, le développement économique et la mobilisation des acteurs publics, privés et de la société civile convergent vers une finalité commune : renforcer la capacité de l’Etat à anticiper les mutations, à prévenir les risques, à réduire les vulnérabilités sociales, à stimuler l’investissement et à créer durablement de la valeur publique. Cette approche dépasse la modernisation des procédures administratives pour promouvoir une gouvernance intégrée, fondée sur la coordination, la complémentarité et la création de synergies entre les politiques publiques.
Cette architecture repose sur six composantes complémentaires : la vision stratégique, la prise d’initiative, le suivi rigoureux, l’autocritique constructive, la détermination et la positivité, auxquelles s’ajoute la stabilité comme capital stratégique.
En premier lieu, la vision stratégique constitue le cadre de référence de cette architecture. Elle permet d’inscrire l’action publique dans une perspective de long terme, d’assurer la cohérence des politiques publiques et d’orienter les investissements vers les priorités nationales. Elle favorise également la convergence entre les institutions, les territoires, les acteurs économiques et les initiatives sociales, tout en renforçant la cohésion territoriale.
Dans la continuité de cette vision, la prise d’initiative traduit une culture de la proactivité qui rompt avec les logiques d’attentisme et de gestion des urgences. Elle encourage les institutions à anticiper les évolutions économiques, sociales, technologiques, environnementales et géopolitiques, à identifier les opportunités avant qu’elles ne deviennent évidentes et à transformer les contraintes en leviers d’innovation, de développement et d’inclusion.
Par ailleurs, cette capacité d’anticipation suppose un dispositif permanent de pilotage. Le suivi rigoureux constitue ainsi le troisième pilier de cette architecture. Fondé sur l’évaluation, la mesure des résultats, la redevabilité et l’amélioration continue, il permet d’apprécier les effets réels des politiques publiques sur les citoyens, les territoires, la compétitivité économique et le développement social. Il devient ainsi un instrument essentiel d’aide à la décision et d’ajustement de l’action publique.
Dans la même logique, l’autocritique constructive favorise une culture d’apprentissage institutionnel. En encourageant l’analyse des réussites comme des insuffisances, elle renforce la capacité des institutions à s’adapter, à innover et à améliorer durablement leurs pratiques. Cette dynamique contribue au développement d’une administration apprenante, plus agile et davantage orientée vers les résultats.
Au-delà des dimensions organisationnelles, le Discours royal souligne l’importance du facteur humain. La détermination et la positivité apparaissent comme des ressources essentielles pour accompagner les transformations publiques. Dans un contexte marqué par les incertitudes, les tensions économiques et les fragilités sociales, ces valeurs favorisent la confiance, la mobilisation collective, le dialogue, la cohésion sociale et la capacité des institutions à prévenir les phénomènes de repli, de défiance ou de fragmentation sociale.
En outre, le Discours royal consacre la stabilité comme un capital stratégique. En affirmant qu’elle constitue « la variable-clé dans l’équation du développement au Maroc », le roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, fait de la stabilité un levier majeur de gouvernance. Celle-ci renforce la continuité des politiques publiques, sécurise les investissements, améliore l’attractivité économique et consolide la confiance des citoyens comme des partenaires. Dans un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, les transitions technologiques et les défis climatiques, elle devient un facteur déterminant de résilience, de compétitivité, de souveraineté et de développement durable.
Ainsi, l’articulation de ces six composantes dessine une Architecture proactive de l’action publique, dans laquelle la vision stratégique fixe les orientations, la prise d’initiative stimule l’anticipation, le suivi rigoureux consolide la performance, l’autocritique constructive nourrit l’apprentissage institutionnel, la détermination et la positivité renforcent la mobilisation des acteurs, tandis que la stabilité garantit la continuité de l’action publique. Leur complémentarité favorise une gouvernance capable de concilier l’efficacité, le développement économique, la cohésion sociale, l’innovation territoriale et la création durable de valeur publique.
En définitive, le Discours du Trône 2026 constitue un référentiel de management public coconstructif, fondé sur l’anticipation, la responsabilité, l’intelligence institutionnelle, la cohésion sociale et la stabilité, au service d’un développement territorial intégré, inclusif, résilient et durable.
Une étude détaillée de cette thèse paraît en 1912 sous le titre « Die dreihundert Männer: Wer regiert die Welt ? » (Les trois cents hommes : qui gouverne le monde ?) sous la plume de Kurt Aram, pseudonyme du journaliste Hans Fischer. Cet ouvrage analyse les interconnexions personnelles entre les banques, la grande industrie et les conseils de surveillance à la fin de l’Empire allemand. De l’alliance des décideurs au véritable essor industriel : le défi de la force de…
Par Pr. Mourad Alami, Professeur des Universités Maroc, Allemagne, ChineLes joueurs ne courent pas derrière un ballon et ne cherchent pas à inscrire un but dans les dernières minutes. Ils évoluent sur un autre terrain : celui de la politique, de l’économie, du sport et de l’image du pays. Sur ce terrain, deux noms s’imposent : Aziz Akhannouch et Fouzi Lekjaa. Le premier entre dans la partie avec le maillot de chef du gouvernement, d’homme d’affaires et de dirigeant politique. Le second avec celui de responsable financier devenu l’une…
Par Marouane Bichichi, Analyste politiqueUne place financière ne se mesure pas seulement au volume des transactions sur son marché domestique. Elle peut être une infrastructure de coordination. Londres relie des capitaux étrangers à des actifs étrangers. Singapour connecte l’Asie du Sud-Est aux marchés mondiaux. Casablanca cherche une fonction comparable à son échelle. La question n’est donc pas de devenir plus grande que Johannesburg ou Lagos, mais d’identifier quelle friction africaine elle peut réduire mieux qu’eux. Le premier récit de CFC, Casablanca Finance City (place…
Par Gabriel Gervais, Etudiant à l’ESSEC Business SchoolUne question mérite alors d’être posée : pourquoi attendre que la vulnérabilité apparaisse pour commencer à protéger la vieillesse ? Chaque jeune personne est, en réalité, une future personne âgée. C’est à partir de cette idée simple que je propose un concept que j’appelle « Old Age Protocol » : non pas un nouveau privilège accordé aux personnes âgées, mais un cadre préventif permettant de préparer progressivement la société à une étape de la vie que chacun est susceptible de…
Par Badar uz Zaman, Directeur d’une école privée, titulaire d’un Master en science politique.Le changement de parti n’est évidemment pas un délit, pas plus qu’un changement d’opinion. En démocratie, personne ne devrait être prisonnier d’une étiquette politique. Un élu peut évoluer, revoir ses positions et choisir une nouvelle famille politique. Mais il existe une différence entre changer de conviction et changer d’étiquette. Et c’est précisément dans cet espace que s’installe le malaise. Quand l’étiquette prend le dessus sur le projet Un parti politique est censé être davantage qu’un logo, une investiture ou une…
Par Marouane Bichichi, Analyste politiqueLes chiffres racontent un paradoxe. D’un côté, l’adoption explose : la moitié des cadres utilisent désormais l’IA au moins une fois par semaine, une hausse de 15 points en un an, avec une pratique encore plus marquée chez les jeunes actifs et les managers eux-mêmes. De l’autre, les dirigeants sous-estiment largement cette réalité : les études montrent que les salariés recourent à l’IA dans leurs tâches quotidiennes bien plus souvent que leurs responsables ne le pensent. Ce décalage n’est pas…
Par Dr. Bouamama Soukaina, Professeure en sciences de l’éducation – HEC Rabat, affiliée au Centre de rechercher en Sciences de Gestion et Economie (CEeSC)La restructuration d’entreprise, ou restructuring (réorganisation financière et opérationnelle d’une société en difficulté), ne désigne ni une faillite ni une simple réduction de coûts. Elle commence lorsqu’une entreprise conserve un métier, des clients et des actifs utiles mais ne peut plus financer son cycle d’exploitation ou respecter sa dette. Le diagnostic sépare alors trois questions souvent confondues : rentabilité du métier, liquidité disponible à court terme et solvabilité du bilan. Une société peut être rentable et manquer de cash, ou…
Par Gabriel Gervais, Etudiant à l’ESSEC Business SchoolDans de nombreuses entreprises, la question n’est déjà plus de savoir s’il faut utiliser l’intelligence artificielle. Les collaborateurs l’expérimentent, les directions métiers identifient des cas d’usage et les équipes technologiques multiplient les projets pilotes. Rédaction, recherche documentaire, analyse, assistance client, maintenance ou aide à la décision : l’IA entre dans le quotidien professionnel plus vite que les organisations ne redéfinissent leurs règles. Cette accélération produit un paradoxe. Plus l’outil paraît simple à utiliser, plus la responsabilité qui l’entoure devient complexe.…
Par Dr Imad Rochd, Docteur en Business Administration, spécialisé en transformation digitaleCependant, cette pratique pose une question délicate : où s’arrête l’inspiration et où commence l’appropriation illégitime d’une histoire personnelle ? L’affaire entourant Kamel Daoud et son roman Houris illustre les tensions qui surgissent lorsque fiction et réalité s’entrelacent. Lauréat du prix Goncourt 2024, Daoud se voit reproché d’avoir utilisé, sans consentement, le récit d’une survivante de la guerre civile algérienne, ancienne patiente de son épouse psychiatre. Si l’écrivain réfute ces accusations en invoquant la fiction comme territoire libre, cette controverse…
Par Intissar Haddiya, Médecin et auteure marocaineDans les grandes agglomérations, les tendances sont tout aussi disparates. À Casablanca, l’IPAI a reculé de 1%, avec des baisses de 0,5% pour les biens résidentiels, de 2,7% pour les terrains, et de 2,2% pour les actifs professionnels. La ville a également enregistré une contraction significative de 30,1% des transactions, notamment pour les terrains (-41,7%) et les locaux professionnels (-33,3%). À Rabat, les prix ont diminué de 0,6% globalement, avec une baisse notable de 7,5% des actifs professionnels, mais les…
Par Karim Mabrour, Fondateur et CEO de MKM ImmobilierLe rôle du Maroc s’étend bien au-delà de la simple défense de son intégrité territoriale face aux revendications désuètes du Polisario, il incarne une riposte systématique aux menaces qui gangrènent la stabilité de l’Europe, du Sahel et du Maghreb. La position géostratégique du Maroc, à la croisée de l’Atlantique, de la Méditerranée et du Sahel, confère au pays une fonction essentielle dans l’architecture sécuritaire mondiale. Les services de renseignement marocains, notamment la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST)…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifLa célébration de l’année hégirienne incarne le socle islamique fondamental de l’identité marocaine, tandis que la commémoration de l’année grégorienne illustre l’ouverture du Royaume au monde moderne et son interaction avec la culture occidentale. La célébration de l’année amazighe, quant à elle, honore des racines ancestrales profondes liées à l’identité amazighe, un pilier fondamental du tissu social marocain. Bien que ces festivités témoignent d’une reconnaissance certaine de la diversité culturelle marocaine, elles révèlent néanmoins des lacunes criantes si elles n’incluent…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifUne ambition qui dépasse les frontières Au-delà de l’exposition et des conférences, le Green Impact Expo & Summit porte une vision : celle de créer une communauté marocaine de la mobilité durable, où chaque acteur, qu’il soit industriel, institutionnel, académique ou citoyen peut contribuer à construire les solutions de demain. Cet événement incarne une dynamique unique, où la collaboration transcende les simples enjeux commerciaux pour embrasser une responsabilité collective envers l’avenir de notre planète. Dans un contexte où les politiques…
Par Omar Amarouch, Chargé des partenariats et de la commercialisation du Green Impact Expo & Summit,Dans ces environnements urbains, les rythmes de vie, les infrastructures et les dynamiques sociales ne sont plus en phase, créant une fragmentation de l’expérience urbaine. L’urbanisation rapide, souvent motivée par des impératifs économiques plutôt que par une vision cohérente de la ville, conduit à un désaccord entre les différents éléments qui composent la cité. Les transports fonctionnent à une cadence différente de celle des besoins résidentiels, les espaces de travail ne s’intègrent pas harmonieusement aux zones de loisirs, et les…
Par Mohammed Hakim Belkadi, Consultant architecte des écosystèmes urbains prédictifs et des milieux interconnectés expert judiciaireCe régime, dont les pratiques empiètent systématiquement sur la souveraineté des nations voisines, s’appuie en interne sur une propagande mensongère visant à alimenter la haine, à détourner ses citoyens de leurs véritables aspirations, et à les priver de leur droit légitime au développement, à la justice sociale, et à la prospérité. Son objectif est évident : manipuler l’opinion publique pour la maintenir captive de projets idéologiques en décalage complet avec les besoins et les droits réels de ses citoyens. Après…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifUne réflexion scientifique pour une mobilité durable La programmation scientifique du Green Impact Expo & Summit repose sur une approche transversale qui intègre les dimensions économiques, sociales et environnementales de la mobilité. L’objectif est clair : élaborer des solutions innovantes adaptées aux territoires et aux besoins des populations, tout en répondant aux impératifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le Maroc, acteur clé de cette dynamique, s’est fixé un objectif ambitieux de réduction de 45% de…
Par Mehdi Amarouch, Directeur du programme Green Impact Expo & Summit