Transport public urbain : ce que recommande le Conseil de la concurrence

Avatar de Manal Ben El Hantati

Temps de lecture :

Le Conseil de la Concurrence et l’ANGSPE unissent leurs efforts pour une économie plus équitableLe Conseil de la concurrence © DR

A
A
A
A
A

Le Conseil de la concurrence vient de publier son avis sur le fonctionnement concurrentiel de la gestion déléguée du transport public urbain et interurbain par autobus au Maroc. Il a livré une série de recommandations afin d’améliorer le mode de gestion déléguée. On en cite notamment la régionalisation de la stratégie nationale de la mobilité urbaine. Détails.

Le Conseil de la concurrence a publié son avis n°A/2/22 sur le fonctionnement concurrentiel de la gestion déléguée du transport public urbain et interurbain par autobus au Maroc. Cet avis se base sur une approche participative à travers l’audition de l’ensemble des parties prenantes au secteur.

Présidé par Ahmed Rahhou, l’organisme a livré une série de recommandations afin d’améliorer le fonctionnement concurrentiel.

Lire aussi : Casabusway : le point sur l’état d’avancement des travaux

Régionaliser la stratégie nationale de la mobilité urbaine

Le Conseil de la concurrence a recommandé de régionaliser la stratégie nationale de la mobilité urbaine (SNMU).

Dans son avis, l’instance a aussi proposé d’accorder «plus de pouvoirs aux autorités délégantes dans la gestion déléguée du transport public urbain et interurbain en termes de planification, de contrôle et de financement».

Le Conseil a soutenu que le renforcement du transfert des compétences de la Société de développement local (SDL) et des délégataires aux collectivités territoriales et leurs émanations (établissements de coopération intercommunale et groupements des collectivités territoriales) ne peut que renforcer la gouvernance régionale de la gestion déléguée du transport public urbain et interurbain.

Établir une grille d’évaluation actualisée des offres

Le Conseil de la concurrence a proposé des suggestions pour assurer une concurrence libre et loyale dans le marché de la gestion déléguée du transport public urbain et interurbain par autobus.

Il s’agit principalement d’établir une grille d’évaluation actualisée des offres, basée sur des critères objectifs focalisés davantage sur le business plan des soumissionnaires au lieu de la grille d’évaluation notée essentiellement sur les tarifs. Il s’agit aussi d’introduire et attribuer un scoring significatif à l’expertise et l’expérience cumulées des managers comme critères de sélection des candidats aux appels à la concurrence des marchés, et ce, pour valoriser l’entrepreneuriat national dans le secteur.

Lire aussi : Transport : prorogation du délai d’obtention de la carte de conducteur professionnel

Préciser le degré de partage des risques du coût de l’investissement

L’organe préconise également de préciser au préalable à tout appel à la concurrence le degré de partage des risques industriels et commerciaux, et du coût de l’investissement global entre le délégant et le délégataire, en plus de revoir un schéma clair et connu à l’avance par l’ensemble des soumissionnaires des subventions qui seront octroyées lors de l’exploitation des contrats. L’objectif est de créer une dynamique concurrentielle entre les opérateurs afin de limiter la part de la subvention.

Il est aussi question de préserver les mécanismes de maintien de l’équilibre financier du contrat de gestion déléguée, en tenant compte des impératifs de service public et de la juste rémunération du délégataire. En outre, l’instance recommande de revoir et préciser les conditions de revoyeur des contrats de gestion déléguée quinquennale en y introduisant l’obligation d’une évaluation de la gestion déléguée par une consultation publique des usagers.

Des tarifs accessibles à tous les citoyens

Le Conseil de la concurrence recommande de veiller à ce que les tarifs restent accessibles à tous les citoyens, à travers la maitrise des coûts d’investissement et d’exploitation, ainsi que l’encadrement des marges générées par la gestion déléguée. Il préconise aussi de prévoir dans les contrats de gestion déléguée un système de calcul des subventions basé sur le principe « malus bonus » lié à des objectifs de performance et de qualité du service public prédéfinis, tout en veillant à communiquer ce mode de calcul à l’avance aux opérateurs.

Et d’ajouter qu’en raison du niveau de concentration élevé de ce marché et de la difficulté pour de nouveaux entrants d’accéder et de se faire une place, les autorités délégantes doivent revoir les conditions d’accès à ce marché, dans le sens d’un assouplissement des conditions. Ce dernier devrait permettre une compétition plus animée du marché et l’accès d’un plus grand nombre de concurrents garant d’un service de transport urbain de meilleure qualité et à un prix accessible, et ce, en adoptant un calendrier échelonné des appels à la concurrence. Objectif : renforcer la dynamique concurrentielle sur ces marchés et augmenter la pression concurrentielle sur les prix.

Lire aussi :  Les professionnels du transport prévoient une grève après Aïd Al Adha

Dernier articles
Les articles les plus lu
Impériales Week 2026 : « Marketing houwa koulchi »

Économie - Aux Impériales Week 2026, le panel « Marketing houwa koulchi » redéfinit le rôle du marketing. Il s’impose comme une boussole stratégique qui guide innovation, production et croissance bien au-delà de la simple communication.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Casablanca-Settat : 27 stations pour sécuriser l’eau potable

Économie - La région Casablanca-Settat accélère son programme hydrique avec 27 stations de dessalement et de traitement des eaux. Déjà en grande partie opérationnelles, ces installations visent à sécuriser durablement l’approvisionnement en eau potable.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Commerce extérieur : importations en baisse, exportations en légère hausse au T4-2025

Économie - Recul des prix à l’importation et progression modérée à l’exportation au quatrième trimestre 2025. L’évolution des indices reflète des dynamiques sectorielles contrastées, entre baisse de l’énergie et hausse de certains produits industriels et alimentaires.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Pénurie de fruits rouges : un signal pour repenser la filière

Economie - En raison de multiples aléas climatiques, la filière des fruits rouges au Maroc, comme ailleurs, a subi un coup dur.

Mouna Aghlal - 3 avril 2026
Carburants : des écarts de prix qui interrogent le fonctionnement du marché

Économie - Des hausses anticipées des carburants au Maroc interrogent les pratiques des distributeurs et relancent le débat sur la régulation.

El Mehdi El Azhary - 3 avril 2026
Casablanca : tenue de la 19e édition de MAROCOTEL, vitrine majeure de l’hôtellerie et de la restauration

Économie - MAROCOTEL 2026, qui se tient du 1er au 5 avril à Casablanca, réunit plus de 300 exposants pour accompagner la modernisation du secteur touristique.

El Mehdi El Azhary - 3 avril 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Visa Schengen : le cauchemar européen à prix d’or

Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…

Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025
Coût, impact… tout savoir sur la nouvelle LGV Kénitra-Marrakech

Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.

Hajar Toufik - 25 avril 2025
Où en est l’avancement du gazoduc Nigeria-Maroc ?

Économie - Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc progresse : 13 pays engagés, signature intergouvernementale à venir et lancement d’un premier tronçon entre Nador et Dakhla.

Hajar Toufik - 14 juillet 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire