Secteur automobile : une projection de 8,4 milliards de dollars à l’horizon 2031
Image d'illustration. DR
A
A
A
A
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La projection sectorielle réalisée par Mordor Intelligence place la croissance annuelle moyenne du secteur automobile marocain à 12,15% entre 2026 et 2031, avec un triptyque gagnant consistant en une capacité industrielle en expansion, des coûts compétitifs et la proximité logistique avec l’Union européenne. Ces éléments expliquent pourquoi le Maroc est aujourd’hui perçu comme une plateforme industrielle proche de l’Europe plutôt que comme un simple site d’assemblage low-cost.
Le mouvement est déjà palpable. L’augmentation des capacités industrielles, notamment à Kénitra, et l’essor des exportations (le secteur a atteint des exportations record, chiffrées à environ 157 milliards de dirhams en 2024) confirment la montée en puissance de la filière.
Résultat : le Maroc figure désormais parmi les tout premiers fournisseurs extérieurs à l’Union européenne en véhicules finis, un rang qu’il a atteint à marche forcée depuis 2022-2023 grâce à des volumes importants et à la compétitivité des flux via Tanger Med.
Lire aussi : Le marché automobile clôture positivement 2025
Investissements lourds : cap sur la capacité et l’électrification
Les annonces d’extension de capacités sont devenues la règle. Stellantis a engagé un plan d’ampleur pour son usine de Kénitra visant à multiplier la production et à renforcer les lignes destinées aux petites voitures électriques et aux motorisations hybrides.
Renault, quant à lui, s’inscrit dans une logique de renouvellement des accords et d’intégration progressive des technologies d’électrification, en faisant également porter ses efforts sur la Recherche et le développement et la montée en gamme des activités locales. Ces mouvements traduisent la sortie progressive d’une logique d’assemblage simple vers des fonctions à plus forte valeur ajoutée.
Un autre signal essentiel est la multiplication des projets liés aux batteries. L’arrivée ou l’implantation programmée d’industriels chinois du secteur des matériaux de batterie (comme Gotion High-Tech) illustre la volonté du Maroc d’intégrer, en partie, la chaîne de valeur des véhicules électriques et de réduire la dépendance aux importations en ancrant localement la production d’éléments critiques.
Le goulet d’étranglement
Toutefois, la trajectoire positive se heurte à un talon d’Achille, à savoir le tissu national des fournisseurs de rang 2 et 3 (niveaux de sous-traitance dans la chaîne de valeur) qui reste insuffisant pour couvrir les besoins en électronique de puissance, en composants usinés fins et en systèmes de gestion de batterie.
Les positions de rang 1 sont majoritairement occupées par des acteurs étrangers dont Valeo, Lear ou encore Yazaki, ce qui contraint la valeur locale ajoutée et laisse une large part des gains de chaîne à l’importation. Le résultat est une filière qui souffre d’une vulnérabilité aux variations des prix des intrants et aux fluctuations du change.
La montée en capacité annoncée de certaines usines suppose donc un impératif : des programmes d’accompagnement ciblés (financement, transfert technologique, certifications qualité ISO) pour transformer les PME locales en sous-traitants compétitifs. Sans cela, la promesse d’emplois qualifiés et d’effets d’entraînement restera partielle.
Lire aussi : Automobile : rebond net du marché en janvier 2026
Quid du marché intérieur ?
Le marché national profite d’un double effet. D’un côté, la hausse des revenus urbains ; de l’autre, une prolifération des équipements de distribution (réseaux de concessionnaires). Les ventes au détail se concentrent toutefois dans les grands centres où la disponibilité du crédit et la densité des réseaux facilitent l’accès. Mais cette dynamique est tempérée par un afflux important de véhicules d’occasion importés, qui maintient une pression sur les volumes de ventes neuves, surtout dans les segments bas de gamme.
Côté segments, les véhicules particuliers conservent la part dominante des revenus, mais les véhicules utilitaires légers gagnent du terrain (croissance projetée à double-chiffre) en raison du boom logistique lié au e-commerce et aux chantiers d’infrastructure.
Risques macro-économiques et besoins en compétences
Le modèle marocain reste exposé à deux risques majeurs : la volatilité du change (impactant le coût des composants importés) et la rareté de compétences spécialisées (techniciens EV, ingénieurs en électronique de puissance et profils R&D). La résolution de ces défis passera par des politiques publiques ciblées sur la formation technique, la facilitation de l’accès au crédit pour les PME locales et des mécanismes de couverture du risque de change adaptés aux exportateurs, selon Mordor Intelligence
Le pari du Maroc sur l’automobile est néanmoins bien engagé. Le pays affiche une forte croissance des investissements et une montée des capacités de production. Par ailleurs, l’intérêt industriel pour la batterie témoigne d’un basculement vers une plateforme industrielle européenne de fait.
Mais la transformation ne sera complète que si la chaîne locale monte en compétence et si les infrastructures publiques (notamment de recharge) suivent le rythme. À court terme, l’équation économique marocaine repose sur l’équilibre entre gains d’attractivité et capacité à créer un écosystème industriel véritablement intégré, condition indispensable pour que la promesse d’emplois qualifiés et de valeur ajoutée locale se réalise.
Économie - Le ministre du Transport, Abdessamad Kayouh, a annoncé que la LGV Kénitra-Marrakech, longue de 430 kilomètres, sera livrée en septembre 2029.
El Mehdi El Azhary - 25 mai 2026Économie - Une nouvelle ligne très haute tension vient renforcer l’alimentation électrique de Nador West Med.
Ilyasse Rhamir - 25 mai 2026Économie - L’ANCFCC et la CNDP ont signé, le 25 mai 2026 à Rabat, une convention de coopération visant à renforcer la protection des données personnelles dans le secteur foncier.
El Mehdi El Azhary - 25 mai 2026Économie - Marché immobilier haut de gamme en plein essor à Marrakech, avec des prix en hausse et une demande internationale croissante.
Ilyasse Rhamir - 25 mai 2026Économie - Le Morocco gaming expo 2026 a confirmé l’essor du gaming au Maroc, présenté comme un levier de création d’emplois, d’innovation et de rayonnement culturel.
El Mehdi El Azhary - 25 mai 2026À l'approche de Aïd Al Adha, le marché du bétail reste toujours sous pression malgré l'intervention de l'État.
Mouna Aghlal - 25 mai 2026Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.
Sabrina El Faiz - 14 mars 2026Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !
Sabrina El Faiz - 7 mars 2026Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.
Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.
Rédaction LeBrief - 13 mars 2026Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.
Sabrina El Faiz - 21 février 2026Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.
El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026