RNI, PAM, Istiqlal : lequel sort renforcé de la législature ?

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RNI, PAM, Istiqlal : lequel sort renforcé de la législature ?Logos du RNI, PAM et Istiqlal devant le Parlement marocain © LeBrief

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Cinq ans au pouvoir, trois trajectoires et un même rendez-vous décisif : le 23 septembre. Alors que le RNI, le PAM et l’Istiqlal s’apprêtent à retourner devant les électeurs, la question se pose : lequel des trois partis a réellement consolidé son poids politique au terme de cette législature ?

À quelques semaines des élections législatives du 23 septembre 2026, les trois composantes de la majorité gouvernementale sortante arrivent au terme d’un quinquennat marqué par d’importantes réformes sociales, des contraintes économiques et une concurrence politique de plus en plus visible. RNI, PAM et Istiqlal présentent aujourd’hui trois trajectoires différentes. Mais lequel des trois partis peut réellement revendiquer le meilleur bilan politique ?

Lire aussi : Les partis préparent-ils vraiment l’après-2026 ?

Le scrutin du 23 septembre constitue un premier rendez-vous décisif. Les Marocains seront appelés à renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants. La campagne électorale se déroulera du 10 au 22 septembre, avant le vote prévu le 23.

En 2021, le RNI avait remporté 102 sièges, devant le PAM avec 87 et l’Istiqlal avec 81. Ensemble, les trois formations avaient constitué une majorité de 270 députés sur 395. Cinq ans plus tard, leur rapport de force est appelé à être réévalué par les urnes.

RNI : le poids du bilan gouvernemental

Pour le Rassemblement national des indépendants (RNI), la principale force de ces cinq années réside dans son statut de parti dirigeant. Arrivé en tête des législatives de 2021, le RNI a porté la responsabilité de l’exécutif autour de Aziz Akhannouch.

Cette position lui permet de mettre en avant plusieurs réformes structurantes, notamment celles liées au chantier de l’État social, à la généralisation de la protection sociale et au développement des mécanismes d’aide directe aux ménages. Le parti peut ainsi revendiquer une forte empreinte sur l’action gouvernementale.

Mais cette centralité constitue également son principal handicap électoral. Être à la tête du gouvernement signifie aussi assumer directement les difficultés rencontrées par les citoyens. Pouvoir d’achat, prix, emploi ou encore attentes sociales constituent autant de sujets sur lesquels le RNI doit répondre aux critiques de l’opposition et d’une partie de l’opinion.

Le parti a par ailleurs choisi de dissocier, en 2026, la direction gouvernementale de la direction partisane. Aziz Akhannouch a quitté la présidence du RNI et Mohamed Chouki lui a succédé lors du congrès extraordinaire du 7 février. Cette transition, opérée avant les élections, constitue un changement important dans l’organisation de la formation.

Le défi du RNI est désormais de transformer son expérience gouvernementale en capital électoral sans que l’usure du pouvoir ne l’emporte sur les acquis revendiqués.

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PAM : une recomposition pour changer de dimension

Le Parti authenticité et modernité (PAM) aborde, lui aussi, le scrutin avec un visage différent de celui de 2021. Deuxième force parlementaire à l’issue du dernier scrutin, le PAM a participé au gouvernement tout en cherchant progressivement à renforcer son autonomie politique.

La formation a notamment évolué sur le plan organisationnel autour d’une direction collégiale coordonnée par Fatima-Zahra El Mansouri. Cette nouvelle configuration intervient après plusieurs années marquées par des débats internes et par le passage de Abdellatif Ouahbi à la tête du ministère de la Justice.

Le parti a surtout cherché à élargir son attractivité. L’intégration de Fouzi Lekjaa au bureau politique, officialisée le 25 juillet, constitue à cet égard un signal politique important. Le ministre délégué chargé du Budget a rejoint les instances dirigeantes du PAM aux côtés de Yanja El Khattat, président de la région Dakhla-Oued Eddahab.

Cette ouverture vers des profils disposant d’une forte visibilité institutionnelle ou territoriale s’inscrit dans la volonté du parti de renforcer son implantation. Le PAM a également présenté une stratégie électorale ambitieuse, avec 90 têtes de liste annoncées dans les différentes circonscriptions.

Reste une question centrale : cette recomposition interne sera-t-elle suffisante pour convertir le renouvellement de l’appareil en progression électorale ?

Car le PAM doit également composer avec une contradiction inhérente à sa position. Il a participé au bilan de la majorité pendant cinq ans, tout en cherchant à se présenter comme une force capable de proposer une nouvelle dynamique. Sa marge de manœuvre consiste donc à critiquer certaines orientations sans apparaître comme désolidarisé de sa propre action gouvernementale.

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Istiqlal : la carte de la stabilité

Troisième composante de la majorité, l’Istiqlal aborde le scrutin avec un positionnement différent. Sous la direction de Nizar Baraka, le parti a davantage misé sur la continuité, la stabilité et son identité historique.

Son passage au gouvernement lui a offert une exposition importante, notamment à travers le ministère de l’Équipement et de l’Eau. Dans un Maroc confronté à un stress hydrique durable, les dossiers liés aux barrages, aux infrastructures hydrauliques et à la gestion de l’eau ont placé Nizar Baraka au cœur de plusieurs problématiques nationales.

Cette visibilité peut constituer un atout, mais elle implique également d’assumer les limites du bilan gouvernemental collectif.

L’Istiqlal a par ailleurs conservé une caractéristique que ses deux partenaires ne possèdent pas au même degré : un ancrage historique construit sur plusieurs décennies. Son réseau militant, ses structures territoriales et son implantation traditionnelle lui permettent de conserver une capacité de mobilisation importante.

Le parti a récemment lancé son programme électoral sous le slogan « Watani Moustaqbali », avec l’ambition de défendre un « gouvernement fort » pour la période 2026-2031.

Cette ligne permet à l’Istiqlal de se positionner entre la continuité gouvernementale et la volonté de renouvellement. Il ne cherche pas nécessairement à apparaître comme le principal adversaire de ses deux alliés, mais plutôt comme une formation capable de jouer un rôle central dans la prochaine configuration parlementaire.

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Trois bilans, trois vulnérabilités

Comparer les trois partis oblige donc à dépasser le simple classement de 2021.

Le RNI dispose du principal avantage institutionnel. Il a dirigé le gouvernement pendant toute la législature et peut revendiquer les réformes mises en œuvre. En contrepartie, il porte la responsabilité politique la plus importante du bilan des cinq dernières années.

Le PAM bénéficie, de son côté, d’une dynamique de renouvellement. Sa direction collégiale, l’arrivée de nouvelles figures et l’intégration de Fouzi Lekjaa illustrent une stratégie visant à renforcer son poids politique. Son principal défi reste toutefois de transformer cette dynamique organisationnelle en résultats électoraux.

L’Istiqlal apparaît enfin comme le parti le plus attaché à la continuité de son identité politique. Son implantation historique et sa présence gouvernementale lui donnent des arguments solides, mais il doit démontrer que cette stabilité peut se traduire par une progression dans les urnes.

Le 23 septembre comme véritable arbitre

Au fond, la question de savoir lequel des trois sort renforcé de la législature ne peut pas encore recevoir de réponse définitive. Les indicateurs disponibles permettent surtout d’identifier trois types de capital politique.

Le RNI possède un capital gouvernemental et institutionnel considérable. Le PAM dispose d’un capital de renouvellement et d’attractivité. L’Istiqlal conserve, lui, un capital historique et territorial important.

La véritable mesure de leur rapport de force interviendra donc le 23 septembre. Le scrutin permettra de déterminer si le parti de la colombe parvient à conserver son avance de 2021, si le PAM transforme sa restructuration en progression parlementaire ou si l’Istiqlal réussit à s’imposer davantage comme force pivot.

Après cinq années de gouvernement commun, RNI, PAM et Istiqlal ne se présentent pas devant les électeurs avec le même bilan politique. Et c’est précisément cette différence de trajectoires qui pourrait redessiner la majorité appelée à gouverner le Maroc après les élections.

Élections 2026 : qui aura vraiment droit au micro ?

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