Production, ventes, commandes : l’industrie marocaine retrouve-t-elle son souffle ?

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Production, ventes, commandes : l’industrie marocaine retrouve-t-elle son souffle ?Siège de Bank Al Maghrib à Rabat © BAM

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L’industrie marocaine a affiché une amélioration de son activité au cours du mois de juin 2026. Selon l’enquête mensuelle de conjoncture de Bank Al-Maghrib, la production et les ventes ont progressé, tandis que le taux d’utilisation des capacités de production (TUC) s’est établi à 78%, contre 77% un mois auparavant. Cette embellie reste toutefois contrastée selon les secteurs, avec des performances solides dans la mécanique-métallurgie et la chimie, une stabilité dans l’agroalimentaire et des difficultés persistantes dans le textile et cuir.

Après plusieurs mois marqués par une évolution contrastée de la demande et de la production, les industriels marocains ont enregistré une amélioration de leur activité en juin 2026. L’enquête menée par Bank Al-Maghrib entre le 1er et le 28 juillet auprès d’un échantillon représentatif comprenant près de 400 entreprises industrielles fait ressortir un regain d’activité, avec un taux de réponse de 60%.

Le principal indicateur de cette amélioration concerne l’utilisation des capacités industrielles. Le TUC s’est établi à 78% en juin, gagnant un point par rapport au mois précédent où il s’était situé à 77%. Cette progression traduit une mobilisation légèrement plus importante de l’outil productif national, même si les évolutions restent différentes selon les branches.

Dans le détail, la production industrielle aurait augmenté dans deux secteurs majeurs : la chimie et parachimie ainsi que la mécanique et métallurgie. Elle aurait stagné dans l’agroalimentaire, tandis qu’elle aurait reculé dans le textile et cuir.

L’évolution des ventes confirme cette tendance positive. Elles auraient progressé dans l’ensemble des branches industrielles, à l’exception du textile et cuir où elles seraient restées stables. Cette hausse concerne aussi bien le marché local que les marchés étrangers, témoignant d’une amélioration simultanée de la demande intérieure et extérieure.

Lire aussi : Industrie : la production recule de 1,4% au premier trimestre 2026

Production : 31% des industriels enregistrent une hausse

Les résultats globaux de l’enquête montrent que 31% des industriels interrogés déclarent une progression de leur production en juin, tandis que 28% font état d’une baisse et 42% d’une stagnation. Le solde d’opinion, qui mesure l’écart entre les réponses positives et négatives, ressort ainsi à +3 points.

Pour les trois prochains mois, les perspectives apparaissent plus favorables. Près de 46% des entreprises anticipent une hausse de leur production, contre 12% qui prévoient une stabilité. Toutefois, 42% des industriels déclarent ne pas avoir suffisamment de visibilité sur l’évolution future de leur activité.

Cette prudence illustre le contraste entre l’amélioration observée à court terme et les interrogations qui persistent concernant la dynamique future de l’industrie nationale. Au total, Bank Al-Maghrib relève qu’une entreprise sur quatre exprime des incertitudes quant à l’évolution de son activité dans les prochains mois.

Des ventes soutenues par le marché intérieur et l’export

Du côté des ventes, la tendance est également positive. En juin, 36% des entreprises interrogées ont déclaré une progression de leurs ventes, contre 28% enregistrant une baisse et 36% une stagnation. Le solde d’opinion s’établit ainsi à +8 points.

Cette amélioration concerne les différentes destinations commerciales. Les ventes globales auraient progressé aussi bien sur le marché local qu’à l’étranger, ce qui confirme une orientation favorable de la demande adressée aux industriels marocains.

Les perspectives restent également positives. Pour les trois prochains mois, 36% des industriels tablent sur une hausse des ventes, 24% sur une stabilité et seulement 8% sur une baisse, tandis que 32% déclarent ne pas disposer d’une visibilité suffisante.

Concernant les nouvelles commandes, la situation apparaît plus équilibrée. Elles auraient globalement stagné en juin, avec une progression enregistrée dans l’agroalimentaire et la mécanique-métallurgie, mais un recul dans la chimie-parachimie et le textile-cuir.

Les carnets de commandes restent néanmoins un point de vigilance. Ils sont jugés globalement inférieurs à la normale par les industriels, même si certaines branches affichent une situation plus favorable, notamment l’agroalimentaire et la mécanique-métallurgie où ils sont considérés comme normaux.

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Les performances par branche et les perspectives

Parmi les quatre grandes branches analysées par Bank Al-Maghrib, la mécanique et métallurgie affiche les résultats les plus favorables en juin 2026. La production y aurait progressé, avec un taux d’utilisation des capacités de production (TUC) qui atteint 87%, soit le niveau le plus élevé parmi les secteurs étudiés.

La dynamique concerne également les ventes. Celles-ci auraient augmenté aussi bien sur le marché local qu’à l’étranger, confirmant une orientation positive de la demande adressée aux industriels du secteur. Les commandes auraient également enregistré une hausse, permettant aux carnets de commandes d’atteindre un niveau considéré comme normal.

Les perspectives demeurent favorables pour cette branche. Les industriels anticipent une progression de la production et des ventes au cours des trois prochains mois. Toutefois, cette confiance reste accompagnée d’une certaine prudence : 29% des entreprises déclarent des incertitudes concernant l’évolution future de leur activité.

Cette branche apparaît ainsi comme l’un des principaux points d’appui de l’industrie marocaine en juin, portée par une meilleure utilisation des capacités productives, une demande soutenue et une amélioration des commandes.

La chimie et parachimie profite d’une hausse de production malgré le recul des commandes

La branche chimie et parachimie affiche également une évolution positive au cours du mois de juin. La production aurait augmenté et le TUC se serait établi à 78%. Les ventes auraient connu une progression, aussi bien sur le marché national qu’à l’international.

Cette amélioration contraste toutefois avec l’évolution des commandes. Celles-ci auraient reculé durant la période, entraînant des carnets de commandes jugés inférieurs à la normale. Cette situation constitue l’un des principaux points de vigilance pour les industriels du secteur.

Malgré cette faiblesse au niveau des commandes, les entreprises restent optimistes pour les prochains mois. Elles anticipent une hausse de la production et des ventes, traduisant leur confiance dans une poursuite de l’amélioration de l’activité.

L’agroalimentaire reste stable

Dans l’agroalimentaire, l’évolution est plus équilibrée. La production aurait stagné en juin, tandis que le TUC se serait établi à 72%. En revanche, les ventes auraient progressé, principalement grâce à l’amélioration des expéditions vers l’étranger, alors que les ventes locales seraient restées stables.

Les commandes affichent également une évolution favorable avec une hausse enregistrée durant le mois. Les carnets de commandes se situent à un niveau jugé normal, ce qui traduit une situation plus confortable que dans plusieurs autres branches industrielles.

Pour le prochain trimestre, les chefs d’entreprises du secteur prévoient une progression de la production et des ventes. Néanmoins, le manque de visibilité demeure important : 42% des industriels interrogés déclarent des incertitudes concernant l’évolution future de la production, tandis que 32% évoquent des incertitudes pour les ventes.

Cette prudence montre que, malgré une situation actuelle relativement solide, les entreprises agroalimentaires restent attentives à l’évolution de la demande et aux conditions économiques.

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Le textile et cuir demeure le maillon fragile

À l’inverse des autres secteurs, le textile et cuir continue de connaître des difficultés. En juin 2026, la production aurait enregistré une baisse et le TUC aurait atteint 76%. Cette évolution résulte notamment du recul de l’industrie de l’habillement et des fourrures, alors que l’industrie du cuir et de la chaussure aurait enregistré une hausse et que l’industrie textile serait restée stable.

Les ventes auraient globalement stagné. Dans le détail, les ventes auraient progressé dans l’industrie textile ainsi que dans le cuir et la chaussure, mais auraient diminué dans l’habillement et les fourrures. Par destination, elles auraient augmenté sur le marché local tandis qu’elles seraient restées stables à l’étranger.

Les commandes restent le principal point faible du secteur. Elles auraient reculé dans l’ensemble des sous-branches, à l’exception du cuir et de la chaussure où elles auraient progressé. Les carnets de commandes demeurent toutefois à un niveau inférieur à la normale.

Pour les trois prochains mois, les industriels anticipent une stagnation de la production mais une hausse des ventes. La visibilité reste néanmoins limitée : près de la moitié des entreprises déclarent des incertitudes concernant l’évolution future de leur activité.

Des perspectives positives, mais une visibilité encore limitée

Au terme de cette enquête, l’industrie marocaine affiche donc des signaux encourageants. La progression du TUC à 78%, la hausse des ventes et l’amélioration de la production dans plusieurs branches témoignent d’une reprise progressive de l’activité.

Les industriels restent globalement confiants pour les prochains mois. Ils prévoient une hausse de la production et des ventes dans toutes les branches, à l’exception du textile et cuir où la production devrait rester stable.

Mais cette amélioration reste accompagnée d’un facteur d’incertitude important. Une entreprise sur quatre déclare ne pas avoir suffisamment de visibilité sur l’évolution future de son activité. Entre les branches les plus dynamiques, comme la mécanique-métallurgie, et celles confrontées à davantage de difficultés, comme le textile, la reprise industrielle marocaine apparaît donc encore inégale.

L’enjeu des prochains mois sera de transformer cette amélioration conjoncturelle en véritable consolidation durable, notamment à travers le renforcement des commandes, la progression des exportations et une meilleure visibilité pour les opérateurs industriels.

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