PLF 2026 : pouvoir d’achat en berne, mais pas au tapis
Gaz butane et sucre sont parmi les plus grands indicateurs du pouvoir d'achat des Marocains (montage photo) © DR
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La compensation des produits énergétiques et alimentaires a été fortement sollicitée en 2025, année marquée par une baisse du pouvoir d’achat ainsi qu’une grande instabilité des marchés internationaux. La montée des tensions géopolitiques et les possibles révisions des tarifs douaniers ont profondément influencé le commerce mondial. Le prix du pétrole brut Brent a oscillé entre 60,2 et 82,03 $/bbl, avec une moyenne de 71 $/bbl, soit un recul de 15% par rapport à 2024. Quant au gaz butane, il a fluctué entre 455 $/T et 675 $/T, avec une moyenne de 536 $/T, restant proche des niveaux de l’année précédente.
D’un côté, il y a les inquiétudes liées aux tensions internationales qui alimentent la hausse des prix et baissent le pouvoir d’achat, et de l’autre, l’augmentation de la production OPEP+ et le ralentissement attendu de la demande mondiale exercent un effet baissier. Pour les produits alimentaires subventionnés, la situation est également contrastée. Le blé tendre reste stable autour de 238 $/T grâce à une bonne production mondiale, tandis que le sucre brut chute de 13% à 421 $/T en raison d’une récolte mondiale abondante, notamment au Brésil et en Thaïlande.
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Face à cette volatilité internationale et aux effets de la sécheresse sur la production nationale, l’État a poursuivi en 2025 ses mesures de soutien pour garantir l’approvisionnement du pays, stabiliser les prix intérieurs et sauvegarder le pouvoir d’achat des Marocains.
Gaz butane : un pilier du pouvoir d’achat
Le gaz butane est un produit stratégique pour les ménages marocains, quelque soit leur pouvoir d’achat. Pour la bonbonne de 12 kg, la subvention moyenne de janvier à août 2025 s’est élevée à 53,47 DH, soit une baisse de 14% par rapport à la même période en 2024. Cette réduction reflète un ajustement progressif du niveau de subvention unitaire, mais également une contraction de la demande, la consommation nationale s’établissant à 154,85 millions de bonbonnes sur huit mois.
La consommation mensuelle a connu des pics en janvier, avril et mai, dépassant les 20 millions de bonbonnes, tandis qu’août a enregistré le niveau le plus bas avec 17,57 millions. La charge de compensation totale pour cette période s’élève à près de 8,5 milliards de DH (MMDH), en recul de 17% par rapport à 2024.
Il faut savoir que depuis 2012, l’État a consacré 167,2 MMDH à la compensation du gaz butane, ce qui représente plus de 4% des dépenses publiques, un niveau très élevé comparé à d’autres pays comme l’Inde, l’Égypte ou la Tunisie.
Malgré le poids budgétaire, le soutien se poursuit en 2026 dans le cadre du projet de loi de finances, intégré à une enveloppe globale de 13,770 MMDH, contre 16,5 MMDH en 2025, soit une baisse d’environ 16,5%, selon le rapport sur la compensation accompagnant le projet de loi de finances (PLF) de l’année prochaine. Cela s’explique principalement par la baisse des cours internationaux du gaz et du sucre, la contraction de la demande intérieure pour certains produits, ainsi que la stabilisation des prix internationaux du sucre brut, qui réduit la nécessité d’une subvention additionnelle élevée.
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Sucre : garantir l’accès malgré la sécheresse et les importations
Le sucre reste aussi un produit de première nécessité au Maroc, consommé tant dans les ménages que par le secteur agroalimentaire, grand indicateur du pouvoir d’achat des Marocains. La politique de soutien repose sur deux mécanismes principaux : une subvention forfaitaire à la consommation, actuellement de 3,64 DH/kg, et une subvention additionnelle à l’importation du sucre brut pour compenser les écarts de prix sur le marché international.
Entre janvier et août 2025, la charge de subvention pour le sucre raffiné s’élève à 3,05 MMDH, en légère hausse (+0,8%), tandis que celle pour l’importation du sucre brut est de 356 millions de DH (MDH), en baisse de 74% par rapport à 2024.
La production nationale de sucre a fortement décliné entre 2019 et 2024, passant de 600 KT à seulement 191 KT à cause des sécheresses successives. La consommation nationale reste stable autour de 1,2 million de tonnes, dont 61% pour le sucre granulé, 23% pour le sucre en pain et le reste pour les lingots et morceaux.
Pour combler le déficit, sécuriser l’approvisionnement et le pouvoir d’achat, les importations de sucre brut ont augmenté, atteignant 1,095 million de tonnes en 2024. En 2025, une reprise partielle de la production nationale à 280 KT permet de réduire légèrement la dépendance aux importations à 77%. Grâce à ces mécanismes, le prix du sucre demeure stable pour les ménages, tout en encourageant la production locale malgré des conditions climatiques difficiles.
Blé tendre et farine : assurer la sécurité alimentaire
Si nous parlons pouvoir d’achat, il faut absolument aborder le sujet du blé. Le blé tendre, utilisé principalement pour la fabrication du pain, est un produit clé de la sécurité alimentaire au Maroc. La campagne 2024/2025 a souffert de la sécheresse, avec une récolte de 22 millions de quintaux de blé tendre, en nette hausse par rapport à 2023 (16,7 MQx), mais bien en deçà des campagnes exceptionnelles comme 2020/2021 (103,2 MQx).
Pour compenser le déficit, le Maroc a importé environ 99 MQx de céréales, dont près de 50% de blé tendre. La France reste le principal fournisseur, assurant 64% des volumes importés, tandis que le blé dur provient exclusivement du Canada et le maïs du Brésil, des États-Unis et de l’Argentine.
L’État maintient un ensemble de mesures de soutien : subvention de la farine nationale (6,26 millions de quintaux), prime au stockage (2,50 DH/15 jours), prise en charge des frais de transport vers les zones éloignées et subvention à l’importation du blé tendre pour stabiliser le prix du pain à 1,20 DH. La charge globale pour le blé et la farine nationale a atteint 1,137 MMDH à fin août 2025, en baisse de 29% par rapport à 2024.
Cette politique permet d’assurer un approvisionnement régulier et de préserver le pouvoir d’achat des citoyens, tout en limitant l’impact des fluctuations internationales et des aléas climatiques.
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