Véhicule électrique : le Maroc numéro deux de l’Afrique

Avatar de Mouna Aghlal

Temps de lecture :

Véhicule électrique : le Maroc numéro deux de l'AfriquePhoto illustration © DR

A
A
A
A
A

En 2025, le Maroc s’est hissé au deuxième rang africain des ventes de voitures électriques, avec 5.500 unités écoulées. Cela représente 22% d’un marché continental estimé à près de 25.000 véhicules, selon le rapport mondial sur le véhicule électrique 2026 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Le pays se positionne derrière l’Égypte (7 900 ventes, soit 31,6 %) et devant l’Afrique du Sud (3.800 unités, 15,2%). Le marché africain reste encore modeste à l’échelle mondiale, mais déjà structuré autour de quelques pôles dominants.

Un marché africain concentré autour de trois pays

L’AIE souligne que le marché des véhicules électriques en Afrique est passé d’environ 4.000 unités en 2023 à près de 25.000 en 2025. Cette progression est principalement portée par l’Égypte, le Maroc et l’Afrique du Sud.

Ces trois pays totalisent 17.200 ventes, soit 68,8% du marché continental. Le reste, environ 7.800 véhicules, est réparti entre d’autres pays comme l’Éthiopie, Maurice, le Rwanda ou encore le Nigeria.

Le positionnement marocain montre un avantage net sur l’Afrique du Sud, avec 1.700 véhicules supplémentaires, soit environ 44,7 % de plus. L’écart avec l’Égypte reste toutefois de 2.400 unités.

À eux deux, l’Égypte et le Maroc cumulent 13.400 ventes, représentant 53,6% du marché africain. Cette concentration confirme le rôle central de ces deux économies dans la dynamique d’électrification du continent, alors que la majorité des autres pays reste en dessous du millier d’unités.

Un marché africain encore dépendant des importations

Le marché automobile africain reste fortement influencé par l’importation de véhicules d’occasion. Selon l’AIE, près de 60% des ajouts annuels au parc proviennent de voitures déjà utilisées importées depuis des marchés comme l’Allemagne, le Japon ou les États-Unis.

Cette réalité complique l’analyse des immatriculations neuves, notamment dans les pays où la distinction entre véhicules neufs, d’occasion importée et “zéro kilomètre” reste imprécise.

Dans ce contexte, le Maroc se distingue par un volume déjà significatif et une présence dans le segment des véhicules 100% électriques (BEV), plutôt que dans les hybrides rechargeables (PHEV), plus dominants en Afrique du Sud.

Le cas sud-africain illustre ce contraste : moins de 1% des ventes de voitures neuves y sont électriques en 2025, avec une majorité de PHEV représentant plus de 70% du segment électrifié. Le Maroc apparaît ainsi comme un marché plus orienté vers le tout-électrique.

Lire aussi : Diesel, hybride, électrique : le Maroc et la mobilité durable

L’influence croissante des constructeurs chinois

La dynamique du marché africain est également transformée par la montée en puissance des marques chinoises. En 2023, les constructeurs européens représentaient environ 40% des ventes de véhicules électriques en Afrique, tandis que BYD ne détenait que 4% du marché.

En 2025, la situation change fortement : BYD atteint 35% des ventes régionales. L’AIE observe une progression générale des constructeurs chinois dans les économies émergentes, portée par des prix compétitifs et une offre élargie.

Le Maroc s’inscrit dans cette tendance à travers ses importations et l’accès à des modèles souvent plus abordables que ceux des marques européennes.

Au-delà du marché de consommation, le Maroc commence à développer une présence industrielle. Le constructeur Neo Motors a lancé son premier modèle électrique au début de 2026, marquant une première étape dans la production locale.

Ce développement ajoute une dimension supplémentaire au positionnement du pays, qui ne se limite plus à l’importation mais commence à intégrer une production nationale, même à petite échelle.

Importations chinoises et batteries LFP : un enjeu stratégique

Le Maroc figure également dans les analyses liées aux chaînes d’approvisionnement, notamment pour les importations de véhicules chinois et l’intégration de batteries lithium-fer-phosphate (LFP).

L’AIE indique que des investissements ont été attirés dans la production de batteries LFP et de matériaux associés. Ces technologies sont devenues centrales dans l’industrie mondiale, dominée par la Chine, qui assure environ 75% de la production de véhicules électriques et une part majeure des exportations.

Malgré sa position continentale, le Maroc reste marginal dans le marché mondial. Ses 5.500 ventes représentent environ 0,0275% des plus de 20 millions de véhicules électriques vendus dans le monde en 2025. L’Afrique entière ne dépasse pas 0,125% du total global.

Enjeux énergétiques et perspectives

L’AIE rappelle que le transport routier représente près de la moitié de la demande mondiale de pétrole. En 2025, les véhicules électriques ont permis d’éviter environ 1,7 million de barils de pétrole par jour.

Pour un pays importateur d’énergie comme le Maroc, cette transition implique des enjeux directs : réduction de la dépendance énergétique, transformation du marché automobile et développement potentiel de chaînes industrielles locales liées aux batteries et à l’assemblage.

En résumé, trois chiffres structurent la position du Maroc en 2025 : 5.500 véhicules électriques vendus, 22% du marché africain et une deuxième place continentale derrière l’Égypte.

Ce socle est renforcé par un écosystème en construction incluant les importations chinoises, l’émergence de Neo Motors et les investissements liés aux batteries LFP, qui donnent au pays un rôle dépassant celui d’un simple marché de consommation.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Prix des carburants : le gouvernement écarte le plafonnement

Le gouvernement écarte le plafonnement des prix des carburants, jugé coûteux. Samir Belfkih invoque le poids de la compensation et mise sur la baisse des cours internationaux.

El Mehdi El Azhary - 5 novembre 2026
Aéroports marocains : les chantiers de modernisation se poursuivent avant 2030

Le Maroc prévoit 38 milliards de DH d’investissements pour moderniser ses aéroports et porter la capacité du réseau à 80 millions de passagers en 2030.

Aya Ait Chaib - 5 novembre 2026
XPENG L03 : une nouvelle expérience de conduite électrique avec jusqu’à 1.017 km d’autonomie

Importateur et distributeur officiel de la marque, le Groupe Smeia enrichit son catalogue avec la XPENG L03, un modèle qui mise sur la technologie électrique…

Article sponsorisé - 5 novembre 2026
Casablanca : les prix des viandes rouges repartent à la hausse

Les viandes rouges augmentent aux abattoirs de Casablanca. Les tomates atteignent 11 DH/kg, tandis que les avocats poursuivent leur baisse sur le marché de gros.

Ilyasse Rhamir - 5 novembre 2026
Bourse : cinq secteurs captent 85% des échanges étrangers

Les investisseurs étrangers ont réalisé 17,3 MMDH d’échanges en Bourse en 2025. Le Bâtiment et la Santé concentrent une part croissante de leurs transactions.

El Mehdi El Azhary - 4 novembre 2026
Association ÉNERGIES : Youness Snoussi élu à la présidence

L’Association ÉNERGIES renouvelle sa gouvernance avec l’élection de Youness Snoussi et lance plusieurs initiatives pour accompagner le secteur énergétique marocain.

Ilyasse Rhamir - 4 novembre 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Carburants : augmentations des prix à partir du 30 mars 2026 à minuit

Économie - Cette augmentation devrait impacter le budget des usagers, notamment les automobilistes et les professionnels du transport.

El Mehdi El Azhary - 28 mars 2026
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire