PLF 2025 : bilan d’exécution des budgets des SEGMA

Mbaye Gueye

Temps de lecture :

Adoption du cadre stratégique de réforme de la gestion des finances publiques 2026-2032 : Une vision unifiée pour une gouvernance moderne et inclusiveLe ministère de l’Économie et des Finances © DR

A
A
A
A
A

Le rapport des Services de l’État gérés de manière autonome (SEGMA), publié par le ministère de l’Économie et des Finances dans le cadre du projet de loi de Finances (PLF) pour l’année budgétaire 2025, indique que le bilan pour les années 2022 et 2023 met en lumière plusieurs évolutions contrastées entre les recettes et les dépenses. Si l’amélioration des recettes propres et l’efficacité des subventions montrent des avancées encourageantes, certains domaines importants comme l’enseignement et les infrastructures restent confrontés à des défis budgétaires. Détails.

Le bilan d’exécution des budgets des Services de l’État gérés de manière autonome (SEGMA) pour les années 2022 et 2023 révèle des dynamiques contrastées tant au niveau des recettes que des dépenses. Selon le document, en termes de charges, l’année 2022 a vu un total de dépenses de 5,28 milliards de dirhams (MMDH) dont 2,10 MMDH alloués à l’exploitation (soit un taux de réalisation de 53,96%) et 462,89 millions de dirhams (MDH) aux investissements (33,52%). Pour 2023, bien que les prévisions soient légèrement réduites à 5,26 MMDH, les dépenses ont atteint 2,65 MMDH, correspondant à une amélioration du taux de réalisation global à 50,37%.

Lire aussiPLF 2025 : le foncier, un catalyseur d’investissement et de développement durable

En qui concerne les ressources, les SEGMA ont réalisé une bonne performance dans la mobilisation des recettes propres. En 2022, elles ont atteint 1,68 MMDH, dépassant par la même accession les prévisions de 22,54%. En 2023, la croissance a été encore plus significative, les recettes propres ont presque doublé pour s’établir 2,42 MMDH, ce qui représente une hausse 76,41% par rapport aux prévisions. L’excédent des recettes sur les paiements des exercices précédents a également contribué à renforcer les ressources totales, avec un taux de réalisation de 114,58% en 2023.

Variation des subventions en fonction selon les domaines

Le rapport détaille que les subventions constituent un pilier crucial dans le financement des SEGMA. Elles ont connu une évolution divergente. En 2022, les subventions d’exploitation ont légèrement dépassé les prévisions, atteignant 100,65%. Toutefois, celles réservées aux investissements ont affiché une meilleure performance à cette période avec 101,20% alors qu’en 2023, elles établissent à 85,95%. Cette légère baisse de l’efficacité des subventions d’investissement peut être attribuée à divers facteurs structurels et conjoncturels influençant les projets de développement.

Toujours dans le même sillage, document rapporte que l’analyse effectuée par domaine montre des disparités significatives. Par exemple, dans le domaine de la santé, les recettes propres ont enregistré une hausse de 104,87% en 2022 et un bond impressionnant de 197,25% en 2023. Les dépenses d’exploitation dans ce secteur ont également vu une amélioration avec un taux de réalisation passant de 63,78% en 2022 à 71,89% en 2023.

En revanche, le domaine de l’enseignement et de la formation professionnelle a été marqué par un ralentissement de l’exécution des budgets. Le taux de réalisation des dépenses d’exploitation y a plafonné à 44,57% en 2022 et à 49,26% en 2023. L’investissement, pour sa part, a affiché un taux de réalisation de 20,96% en 2022 et de 23,75% en 2023, illustrant des difficultés persistantes dans la mise en œuvre des projets d’infrastructure et de développement.

Les recettes propres en hausse pour les activités récréatives

Dans les autres domaines, les SEGMA relevant des activités récréatives ont enregistré une augmentation des recettes propres de 130,59% en 2022, et une forte hausse de 168,71% en 2023, soulignant une dynamique positive dans la diversification des sources de financement. Le domaine des pouvoirs publics et services généraux a également enregistré une amélioration notable, avec un taux de recouvrement des dépenses de 91,38% en 2022, qui s’est maintenu à 89,81% en 2023, malgré des fluctuations dans les recettes.

Par ailleurs, en 2023-2024, le rapport indique que l’évolution du nombre de SEGMA montre des tendances intéressantes selon les domaines d’intervention. Dans le secteur de la santé, le nombre d’établissements est resté stable avec 91 SEGMA, témoignant d’une consolidation des structures existantes pour répondre aux besoins sanitaires.

Lire aussiPLF 2025 : manque de solutions pour les TPE-PME et auto-entrepreneurs

Le domaine de l’enseignement et de la formation professionnelle n’a pas connu de croissance, restant figé à 44 SEGMA. Cette stagnation indique un maintien des capacités d’accueil et des structures de formation, sans expansion notable pour cette période.

Les activités récréatives ont conservé un nombre constant de 5 SEGMA, soulignant une stabilité dans l’offre de loisirs et de culture, sans développement supplémentaire. De même, les autres actions sociales et les pouvoirs publics ont vu leur nombre de SEGMA inchangé à 3 et 9 respectivement.

Par contre, le secteur de l’équipement, du transport et des infrastructures économiques affiche également une stabilité avec 16 SEGMA. Ces chiffres traduisent une volonté du gouvernement de consolider les structures existantes tout en préservant les équilibres budgétaires.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
SIAM 2026 : le journalisme agricole à l’honneur face aux défis du secteur

Société - Le Prix du journalisme agricole au SIAM 2026 a récompensé plusieurs journalistes, soulignant le rôle essentiel de la presse spécialisée.

El Mehdi El Azhary - 24 avril 2026
SIAM 2026 : le cheptel national reprend des couleurs à l’approche de l’Aïd

Économie - Le cheptel se redresse avant l’Aïd, mais l’équilibre du marché reste fragile et les prix sous pression, selon des professionnels.

El Mehdi El Azhary - 24 avril 2026
Que va changer l’ONCF sur la LGV Kénitra-Marrakech ?

Économie - Le programme ferroviaire de l’ONCF avance sur la LGV Kénitra-Marrakech, avec des travaux en cours et de nouveaux trains prévus.

Rédaction LeBrief - 24 avril 2026
Royal Air Maroc revoit ses vols face à la flambée du kérosène

Économie - Royal Air Maroc ajuste plusieurs vols et destinations face à la flambée du kérosène. Découvrez les lignes concernées et les enjeux.

Rédaction LeBrief - 24 avril 2026
SIAM 2026 : Al Moutmir met l’innovation au service d’une agriculture durable, du sol à l’élevage

Économie - Al Moutmir présente une approche agricole intégrée au SIAM 2026 combinant innovation, digitalisation et accompagnement sur le terrain.

El Mehdi El Azhary - 24 avril 2026
SIAM 2026 : un partenariat entre la COMADER et CropLife pour encadrer l’usage des produits phytopharmaceutiques

Économie - La COMADER et CropLife Maroc signent un partenariat pour promouvoir l’usage responsable des produits phytopharmaceutiques au SIAM 2026.

El Mehdi El Azhary - 24 avril 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire