Londres : Bouayach présente l’expérience marocaine en matière de protection de la religion contre l’exploitation politique
Amina Bouayach
Présidente du Conseil national des droits de l’Homme du Maroc. DR
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La présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, a présenté, jeudi à Londres, l’expérience marocaine en matière de protection de la religion contre l’exploitation politique.
Prenant la parole lors d’une conférence initiée par l’organisation « Be pure international » sur l’interdiction de l’exploitation politique de la religion et marquée par la participation de l’ambassadeur du Maroc au Royaume-Uni, Hakim Hajoui, Bouayach a braqué les projecteurs sur les marques distinctives de cette expérience qui a permis de développer un modèle « propre » visant à protéger la religion contre son exploitation politique, tout en préservant son essence et en empêchant les abus.
« Au cœur de ce modèle émerge un principe clair, encadré de manière institutionnelle », a-t-elle relevé, mettant en relief le rôle joué par le Conseil supérieur des Oulémas, présidé par le roi Mohammed VI en tant qu’unique instance habilitée à émettre des avis. Cette institution garantit que l’interprétation de la religion « demeure fidèle aux principes religieux tout en étant en phase avec l’évolution de la société et la réalité contemporaine », a-t-elle noté, faisant valoir que ce modèle marocain a donné lieu à des résultats concrets, en barrant la voie à toute mauvaise interprétation.
Pour illustrer l’exemplarité de ce modèle, Bouayach a cité l’expérience des Mourchidates, qui reflète, selon elle, une compréhension dynamique et inclusive de la religion, favorisant la participation, la sensibilisation et l’égalité. Dans ce cadre, elle a fait observer que le Maroc se démarque comme l’un des pays rares au monde où les femmes peuvent exercer en tant qu’adouls et établir officiellement des actes de mariage, estimant que cette particularité montre que l’interprétation des religions et de leurs règles « peut élargir le champ des droits au lieu de le restreindre, lorsqu’elle est encadrée et guidée de manière responsable ».
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Un modèle marocain distinct
Bouayach a, en outre, mis en avant la coopération institutionnelle qui distingue le modèle marocain, notamment entre le Conseil supérieur des oulémas et d’autres institutions, rappelant que le CNDH a participé à des échanges et débats organisés par ledit Conseil, contribuant ainsi à maintenir les liens entre la pensée religieuse et la dignité humaine, les libertés fondamentales et la cohésion sociale.
Par ailleurs, elle a évoqué les efforts déployés au Maroc en matière de prévention et de réhabilitation, notamment à travers le programme Moussalaha, qui vise la réinsertion des personnes condamnées pour des affaires liées à l’extrémisme, en s’appuyant notamment sur le dialogue, la sensibilisation, la promotion des droits humains, le soutien psychologique et la compréhension modérée de la religion.
Parrainée par le groupe parlementaire multipartite britannique pour la liberté internationale de religion ou de conviction, la conférence, tenue au siège du parlement britannique, visait, selon ses organisateurs, à traiter les causes profondes des conflits religieux et des discriminations à travers le monde et à construire un consensus mondial autour de normes internationales claires pour définir et interdire toutes les formes d’exploitation politique de la religion.
À la fin de la conférence, Bouayach a reçu le prix international de lutte contre l’exploitation politique de la religion, attribué par les organisateurs, en reconnaissance de « son engagement dans la lutte contre l’extrémisme, le rejet de l’instrumentalisation de la religion à des fins de division et la protection de l’espace civique où s’épanouissent la liberté de croyance et une citoyenneté égalitaire ».
Cette rencontre a réuni des professionnels de santé impliqués dans la prise en charge des patients atteints de cancer et leur a proposé une synthèse des principaux travaux.
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