Le CESE dresse un bilan contrasté du Maroc en 2025 malgré une croissance solide
Croissance économique (Illustration) © depositphotos
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Dans son Rapport annuel 2025, le Conseil souligne toutefois que ces avancées ne doivent pas masquer des fragilités persistantes, notamment en matière d’emploi, de disparités territoriales, de participation économique des femmes et de résilience face aux défis climatiques.
Une croissance soutenue mais encore vulnérable
Selon le CESE, l’économie marocaine a enregistré une croissance de 4,9% en 2025, favorisée par le rebond de l’activité agricole, la poursuite des grands projets d’infrastructure et le dynamisme de plusieurs secteurs productifs. Le tourisme a atteint un niveau historique avec près de 19,8 millions de visiteurs, tandis que les investissements directs étrangers ont fortement progressé grâce au développement du nearshoring et du friendshoring.
Le Conseil relève également que les recettes touristiques sont devenues la première source de devises du Royaume, devant les transferts des Marocains résidant à l’étranger. Dans le même temps, les exportations manufacturières à plus forte valeur ajoutée continuent de gagner du terrain.
Cependant, cette dynamique reste confrontée à plusieurs vulnérabilités. Le déficit commercial s’est creusé à 20,5% du PIB, tandis que certaines filières exportatrices, notamment l’industrie automobile, ont souffert du ralentissement de la demande européenne. Le CESE estime également que l’investissement demeure largement porté par le secteur public, ce qui souligne la nécessité de mobiliser davantage l’investissement privé afin de stimuler la compétitivité et la création d’emplois.
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Le rapport met en avant les progrès réalisés dans la généralisation de l’État social. L’assurance maladie obligatoire couvre désormais près de 88% de la population, contre 42% avant la réforme, tandis que le dispositif d’aide sociale directe bénéficie à près de 3,9 millions de familles.
Le CESE insiste toutefois sur la nécessité d’améliorer l’effectivité de ces réformes. Il recommande notamment de réduire le reste à charge des ménages, d’assurer la soutenabilité financière des régimes de protection sociale et de renforcer les ressources humaines dans le secteur de la santé.
Le Conseil salue également les progrès enregistrés dans l’éducation, avec l’extension des écoles pionnières, la généralisation du préscolaire et le développement de la formation professionnelle. Il estime cependant que les efforts doivent désormais porter sur la qualité des apprentissages, la lutte contre le décrochage scolaire et une meilleure adéquation entre les formations et les besoins du marché du travail.
Malgré un léger recul du chômage à 13%, le marché du travail demeure marqué par d’importants déséquilibres. Les jeunes, les femmes et les diplômés restent les plus touchés, tandis que la qualité des emplois constitue une préoccupation majeure. Le CESE rappelle que près de 46% des salariés ne disposent pas d’un contrat écrit, illustrant la persistance de la précarité.
Le Conseil considère que les grands projets prévus à l’horizon 2030 représentent une opportunité importante, mais insiste sur la nécessité de renforcer leur impact sur la création d’emplois, l’intégration des TPME dans les chaînes de valeur et le développement territorial équilibré.
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Une transition écologique à accélérer
Sur le plan environnemental, le CESE rappelle que le Maroc poursuit sa transition énergétique avec une part des énergies renouvelables dépassant désormais 45% de la puissance électrique installée. Le Royaume s’est également fixé un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 53% à l’horizon 2035.
Toutefois, le Conseil souligne que le stress hydrique demeure structurel malgré l’amélioration des réserves des barrages en 2025. Il appelle à renforcer la gouvernance de l’eau, à développer les ressources non conventionnelles et à accélérer les projets de dessalement ainsi que les interconnexions entre bassins hydrauliques.
Cinq points de vigilance pour les pouvoirs publics
Au-delà du bilan annuel, le CESE identifie plusieurs priorités stratégiques. Il recommande notamment de renforcer les stocks de sécurité des hydrocarbures et des céréales afin de mieux faire face aux chocs internationaux, d’adapter les politiques publiques aux nouvelles formes d’expression de la jeunesse, de favoriser la participation économique des femmes, de placer l’humain au cœur de la transformation numérique et de renforcer la résilience du littoral face à l’érosion et à la montée du niveau de la mer.
Une vision tournée vers le long terme
Enfin, le rapport consacre un focus aux liens entre immigration et transition démographique. Le CESE estime que l’immigration ne constitue pas une réponse aux défis démographiques du Maroc, mais qu’elle peut contribuer, dans une logique de complémentarité avec le capital humain national, au développement économique et social du Royaume. Le Conseil plaide ainsi pour une politique migratoire davantage intégrée aux stratégies de développement et fondée sur une meilleure anticipation des évolutions démographiques.
L’ONICL a lancé un marché pour importer 363.636 tonnes de blé tendre d’origine américaine. Cette opération vise à sécuriser l’approvisionnement du Royaume.
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