RDC : un nouveau partenariat de 11 milliards $ avec la Banque mondiale
La République démocratique du Congo (RDC) et la Banque mondiale préparent un nouveau cadre de partenariat-pays (CPF) qui devrait définir les priorités de leur coopération pour la prochaine décennie. Dans ce cadre, l’institution financière internationale envisage de mobiliser une enveloppe pouvant atteindre 11 milliards de dollars afin d’accompagner les objectifs de développement du gouvernement congolais.
Les consultations pour l’élaboration de ce partenariat ont été lancées sous la conduite de la première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, selon un communiqué de la Primature publié le 6 juillet. Le futur CPF devrait s’articuler autour de plusieurs axes prioritaires : la diversification de l’économie, la création d’emplois durables, le développement des infrastructures, le renforcement du capital humain et l’amélioration du climat des affaires pour stimuler les investissements privés.
Ce partenariat s’inscrit dans la volonté affichée par Kinshasa de réduire sa dépendance au secteur extractif et d’accélérer la transformation économique du pays. Le gouvernement entend notamment aligner cette coopération sur le premier pilier de son programme d’action, consacré à la création d’emplois et à la diversification de l’économie.
La RDC connaît une croissance économique soutenue, mais celle-ci reste largement portée par l’exploitation minière. Selon les données de la Banque mondiale, le produit intérieur brut (PIB) réel du pays a progressé de 5,5% en 2025, principalement grâce au dynamisme du secteur extractif. Cette performance a toutefois été freinée par le durcissement des politiques économiques et les difficultés sécuritaires persistantes dans l’est du territoire.
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Une croissance prévue de 5,1% en 2026-2028
Pour la période 2026-2028, la Banque mondiale table sur une croissance moyenne de 5,1%. Le ralentissement attendu de la production minière devrait être partiellement compensé par la progression des services et de la construction. L’institution souligne néanmoins plusieurs facteurs de risque, notamment l’instabilité sécuritaire, la fluctuation des cours des matières premières et les incertitudes liées au contexte international.
Malgré ces indicateurs macroéconomiques favorables, la situation sociale demeure préoccupante. La Banque mondiale estime que 81,1% de la population congolaise vivait avec moins de 3 dollars par jour en 2025, en parité de pouvoir d’achat. Les données de l’Institut national de la statistique indiquent également qu’environ 69% des habitants restent sous le seuil national de pauvreté.
Le nouveau cadre de partenariat devra accompagner la mise en œuvre du Plan national stratégique de développement (PNSD 2024-2028), qui prévoit notamment le développement de l’agriculture, de l’industrie et des infrastructures. Parmi les programmes soutenus figurent le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T) et la numérisation des services publics. Kinshasa ambitionne ainsi de renforcer le capital humain et la gouvernance afin de progresser vers le statut de pays à revenu intermédiaire à l’horizon 2028.