Croissance et transformation structurelle : le Growth Summit relance le débat
De droite à gauche; Karim El Aynaoui, président exécutif, Policy Center for the New South avec Markus Goldstein, vice-président et chercheur principal, Center for Global Development et Chema Triki, directrice générale, Growth Teams, 24 mars 2026, Rabat © LeBrief
A
A
A
A
Réunis à Rabat, chercheurs, décideurs publics et acteurs du développement ont lancé une nouvelle édition du Growth Summit, un événement consacré aux défis et aux opportunités de la croissance économique dans les pays en développement, en particulier en Afrique.
Organisé en partenariat avec le Policy center for the new South (PCNS), le Center for global development et Growth teams, le sommet vise à replacer la question de la croissance et de la transformation structurelle au cœur des débats sur le développement.
Dès l’ouverture, les intervenants ont insisté sur un constat partagé : la croissance économique, longtemps reléguée au second plan dans les discussions internationales, revient aujourd’hui au centre des préoccupations.
Selon les spécialistes, cette évolution s’explique par les transformations profondes que connaît l’économie mondiale et par les défis croissants auxquels font face les pays à revenu faible et intermédiaire.
Le retour de la question de la croissance
Dans son discours introductif, Karim El Aynaoui, président du Policy center for the new South, a rappelé que la croissance économique avait longtemps constitué le cœur de l’économie du développement, notamment dans les années 1950 à 1970. À cette époque, les économistes s’intéressaient particulièrement aux moyens de stimuler l’industrialisation et de financer le développement.
Lire aussi : Le PCNS publie la 12ᵉ édition d’Atlantic Currents consacrée à la période d’instabilité
Pour les pays africains, la question centrale reste toutefois très concrète : comment créer des emplois, attirer les investissements étrangers, développer les échanges commerciaux et améliorer les infrastructures tout en gérant des contraintes budgétaires importantes. Les décideurs doivent également concilier des objectifs de croissance à long terme avec des défis immédiats, notamment l’endettement croissant de nombreux pays.
Les intervenants ont également souligné qu’une gestion macroéconomique solide demeure un préalable essentiel. Sans stabilité macroéconomique, les gouvernements disposent de peu de marge de manœuvre pour financer des politiques de développement ambitieuses.
Un contexte mondial en pleine transformation
La deuxième édition du Growth Summit intervient dans un contexte international marqué par des changements majeurs. Selon les organisateurs, plusieurs transformations structurelles redéfinissent aujourd’hui les perspectives de croissance pour les pays en développement.
La première concerne l’évolution de l’ordre économique mondial. Les règles du commerce international, longtemps considérées comme stables, sont de plus en plus remises en question, y compris par les pays qui les avaient initialement établies. Cette situation ouvre à la fois des incertitudes et de nouvelles marges de manœuvre pour les économies émergentes.
La deuxième transformation est le retour assumé des politiques industrielles. Après plusieurs décennies de relative marginalisation, ces stratégies redeviennent un instrument central pour stimuler la production, développer de nouveaux secteurs et renforcer les capacités économiques nationales.
Lire aussi : Le PCNS dévoile son rapport annuel sur l’économie de l’Afrique
La transition énergétique constitue également un facteur déterminant. Le passage vers une économie plus verte crée de nouvelles chaînes de valeur et de nouvelles technologies, mais il peut aussi imposer de nouvelles contraintes aux pays en développement qui cherchent à s’industrialiser.
Par ailleurs, l’architecture de l’aide internationale connaît elle aussi des bouleversements. La réduction de certains financements et les évolutions des politiques d’aide obligent les pays et les institutions à repenser leurs stratégies de développement.
Enfin, l’essor rapide de l’intelligence artificielle soulève des interrogations majeures. Ses effets potentiels sur la productivité, l’emploi et l’industrialisation restent difficiles à anticiper, mais pourraient profondément transformer les trajectoires économiques des pays en développement.
Face à ces mutations, les organisateurs du sommet estiment qu’il est essentiel de revenir aux causes profondes du développement économique. Selon eux, de nombreux débats actuels se concentrent sur des symptômes, comme l’emploi des jeunes, l’intégration des femmes dans le marché du travail ou la formalisation de l’économie informelle, plutôt que sur les moteurs fondamentaux de la transformation économique.
Le financement participatif de l’habitat a atteint 31,5 milliards de dirhams fin juin 2026, en hausse de 16,7% sur un an, selon Bank Al-Maghrib.
El Mehdi El Azhary - 11 août 2026Le CESE alerte sur les failles des réserves de carburants au Maroc et préconise une réforme combinant stocks publics et privés, contrôle renforcé et suivi numérique.
El Mehdi El Azhary - 11 août 2026Le groupe immobilier a réalisé 1,4 milliard de dirhams de chiffre d’affaires au premier semestre 2026, en hausse de 9% sur un an. Les préventes ont progressé à 5.557 unités.
Rédaction LeBrief - 11 août 2026La France ferme la porte au démarchage téléphonique, inquiétant au passage de nombreux centres d’appels. Au Maroc, qui risque d’en payer le prix ? Réponse d’un spécialiste.
Sabrina El Faiz - 11 août 2026La DGI rappelle l’échéance du 1er septembre 2026 pour plusieurs obligations fiscales. Qui est concerné et quelles démarches seront à effectuer avant la date butoir ?
Rédaction LeBrief - 11 août 2026Le ministère de l’Agriculture défend les aides au cheptel, alors que 160.000 bénéficiaires n’ont pas perçu la deuxième tranche et que le débat sur les importations persiste.
Ilyasse Rhamir - 11 août 2026Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.
Sabrina El Faiz - 14 mars 2026Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !
Sabrina El Faiz - 7 mars 2026Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.
Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.
Rédaction LeBrief - 13 mars 2026Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.
Sabrina El Faiz - 21 février 2026Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.
El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026