Crise du logement, dissolution et obsession marocaine : le grand vertige espagnol
Le premier ministre Pedro Sánchez (de dos) s'adresse au leader de Vox, Santiago Abascal © (EFE/JP Gandul)
A
A
A
A
Pour comprendre la tempête qui secoue l’Espagne, il faut regarder du côté d’une femme de 87 ans. Oui, il faut balayer devant sa porte d’abord, comme dirait l’adage. L’histoire de Maricarmen Abascal est devenue en quelques jours l’étincelle d’un brasier social national. Installée depuis 1956 dans son appartement du quartier madrilène de Retiro, cette octogénaire vivant avec une petite retraite a vu la société immobilière Urbagestión, qualifiée de fonds vautour, faire exploser son loyer de 500 à 2.650 euros par mois.
Le 23 septembre dernier, malgré les protestations du voisinage, la police a défoncé sa porte et l’a évacuée sur une civière direction l’hôpital. Ces images choc ont soulevé une vague d’indignation. Dès le 26 septembre, la Puerta del Sol à Madrid s’est couverte de tentes avec le mouvement « 26-S », rappelant à s’y méprendre le ras-le-bol du 15-M. Et même si la pression populaire a fini par contraindre le propriétaire à laisser Maricarmen réintégrer son logement avec un loyer décent, la colère sociale était déjà trop vive pour s’éteindre.
L’impasse parlementaire de Sánchez et le saut dans l’inconnu
Pris en tenaille par la rue qui réclamait un toit décent, le premier ministre Pedro Sánchez a tenté un coup d’éclat politique. Son gouvernement de coalition a présenté en urgence deux décrets-lois prévoyant le gel des loyers, l’interdiction des expulsions de ménages vulnérables jusqu’en 2030 et des freins à la spéculation immobilière.
Espagne : Sánchez dissout le Parlement et convoque des élections anticipées
C’était sans compter sur la réalité du Parlement espagnol. Le 2 octobre, l’opposition de droite du Parti populaire (PP) et de Vox, rejointe par les indépendantistes catalans de Junts per Catalunya, a sèchement rejeté les décrets. Privé de majorité et désavoué, Pedro Sánchez a pris la parole le 5 octobre au matin pour annoncer la dissolution des Chambres et la convocation de législatives anticipées pour le 29 novembre. L’Espagne s’engage ainsi dans un nouveau scrutin général au milieu d’un climat social délétère.
Quand Madrid patine, le Maroc sert de paratonnerre
Au Maroc, nous observons ce spectacle politique avec un œil particulièrement averti. Pourquoi ? Parce qu’à chaque fois que la politique espagnole s’embourbe dans ses contradictions sociales, une partie de la classe politique ibérique ressort son vieux réflexe conditionné : instrumentaliser le voisin du Sud.
A peine la date des élections annoncée, Santiago Abascal, le chef du parti d’extrême droite Vox, s’est précipité sur les plateaux de télévision pour qualifier Pedro Sánchez de « candidat du Maroc ». Agitant la crise migratoire survenue à Sebta fin juillet, l’extrême droite accuse sans complexe le gouvernement espagnol de céder à un prétendu « chantage » marocain et réclame la militarisation des frontières.
Pour les observateurs à Rabat, le procédé est usé jusqu’à la corde. Incapables d’offrir des réponses concrètes à la jeunesse espagnole qui ne trouve plus à se loger ou aux personnes âgées expulsées de chez elles, les populistes madrilènes cherchent à braquer les projecteurs sur un ennemi extérieur imaginaire. Le Maroc n’est pour rien dans la boulimie spéculative des fonds immobiliers à Madrid, ni dans le jeu cynique des alliances parlementaires au Congrès espagnol.
En poussant l’Espagne vers les urnes le 29 novembre, la crise du logement révèle les failles béantes du modèle espagnol. Reste à savoir si les électeurs ibériques se laisseront une fois de plus distraire par ces gesticulations anti-marocaines, ou s’ils exigeront enfin des comptes à leurs propres dirigeants sur leurs vrais problèmes du quotidien.
Le PPS réunit son comité central à Rabat pour analyser les résultats des législatives du 23 septembre et examiner les prochaines évolutions politiques.
Ilyasse Rhamir - 5 octobre 2026Taïwan déconseille les déplacements non essentiels au Maroc, invoquant notamment les accords judiciaires conclus entre Rabat et Pékin.
Ilyasse Rhamir - 5 octobre 2026Quatre partis représentés au Parlement annoncent la constitution d’un groupe commun de six députés, destiné à renforcer leur action législative et de contrôle.
El Mehdi El Azhary - 4 octobre 2026L’Union constitutionnelle (UC) charge son secrétaire général Mohamed Joudar de conduire les consultations avec la cheffe du gouvernement désignée, Fatima Ezzahra El Mansouri.
El Mehdi El Azhary - 4 octobre 2026198 sièges à trouver, 350 MMDH à financer : le vrai programme d’El Mansouri commence après les urnes. Plongée dans le marché de gros de Rabat où chaque chose a son prix.
Sabrina El Faiz - 3 octobre 2026Le MP a décidé de mandater le secrétaire général du parti, Mohamed Ouzzine, pour poursuivre les consultations politiques avec le PAM.
Rédaction LeBrief - 3 octobre 2026Politique - Le gouvernement fait le point sur la réforme de l'enseignement supérieur et son impact sur la recherche scientifique.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026Politique - Le Conseil de gouvernement approuve des décrets sur la pêche continentale et les OPCVM pour une meilleure organisation sectorielle.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026Politique - Le CCG réaffirme son appui à la marocanité du Sahara lors de la 8e réunion ministérielle conjointe.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026Politique – Comment la télémédecine transforme l’accès aux soins, notamment dans les zones rurales ou enclavées ?
Sabrina El Faiz - 12 mars 2026Politique - Le CCG salue l'engagement du roi Mohammed VI lors de la réunion ministérielle conjointe. Un moment fort pour le Maroc et la région.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026Politique - Le ministre lance des projets pour renforcer la connectivité à Khénifra et améliorer les infrastructures routières locales.
Mouna Aghlal - 10 mars 2026