Crise climatique : quelle influence sur la migration?
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Ils sont nombreux les présidents et chefs de gouvernement à fermer les yeux pour des besoins électoralistes sur la fameuse question du changement climatique et de ses conséquences dans la vie de leurs concitoyens. Mais la dure réalité nous a tous rattrapés avec des températures record accompagnées de vagues de chaleur qui font parfois des victimes. Sans oublier la sècheresse qui frappe de nombreux pays en Afrique alors que ces derniers payent pour les autres.
La Tanzanie, le Kenya, l’Éthiopie et l’Afrique Australe sont tous touchés par le phénomène El Nino. Ce phénomène naturel entraîne des conditions météorologiques extrêmes, allant d’inondations dévastatrices à des sécheresses prolongées. C’est le résultat du changement climatique observé un peu partout à travers le globe. Ces phénomènes météorologiques ont des conséquences néfastes dans la vie des personnes. Les sécheresses, notamment, et les conditions climatiques les poussent à abandonner leur foyer à la rechercher d’un meilleur avenir.
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Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) 70% des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays proviennent des régions les plus vulnérables au changement climatique. Chaque année, des millions de personnes sont contraintes de quitter leur domicile en raison de catastrophes climatiques.
En Afrique du Nord, les effets du changement climatique sont particulièrement marqués, obligeant de nombreuses personnes à se déplacer pour trouver des conditions de vie plus sûres. Ces populations déplacées, vivant dans des zones exposées aux impacts climatiques, font face à des risques importants pour leur vie et leurs moyens de subsistance. En l’absence d’un soutien adéquat pour faciliter leur adaptation, les crises et les déplacements pourraient persister et même s’intensifier, créant un cycle de vulnérabilité croissante.
La migration touche davantage les zones rurales
Le Maroc ne fait pas exception. Hélas, depuis quelques décennies, le Royaume fait face aux pressions croissantes du changement climatique, qui intensifie des phénomènes météorologiques extrêmes. Comme en témoigne une étude présentée lors de l’atelier organisé à Rabat par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le mardi 27 août, sur les liens complexes entre migration, environnement et changement climatique (MECC).
Cet atelier met en lumière les résultats d’une étude approfondie sur les liens entre migration et changement climatique dans les régions marocaines de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et de Souss Massa. Cette étude révèle l’impact caractéristique du changement climatique sur les mouvements de population dans ces zones particulièrement vulnérables.
L’étude a démontré que les dégradations environnementales causées par le changement climatique, telles que les sécheresses prolongées et les inondations, influencent fortement les dynamiques migratoires dans les régions étudiées. Dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, les périodes de sécheresse ont provoqué des pénuries d’eau et des pertes de récoltes, poussant de nombreux habitants à migrer vers les centres urbains à la recherche de meilleures conditions de vie. Cette migration interne a eu des répercussions sur les infrastructures urbaines et les marchés du travail locaux.
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Dans la région de Souss Massa, l’étude a révélé que les perturbations agricoles dues aux conditions climatiques extrêmes entraînent également des migrations internes massives. Les communautés agricoles, essentielles pour l’économie locale, sont particulièrement touchées par les crises environnementales, ce qui les pousse à chercher des opportunités économiques ailleurs. Cette situation est exacerbée par les problèmes de gestion de l’eau et les écosystèmes fragiles, qui rendent ces régions particulièrement sensibles aux impacts climatiques.
Par ailleurs, les intervenants à l’image de l’ancienne ministre de l’Aménagement du territoire national et présidente de la Fondation ConnectinGroup International, Nouzha Bouchareb a souligné la nécessité de renforcer le plaidoyer pour une meilleure compréhension des relations entre migration, environnement et changement climatique. Elle a affirmé que « pour répondre de manière efficace et équitable aux défis posés par le changement climatique et les flux migratoires, il est crucial d’assurer une meilleure cohérence et coordination entre les politiques publiques sectorielles ».
Quant à Laura Palatini, cheffe de mission de l’OIM au Maroc, a affirmé : « Nous travaillons en étroite collaboration avec le gouvernement marocain et tous les acteurs impliqués pour développer des stratégies efficaces visant à intégrer les dimensions de la migration et du climat dans les politiques publiques. »
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