Les textes sont adoptés, les décisions validées et le système se met naturellement en place. Enfin, naturellement, il se fait, comme à son habitude, sans réel débat. La réforme de l’aquaculture, couplée à celle de la vente en gros du poisson, en fait partie.
A la première lecture, tout se tient. Organiser le marché, améliorer la transparence, réduire les intermédiaires, structurer la production. C’est beau… et difficilement contestable. Mais à s’y pencher davantage, toute une chaîne se redessine.
Car aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de pêcher. Il s’agirait, officiellement, de produire, d’organiser, de distribuer.
La mer, elle, n’a pas changé, mais tout ce qu’il y a autour, oui.
Pendant longtemps, le secteur fonctionnait avec ses équilibres. Des pêcheurs, des intermédiaires, des marchés, chacun avec sa place, ses marges, ses contraintes. Ce n’était pas parfait, mais c’était vivant. A présent, on rationalise, et à force d’organiser, on finit par sélectionner !
Dire que c’est une modernisation ne signifie pas que tout le monde en bénéficie. Dans ces nouvelles règles, certains entrent naturellement… pendant que d’autres doivent s’adapter, ou sortir du game.
A mesure que le système se met en place, l’on se demande qui, demain, pourra encore vivre de la mer ?
Dans le business comme dans la société, les transformations les plus profondes sont celles qui redéfinissent l’accès. On ne change pas seulement la manière de produire ou de vendre le poisson, on redéfinit les conditions pour en faire partie.
Et parfois, il n’en faut pas plus que ça, pour calmer une mer agitée par le monopole.
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