Deux moutons, deux années, deux fêtes ratées. Voilà le vrai bilan d’une coalition, celle qui devait tenir bon, gouverner sérieusement et livrer des résultats. Elle a surtout livré des files d’attente interminables, des prix qui font mal au portefeuille, et une polémique sur les subventions qui n’en finit plus de pourrir l’ambiance. Et maintenant, à trois mois des législatives, la même coalition se déchire en direct sur le dossier qu’elle avait soigneusement enterré l’année dernière.
Rappel pour ceux qui auraient zappé… En 2025, l’opposition demande une commission d’enquête parlementaire sur les aides accordées aux importateurs d’ovins. PAM et Istiqlal refusent. Pas de quorum, pas de commission. On recycle l’idée en « mission exploratoire », version light, même destin. Pas de rapport, rien.
Et puis la semaine dernière, rebelote : même demande, même texte, mêmes députés. Sauf que cette fois, PAM et Istiqlal disent oui. Le même oui qu’ils avaient refusé avec véhémence 12 mois plus tôt. Sans explication. Sans le moindre début de justification.
Le RNI, lui, a sorti un communiqué de quatre points : pas le temps, pas d’urgence, récupération politicienne, pacte de majorité… Ce qu’on ne dit pas est pourtant criant. 13 milliards de DH d’allègements fiscaux et douaniers, 437 millions de DH d’aides directes, 145 opérateurs, des centaines de milliers de moutons importés. Résultat ? Un Aïd 2025 annulé, un Aïd 2026 sérieusement gâché par la cherté.
Une commission d’enquête poserait des questions très précises sur tout ça. Sur les chiffres, sur les opérateurs, sur les décisions. Et surtout sur ceux qui les ont prises. Or, c’est le RNI qui tenait ce dossier. Et c’est le RNI qui dit non à la commission. Le rapprochement n’est pas très subtil. Quant au PAM et à l’Istiqlal, ils ont passé cinq ans à valider, accompagner et couvrir. Ils ont bloqué la commission en 2025 (solidarité de majorité ou autre chose, on ne saura jamais). Aujourd’hui ils l’acceptent sans transition, sans explication, sans cohérence. Ils se sont simplement retrouvés coincés : refuser une nouvelle fois, face à une opinion publique excédée par deux Aïds catastrophiques, c’était du suicide politique. Ils ont donc rompu. Mais le désaveu reste.
La suite vous la connaissez. Le chef de l’exécutif annonce le retour du Maroc au GMT, effectif le 20 septembre. Pile trois jours avant les élections. Le même dossier qui traînait depuis des années, les mêmes pétitions, les mêmes débats épuisants à chaque changement d’heure. Soudain, c’est urgent alors que la gouvernement martelait quelques jours auparavant que le GMT+1 était un choix assumé et une décision « stratégique ». Mais il y a eu entre-temps ce besoin d’une bonne nouvelle à porter seul. Quelque chose de populaire, de concret, que personne ne pourra lui voler. Un petit cadeau électoral bien emballé dans du « bon sens ».
Le GMT, c’est une mesure de soulagement distribuée depuis Rabat juste avant que les gens aillent voter. Et puis il y a eu Agadir, fief électoral du concerné, pour boucler une semaine laborieuse sous le soleil. Après cette belle rupture avec ses alliés, le chef du gouvernement a ouvert l’université d’été du RNI devant 3.500 jeunes. En coulisses, c’est lui qui était aux commandes de cet événement.. C’est même sa garde rapprochée qui s’est chargée des détails jusqu’au choix des médias invités à faire la couverture.
L’ex-président du RNI a parlé d’avenir, de confiance, de bilan dont il n’a « pas peur ». Il a affirmé que le Maroc va dans le bon sens partageant sa sérénité par rapport aux résultats des élections et sur le fait que le parti devrait rempiler et « mérite de diriger le prochain gouvernement ». Sauf que sa majorité vient littéralement d’exploser sur une commission d’enquête portant sur un dossier qu’il a lui-même piloté…
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