Caisse de compensation

Temps de lecture : 4 minutes


Compensation : une charge à rallonge

Temps de lecture : 4 minutes

Catégorie Économie , Gros plan

Temps de lecture : 4 minutes

Face à la flambée actuelle des prix des produits alimentaires et énergétiques, le gouvernement est obligé d’injecter plus d’argent dans la Caisse de compensation pour subventionner les prix de la farine, du sucre et du gaz. Mais au lieu de préparer un projet de loi de finances rectificative, l’exécutif a préféré adopter un décret portant ouverture de crédits supplémentaires au profit du budget de fonctionnement-charges communes.

Temps de lecture : 4 minutes

Drôle de procédé choisi par le gouvernement Akhannouch pour injecter plus d’argent dans la Caisse de compensation pour faire face à l’augmentation des charges des produits subventionnés (farine, sucre, gaz). Le Conseil de gouvernement, réuni jeudi à Rabat, a adopté le projet de décret n°2.22.410 portant ouverture de crédits supplémentaires au profit du budget de fonctionnement-charges communes. Présenté par le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, ce décret vise à accompagner la dynamique du marché mondial des produits subventionnés durant les cinq premiers mois de cette année, a indiqué le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, lors d’un point de presse à l’issue du Conseil.

 

Lire aussi : Prix des carburants : aucune mesure supplémentaire n’est envisagée par le gouvernement

16 MMDH supplémentaires

Ce décret de rallonge budgétaire a été adopté dans un contexte marqué par d’importantes pressions et transformations en raison de la relance économique post-coronavirus et des répercussions des tensions géostratégiques dans certaines régions du monde. Il a également pour objectif de poursuivre la politique du gouvernement visant à protéger le pouvoir d’achat des citoyens via le maintien du prix de vente du gaz Butane au niveau national, ainsi que de garantir la stabilité des prix du sucre, a fait savoir le ministre, notant que ces actions ont engendré une hausse des charges de compensation comparativement avec les crédits ouverts au titre de la loi des finances 2022. C’est dans ce sens que le gouvernement a décidé de recourir à l’ouverture de crédits supplémentaires de 16 milliards de DH (MMDH) pour couvrir les charges de compensation, a-t-il ajouté.

Lire aussi : Flambée des prix : les explications de Fouzi Lekjaa

 

Les arguments de Lekjaa

Lors d’une conférence de presse, Lekjaa a expliqué que la poursuite du soutien du gouvernement à la Caisse de compensation nécessite des crédits supplémentaires, dans le but d’accompagner la dynamique du marché international des produits subventionnés durant les cinq premiers mois de l’année en cours.  Avec la poursuite de la subvention par l’État des produits de base, les crédits alloués à la caisse de compensation passeront de 16 MMDH à plus de 32 MMDH dont plus de 9,8 MMDH réservés au gaz butane, 6 MMDH pour le blé importé et 200 millions de DH (MDH) pour le sucre. Sur les 16 MMDH consacrés à la caisse de compensation dans le cadre de la loi des finances, 9,7 MMDH ont été dépensés à fin mai dernier pour subventionner le gaz butane, 3,3 MMDH pour le blé importé et 400 MDH pour le sucre importé. C’est que les prévisions de la loi des finances 2022 sont aujourd’hui caduques. Elles ont été basées sur un prix du gaz butane de 450 dollars/tonne, alors que le prix du gaz butane aujourd’hui se situe à 807 dollars la tonne. Valeur aujourd’hui, la bouteille de gaz butane (12 kg) est subventionnée à hauteur de 100 DH, alors que les prévisions de la loi de finances (LF) 2022 tablaient sur une subvention de 50 DH.

Le matelas phosphatier

Comment le budget 2022 peut-il l’absorber ? Lekjaa a réponse à tout. «L’impact positif de l’évolution des ressources, notamment, les recettes des phosphates, permet à l’État d’assurer ces subventions ainsi que d’autres opérations de soutien, en particulier, la subvention dédiée aux professionnels du secteur du transport routier d’un montant de 452 MDH chaque mois pour maintenir la stabilité des prix du transport public», a fait valoir le ministre. Et de conclure que le gouvernement maintient les équilibres financiers sans avoir recours à une loi des finances rectificative, mettant en avant les efforts fournis par le gouvernement pour maintenir la stabilité des prix des produits de base et les équilibres macroéconomiques. Mais que veut-il prouver ? Que le gouvernement est capable de mobiliser les financements sans rectifier la LF. Le jeu en vaut-il la chandelle ? L’avenir nous le dira.

Lire aussi : Hausse de prix : pas de baisse prévue avant 2024

compensation, inflation

Recommandé pour vous

Gafi : sortir de la liste grise, nouvel objectif du Maroc

Temps de lecture : 4 minutes

En compagnie du Sénégal, des îles Caïmans et du Burkina Faso, le Maroc a été placé sous surveillance concernant la lutte contre le blanchiment …

Casablanca : tenue du troisième Congrès international sur l’utilisation du cannabis

Temps de lecture : 6 minutes

Un parterre de scientifiques du Maroc et d’ailleurs a participé, dimanche 26 juin, au troisième Congrès international sur l’utilisation thérape…

Monétique : reprise remarquable durant le 1er trimestre 2022

Temps de lecture : 5 minutes

C’est une tendance lourde qui se confirme de trimestre en trimestre. Les Marocains se tournent de plus en plus vers les moyens de paiement élec…

World Power-to-X Summit : hydrogène vert, un positionnement d’avenir pour le Maroc

Temps de lecture : 8 minutes

Plus de 500 experts venus des quatre coins du monde ont participé à la deuxième édition du « World Power-to-X Summit », qui s’est tenue du 22 a…

Cryptomonnaies : le Maroc veut mettre fin au vide juridique

Temps de lecture : 3 minutes

Les cryptomonnaies enregistrent une croissance effrénée. L’investissement dans ce marché plein d’avenir est pour les initiés, comme, pour les a…

Bank Al-Maghrib opte pour une politique monétaire accommodante

Temps de lecture : 4 minutes

Réunion sous pression ce mardi au siège de Bank Al-Maghrib (BAM) à Rabat. Les membres du Conseil de la Banque centrale ont tenu la deuxième ses…

Forum d’investissement Maroc-Espagne : quel enjeu pour le Maroc ?

Temps de lecture : 4 minutes

Favorisés par leur proximité géographique, la coopération économique et les échanges commerciaux entre Madrid et Rabat sont inéluctables. Le fo…

Achat en ligne : ce qu’il faut savoir sur les nouvelles réglementations douanières

Temps de lecture : 5 minutes

Au Maroc comme partout ailleurs, l’activité du e-commerce est en croissance constante.  La crise sanitaire a été d’ailleurs perçue comme un acc…

Politique monétaire : faut-il augmenter les taux directeurs ?

Temps de lecture : 4 minutes

Les marchés internationaux du crédit montrent des signes de tensions. Après la dernière crise de la dette qui a eu lieu en 2011, le spectre d’u…

Prix des carburants : le ras le bol des citoyens marocains

Temps de lecture : 5 minutes

L’onde de choc de la guerre en Ukraine a touché le monde entier. Depuis le début du conflit russo-ukrainien, les prix des carburants ont attein…

Les influenceurs sous les radars du fisc

Temps de lecture : 5 minutes

Le nombre d’influenceurs en ligne augmente au Maroc. Ils sont des « créateurs de contenu » qui usent de leur notoriété pour gagner de l’argent.…

2022 : la croissance en panne

Temps de lecture : 4 minutes

Les chiffres s’accumulent et se ressemblent. 2022 est une année à oublier pour la croissance de l’économie nationale. Annus horribilis, tel est…