Banque mondiale : le Maroc au sommet de sa croissance ?

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Banque mondiale : le Maroc au sommet de sa croissance ?Casablanca Finance City © DR

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Le Maroc enregistre son rythme de croissance économique le plus soutenu depuis plus d’une décennie. C’est le principal constat du dernier Rapport de suivi de la situation économique de la Banque mondiale, intitulé « Consolider la croissance : la transformation numérique comme moteur de productivité ».

 

Selon la Banque mondiale, le produit intérieur brut (PIB) réel du Maroc a progressé de 4,9% en 2025, soit son niveau de croissance le plus élevé depuis près de dix ans. Cette performance repose sur une accélération généralisée de l’activité économique, alimentée par le redressement de l’agriculture, la bonne tenue des secteurs du tourisme, des mines, de la construction et de l’industrie manufacturière.

Cette dynamique est également portée par un important cycle d’investissements, notamment dans les infrastructures, en lien avec les préparatifs de la Coupe du monde 2030. L’institution souligne que le Maroc affiche désormais une croissance supérieure à la moyenne des économies émergentes et des pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

L’investissement, principal moteur de l’économie

Le rapport met en évidence le rôle central de l’investissement dans cette accélération économique. En 2025, la formation brute de capital a progressé de 16,3%, stimulée par les grands projets publics et par une reprise graduelle de l’investissement privé.

Parallèlement, les dépenses publiques ont augmenté sous l’effet du renforcement de la protection sociale et de l’amélioration des services publics. En revanche, la consommation des ménages a évolué plus modérément malgré le recul de l’inflation et une amélioration progressive de la confiance des consommateurs.

Lire aussi : Le système financier marocain est-il prêt à résister aux prochaines crises ?

Autre point positif relevé par la Banque mondiale : le retour de l’inflation à un niveau particulièrement faible. Après le pic observé en 2023, la hausse des prix s’est établie à seulement 0,8% en 2025 grâce à la baisse des prix des matières premières, à l’amélioration des conditions agricoles et à une politique monétaire prudente menée par Bank Al-Maghrib.

Face à cette désinflation, la banque centrale a progressivement abaissé son taux directeur avant de suspendre son cycle d’assouplissement dans un contexte d’incertitude internationale persistante. Le dirham est resté globalement stable, soutenu par un niveau confortable de réserves de change.

Des finances publiques en amélioration

Le rapport souligne également les progrès réalisés en matière d’assainissement budgétaire. Le déficit public est revenu à 3,5% du PIB en 2025, contre plus de 7% au plus fort de la crise sanitaire.

Cette amélioration est attribuée à la hausse des recettes fiscales, favorisée notamment par les réformes de l’administration fiscale et la digitalisation des procédures. La dette de l’État s’est stabilisée autour de 67% du PIB, tandis que les conditions de financement demeurent favorables après le relèvement de la notation souveraine du Maroc au niveau « investment grade » par Standard & Poor’s.

Lire aussi : Finances publiques : BAM alerte sur la montée des dépenses « non discrétionnaires »

Pour 2026, la Banque mondiale prévoit une croissance de 4,2%. Celle-ci serait soutenue par une forte reprise de la production agricole, estimée à 14%, ainsi que par la poursuite des investissements directs étrangers et des dépenses d’infrastructure.

L’institution précise toutefois que le conflit au Moyen-Orient devrait réduire le rythme de croissance d’environ 0,8 point de pourcentage en raison de la hausse des coûts de l’énergie et du transport maritime. À moyen terme, la croissance devrait s’établir autour de 4% avant de remonter progressivement à 4,3% en 2028, portée davantage par le secteur privé, la progression des revenus des ménages et le renforcement de la consommation.

Au-delà du diagnostic macroéconomique, le rapport consacre un chapitre entier à la transformation numérique des entreprises marocaines. S’appuyant sur une enquête réalisée auprès de 1.256 entreprises couvrant plus de 300 technologies, la Banque mondiale constate que si les outils numériques de base sont largement utilisés, moins d’une entreprise sur cinq intègre de manière intensive les technologies avancées dans ses activités essentielles.

Cette « numérisation incomplète » représente un manque à gagner important. Les entreprises qui franchissent ce cap enregistrent des gains de productivité pouvant atteindre 70% ainsi qu’une progression de l’emploi de l’ordre de 10%. Selon les estimations du rapport, rapprocher le niveau de numérisation du Maroc de celui des pays comparables permettrait d’augmenter la productivité globale de 10% à 15%, contribuant ainsi à consolider durablement la croissance économique.

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