Afrique atlantique : retour sur une conférence déterminante
Photo prise lors de la conférence © DR
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Organisée par le Policy Center for the New South, la deuxième édition de la conférence-débat intitulée « L’Afrique atlantique : ambition d’intégration et processus d’opérationnalisation » a réuni à Rabat chercheurs, décideurs et experts du continent autour d’un objectif commun : penser une Afrique atlantique unie, connectée et souveraine. Structurée autour de quatre panels et d’une conversation de haut niveau, la rencontre a mis en lumière les enjeux cruciaux liés à l’intégration régionale, à la gouvernance maritime, à l’économie bleue et à la connectivité énergétique.
Le premier panel s’est penché sur la quête d’une identité fédératrice pour les États d’Afrique atlantique. Amadou Tall, expert senior en gouvernance et économie bleue, a souligné l’importance de cadres tels que l’Agenda 2063 pour transformer la façade atlantique en un hub de prospérité, tandis que Zein El Abidine Med Salem, directeur des statistiques et de l’analyse économique à la Banque centrale de Mauritanie, a insisté sur les défis logistiques persistants. Le rôle moteur du Maroc, à travers le port de Dakhla ou encore le gazoduc Nigeria-Maroc, a été salué, bien que des inquiétudes aient été exprimées quant aux menaces sécuritaires croissantes. Tous s’accordent à dire que l’appropriation populaire du projet atlantique est la clé de son succès.
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La question maritime a occupé le second panel. Le capitaine de vaisseau Mostapha Tafrhy, représentant la Marine royale marocaine, a rappelé l’importance stratégique de la connaissance du milieu marin. Les intervenants ont mis en lumière les défis écologiques et institutionnels pesant sur les ressources halieutiques ouest-africaines. La juriste Dienaba Beye a dénoncé la surexploitation et la pêche illégale, tandis que Driss Tazi, conseiller au secrétariat exécutif du COMHAFAT (Conférence ministérielle sur la coopération halieutique entre les États africains riverains de l’Atlantique), a défendu une coopération régionale renforcée. L’accès à la mer pour les États enclavés, comme l’a rappelé Benjamin Sa Traoré, professeur à la FGSES de l’Université Mohammed VI Polytechnique, doit être garanti pour une intégration véritablement inclusive.
Le troisième panel s’est attaché à démontrer que l’économie bleue est bien plus qu’une vision maritime : c’est un pilier du développement durable et de la transformation régionale. Les interventions ont plaidé pour une gouvernance intégrée, une meilleure logistique et une valorisation locale des ressources. Bolanle Olotu, analyste maritime indépendante et ancienne responsable des ports de Calabar et de Lagos Apapa, a appelé à considérer l’océan non comme une limite, mais comme un trait d’union entre les nations. Enfin, la connectivité énergétique a été au cœur du quatrième panel.
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Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc, long de près de 7.000 km, incarne cette ambition d’intégration régionale. Des responsables de MASEN, de l’ONHYM et du Nigeria Energy Forum ont partagé leurs efforts pour promouvoir les énergies renouvelables et renforcer les interconnexions. L’énergie, ont-ils martelé, est la clé de l’industrialisation et de l’inclusion numérique de l’Afrique.
Lors de la conversation qui a clôturé la conférence, la ministre ghanéenne de la Pêche, Emelia Arthur, a lancé un appel direct : « Nous avons tout au sein de l’Union africaine, mais nous ne tenons pas nos promesses. » Pour elle, il est temps de revenir à une gouvernance enracinée dans les savoirs traditionnels, combinés aux technologies modernes.
La conférence a confirmé une conviction partagée : l’Afrique atlantique est une entité stratégique en devenir. Son intégration passe par une mobilisation collective, une diplomatie active et des actions concrètes. Le Policy Center for the New South entend bien poursuivre son rôle de catalyseur dans cette dynamique.
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